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Analyse sociale et politique
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15.12.2002 - "Le bien-être, c'est d'avoir un projet" 

"C'est d'avoir des lendemains.  D'être capable de nous représenter l'avenir".  Ce n'est pas de moi, c'est de Pierre Foglia (La Presse : 19.11.2002).  À la nuitée d'une année et à l'aube d'une nouvelle année, ces  phrases représentent bien l'état d'esprit dans lequel nous devrions nous retrouver.

Individuellement, il appartient à chacun d'entre nous d'échafauder un projet : notre vision de l'avenir.  Pour certains, ce sera l'obtention d'un diplôme et l'entrée sur le marché du travail, pour d'autres, ce sera de s'unir à une autre personne et ainsi bâtir une famille.  L'éventail est infini.

Mais nous devons aussi être conscient que pour beaucoup d'autres l'avenir n'est pas aussi glorieux.  Nous sommes à l'époque de l'année où les banques alimentaires sont sollicitées a maximum : la pauvreté élargit son territoire, ce constat est universel.  Et c'est oublier les conflits qui se multiplient sur notre planète : ceux dont en entend parler et ceux qui ne font plus les manchettes, ils sont multiples.  Alors nous nous devons de donner un bonnet d'âne à nos classes dirigeantes tant au plan politique qu'au plan économique : nous avaient-elles pas promis des lendemains agréables à la suite de l'écroulement du mur de Berlin ?  Nous sommes toujours en attente : par contre, les riches sont plus riches et les pauvres encore plus pauvres et plus nombreux.  Belle réussite de notre système politico-économique.

Sur le plan collectif, les résultats sont encore moins reluisants.  L'après 11 septembre 2001 aura permis toutes les dérives inimaginables.  Le pdg des USA a édicté pour la planète entière les priorités : combattre le terrorisme, noble cause : et surtout abattre Sadam.  Toutes les énergies de toutes les puissances mondiales sont canalisée vers Baghdad.  Durant ce temps-là, notre bon ami Sharon fait durer le spectacle.

Sur le plan national, les projets collectifs se résument à la signature du Protocole de Kyoto permettant ainsi pour les dix prochaines années, aux différents lobbies pétroliers et industriels de charcuter ce même protocole.  Le passé est garant de l'avenir.  Il ne faut pas oublier le Rapport Romanow sur la santé, qui relance sous une nouvelle forme, l'empiètement du fédéral dans un champs de juridiction appartenant aux provinces.  Ici aussi, le passé est garant de l'avenir.  À la différence que la santé est un point sensible et pas mal plus émotif que "l'flag sur le hood du char" comme dirait notre premier ministre favori.  Notre bon gouvernement fédéral veut nous faire accroire qu'il va nous donner de l'argent neuf alors que nous nous sommes faits siphonner depuis des lunes.  Il nous redonne notre argent sans plus et nous devrions l'en remercier et l'applaudir.  Plus démagogique que ça, tu meurs.  De plus, nous devrons endurer pour les quatorze prochains mois les inepties de notre premier ministre et les silences de notre prochain premier ministre.  C'est une vision de l'avenir aussi stimulante qu'un bouchon de circulation sur le pont Champlain.

Plus près de nous, au Québec, une prochaine campagne électorale nous assure-t-elle une vision de l'avenir plus dynamique ?  Le ballon adéquiste se dégonfle par l'accumulation de petits scandales et par l'incapacité de son jeune premier à démontrer concrètement ce qu'il fera une fois élu.  La plate-forme libérale se modifie au gré des sondages et des vents.  La fin de règne péquiste nous laisse perplexe face aux trop nombreux renouvellements proposés : trop  c'est comme pas assez dit le dicton.

Sur le plan local, il n'y a rien à attendre.  Monsieur le maire nous l'adit dans son message.  Il est content de ce qu'il a fait durant la première année de son mandat et il entend poursuivre sur la même lancée, alors... pour l'avenir, on repassera.

Tout ça pour nous dire, que la prochaine sera aussi "pénnnibllle" que celle qui se termine et nous ne pouvons que souhaiter pour tous les Bush, Chrétien, Martin, Landry, Charest, Dumont et Racine de ce monde, que le Père Noël leur fera un cadeau inattendu... sait-on jamais.  Du moins un dictionnaire pour comprendre les mots : vision  et avenir.

Alors il nous reste plus qu'à nous relever les manches et à nous démontrer que nous savons y faire.  Les nobles causes autour de nous existent.  À travers les organisations communautaires qui nous entourent, nous pouvons participer à des actions qui soulageront la pauvreté, amélioreront l'environnement, diminueront le décrochage scolaire, réduiront la violence sous toutes ses formes.... Les petites actions ne manquent pas.  Et nous pourrons toujours espérer que tous les Bush, Chrétien, Martin, Landry, Charest, Dumont et Racine de ce monde finiront par comprendre le message.  D'ici-là, Joyeux Noël et Bonne Année à tout le monde.  (B.F. - Correctement incorrect - La Nouvelle Revue - Le 15 décembre 2002)