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Analyse sociale et politique
   Accueil            15.10.2012 - 20 ans plus tard, on a évolué

20 ans plus tard, on a évolué ?

Le 29 novembre 1992,  La Voix de l’Est (note 1) publiait un de mes commentaires dans lequel je décrivais notre pauvre environnement politique à tous les niveaux.  Force est de reconnaître que ces mêmes environnements ne se sont pas améliorés.  Nous pourrions même affirmer qu’il y a eu une plus grande détérioration.  L’actualité nous le démontre quotidiennement : cette triste réalité serait devenue la nouvelle façon de faire.   La classe politique revendique la dernière position des personnes recueillant le moins de respect de la part de la population. C’est vous dire.

Collusion, corruption, reniements, manipulation et que sais-je sont devenus les astuces du pouvoir : ce sont à ceux qui innoveraient en la matière.  Qui plus est, ces magouilles déteignent aux autres niveaux.  Que vous soyez rectrice d’une université, policière ou ingénieur tous ne semblent plus craindre les abus et les dérapages. Comme le célèbre “jingle“ d’une station radiophonique dans les années 1970 Tout l’monde le fait. Fais le donc ! : c’est contagieux. Pourquoi se gêner ?

Ce n’est qu’ajouter une couche de plus sur la désillusion, le désabusement d’une population envers ceux et celles qui sont aux rennes du pouvoir, qui ont comme mission l’administration des biens publics, qui doivent défendre et promouvoir les intérêts de notre société.  Lorsque l’exemple vient d’en haut, faut-il se surprendre des écarts de conduite des subalternes ?  Et ce n’est pas en se disant que ces manières de faire existent depuis la nuit des temps que nous pourrons corriger toutes ces dérives.

Nos sociétés, car cela semble une mode universelle, sont-elles si pourries pour qu’il nous soit impossible de remédier à toutes ces gangrènes ?  Doit-on désespérer de la race humaine qui est incapable d’apporter les correctifs ? Pourtant tout le monde connaît les sources de ces turpitudes.  Toutes les commissions d’enquête, tous les journalistes d’enquête et tous les “Monsieur Net“ dénoncent régulièrement toutes ces exactions et le commun des mortels que nous sommes  est en attente du prochain épisode.  Combien de casseroles devront retentir pour que notre classe bien pensante se résolve à mettre fin à tous ces abus ?  Doit-on tout simplement continuer à rêver ?

Comme je l’écrivais en novembre 1992, il doit sûrement exister quelqu’un en quelque part, je ne sais où, qui dans le fond de lui-même ou d’elle-même  a le goût du risque, qui a un projet  de société emballant à présenter, tout en sachant que les lendemains ne seront pas roses, cela on le sait.  Il doit sûrement exister un homme, une femme, des hommes, des femmes qui sauront créer un climat propice au développement économique et social.  Ce n’est pas que nous attendions le Sauveur, il est déjà venu selon certaines sources. Mais est-ce trop espérer  qu’un groupe nouveau  d’hommes et de femmes prenne en main les destinées de l’État. Sommes-nous condamnés à nous sous-développer ?

Si nous sommes capables d’aller sur la Lune, sur Mars.  Si nous sommes capables d’inventer à peu près n’importe quoi.  Si nous sommes capables d’investir des milliers de milliards de dollars pour permettre à un système économique de nous rendre zombies ; il doit être possible d’améliorer notre gouvernance locale, nationale, mondiale.  Je peux bien croire qu’Adam et Ève nous  ont fait perdre le paradis terrestre en croquant une pomme, mais ce n’est pas une raison de poursuivre notre auto-destruction.

Allez hop…continuons notre fuite en avant et donnons raison à  Sénèque qui affirmait il y a plusieurs lunes : “Il n’y a plus guère de remède au mal, quand les vices d’hier sont devenus les mœurs d’aujourd’hui“.  Certains appellent ça l’évolution ! ? ! ?  (B.F. – Le 15 octobre 2012/La Voix de l'Est - Le 17 octobre 2012)

Note 1 : http://www.hda-quebec.com/29-11-1992---Non-mais%2C-il-ne---.php