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Analyse sociale et politique
   Accueil            15.05.2012 -Les Canadiens de Montréal

Les Canadiens de Montréal

Les Québécois ont trois sujets préférés de discussion : la religion, le hockey et la politique.  Depuis toujours, les Québécois (ville et province) se “désâment“ lorsqu’ils abordent ces sujets.   Il faut reconnaître que la religion depuis plusieurs années ne fait plus recette. 

Par contre, les deux autres sujets prennent toute la place.  Le déclin du club de hockey de Montréal, dans la dernière année, a semé le désarroi dans la population. Peut-on imaginer que la légendaire “Sainte Flanelle“, le club sportif le plus titré mondialement, le  club des Maurice Richard, Jean Béliveau, Guy Lafleur et autres héros des temps modernes s’enlise dans les bas-fonds ? Inimaginable…  Le propriétaire-président a fait maison nette. Les résultats de ce grand ménage sont à venir.  Tout ce brouhaha a occupé une grande place  dans tous les médias et les chaumières de la Belle Province.

L’affreuse saison des Canadiens de Montréal et sa dernière position au classement ont provoqué une autre crise dans l’actualité québécoise. L’absence de nos “Glorieux“ dans les séries éliminatoires a fait en sorte que toute l’attention a été portée sur la contestation des étudiants.  Il est évident que notre premier ministre québécois aurait préféré que la population soupèse les éventuelles réussites des Canadiens de Montréal à la montée de la crise sociale provoquée par la cascade de manifestations portant sur les droits de scolarité.  En lieu et place de la parade de la Coupe Stanley, nous pouvons suivre les manifestations.  En y regardant de près, nous pouvons faire une analogie entre le monde du sport et notre monde de la politique. 

Il faut trouver des coupables : pour les Canadiens de Montréal, c’est le coach qui a écopé dans un premier temps et par la suite, c’est le directeur général qui s’est fait montrer la porte pour les désastres de  l’année.

En politique, l’actuelle crise  qui dépasse la stricte contestation des droits de scolarité et qui prend une ampleur de crise sociale, c’est la ministre de l’Éducation qui rend les armes et qui démissionne. Ça ressemble au congédiement du coach des Canadiens de Montréal. 

Face à la crise sociale actuelle, la ministre démissionne avouant son incapacité à résoudre ce problème.   Par contre,  nous pouvons nous demander si c’est la bonne personne qui a démissionné. Il est reconnu, en sciences politiques,  que les mandats d’un gouvernement sont donnés par le premier ministre, c’est lui qui établit la feuille de route de son gouvernement.  Rappelons que notre premier ministre est aussi ministre  de la Jeunesse. 

Tout comme Jacques Martin pour les Canadiens de Montréal, Line Beauchamp a été sacrifiée par l’inertie et l’incapacité de son supérieur immédiat. Pierre Gauthier dans le cas du coach des Canadiens de Montréal et Jean Charest dans le cas de la ministre de l’Éducation.

En poussant l’analogie, il ne reste plus à la population québécoise à faire comme le propriétaire-président de notre club de hockey.  Et en tant que propriétaire du gouvernement, d’indiquer la sortie à l’actuel premier ministre  du Québec.  Il nous reste à faire comme Geoff Molson pour son club de hockey : faire le ménage et maison nette. 

L’année 2012 aura été une année misérable sur le plan hockey et le plan politique.  Monsieur Molson nous promet de meilleures années.  Pourrions-nous souhaiter que le paysage politique québécois vive aussi une embellie, déjà que nous devons subir les périodes nuageuses en provenance de l’autre rive de la rivière des Outaouais. Souhaitons-nous un éclaircissement politique à Québec.    Nous pouvons sûrement attendre quelques années pour revoir la Coupe Stanley à Montréal, mais le Québec ne peut se permettre de s’enliser encore plus. (B. F. - Le 15 mai 2012/La Voix de l'Est - Le 25 mai 2012)