hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            15.08.2010 - À quoi ça sert ?

15.08.2010 - À quoi ça sert ? - Un supplice pour les automobilistes

Si vous souhaitez vous rendre à Lake Placid dans l’état de New York à partir de Granby, il vous est déconseillé de passer par le poste frontalier américain de Highgate Springs de l’autoroute 89 menant au Vermont. 

Au mieux vous passerez pour un hurluberlu ne connaissant pas sa géographie routière et vous vous ferez dire qu’une personne sensée devrait passer par le poste frontalier américain de Champlain dans l’état de New York donnant sur l’autoroute 87. 

Au pire, avec un douanier zélé, pointilleux et frisant l’arrogance, comme ce fut le cas,  vous aurez droit  à une vérification poussée de votre identité, à une fouille de l’auto et à un arrêt de près de trente minutes.  Mais en plus, si vous êtes suivis par une amie qui étrenne un véhicule utilitaire et qui vous accompagne à Lake Placid et qui passe à la même guérite, ajoutez soixante minutes à votre temps d’attente.  Laissons tomber les détails de la vérification personnelle et de l’inspection du véhicule de cette amie : un peu plus elle était soupçonnée d’être un membre d’un groupe terroriste ou de planifier  une action hautement  répréhensible. 

Donc globalement, quatre-vingt-dix minutes à poireauter parce que monsieur le douanier ne sait pas que vous pouvez aller à Lake Placid en passant par Swanton, Alburg, Rousses Point pour aller rejoindre l’autoroute 87  vous amenant vers Lake Placid.  Quatre-vingt-dix minutes en pure perte de temps pour nous et pour les autres qui devaient fulminer derrière nous.  Quatre-vingt-dix minutes à un poste frontalier entre deux pays hautement intégrés.  Fin de l’épisode de l’aller.

Lake Placid, Whiteface Mountain, Wilmington et les Adirondacks, c’est majestueux et ça mérite d’être visité.

Le retour, et c’était prévu, s’est effectué par le poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, le pendant canadien du poste frontalier américain de Champlain. Mais là, une autre surprise nous attendait : quatre-vingt-dix minutes à la queue leu leu pour franchir 1.2 Km. Mais la douanière accueillante, efficace a réglé le tout en trente secondes.  Mais tout de même quatre-vingt-dix minutes pour passer un poste frontalier entre deux pays hautement intégrés et il y avait six guérites en fonction, et c’était en milieu d’après-midi.  Imaginons les heures de pointe.   Fin de l’épisode du retour.

Donc, pour une escapade de 24 heures à Lake Placid, trois heures à niaiser aux divers postes frontaliers.  Trois heures pour traverser la frontière des deux pays les plus intégrés de la planète.  Et je présume que cette simple aventure se répète à l’année longue des deux cotés de la frontière. 

Voyageant régulièrement en Europe, vous passez d’un pays à l’autre sans vous en rendre compte et l’ensemble de ces pays vivent une intégration pas mal moins poussée que notre réalité canado-américaine.  Où est l’erreur ?

L’hystérie du terrorisme, des immigrants illégaux, une contrebande effrénée, que “Monsieur Tout l’Monde“ passe une bouteille d’alcool ou un ours empaillé sous le siège arrière font en sorte que le passage de la frontière entre les deux pays les plus intégrés du monde soit un calvaire pour les Tremblay, Gagnon, Roy, entre autres,  du Canada et les Smith, Johnson, Williams  et compagnie des États-Unis. 

À quoi sert l’intégration canado-américaine, à part de compliquer la vie de tout le monde ?  Une réponse n’est pas attendue… Mais si vous allez à Lake Placid, choisissez votre poste frontalier pour ne pas déplaire à un douanier.  (B.F. – Le 15 août 2010/La Voix de l’Est – Le 19 août 2010)