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Analyse sociale et politique
   Accueil            15.03.2014 - La formule améliorée, un Québec indépendant

La formule améliorée, un Québec indépendant

Ne sachant plus quoi promettre, le bon Dr Couillard se lance dans le recyclage.  Il ressort de son sac à malice un projet qui est sur la planche à dessins depuis belle lurette et tente d’appâter les électeurs.  Le “Plan  Nord“ de John James, est maintenant le “Plan Nord +“ de flip-flop Couillard.   Comme le savon pour la lessive ou les désodorisants: il nous a concocté sa formule améliorée.

Toujours  dans le domaine du recyclage, le même bon Dr Couillard affirme qu’il n'a rien contre le fédéralisme dans sa forme actuelle, il estime qu'il est temps d'entreprendre des démarches afin que le caractère spécifique de la nation québécoise soit reconnu dans la Constitution canadienne“.

Tout en nous reservant sa formule améliorée : son “Plan Nord +“, il ramène à l’avant scène son intention de déployer tous les moyens afin que la notion de société distincte du Québec soit reconnue. C’est la renaissance du “Capitaine Canada“. Lui qui dénonce  Madame Marois de ramener la souveraineté du Québec dans la présente campagne, le chef du Parti libéral du Québec propose de relancer  ses négociations constitutionnelles.  Tant qu’à être dans le recyclage ; lui aussi dit vouloir attendre les conditions gagnantes : il me semble avoir déjà entendu cette formule magique.

Où était-il  à l’époque des négociations sur l’accord du Lac Meech ???  Ailleurs au milieu de nulle part. C’est pourquoi il n’a pas souvenance du discours prononcé par Robert Bourassa le 22 juin 1990, suite à l’échec de ces négociations, Robert Bourassa concluait en disant:  “Le Canada anglais doit comprendre d’une façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement“.

Le “Plan Nord“, est au demeurant une bonne idée, mais peut-on nous imaginer la façon dont ce bon Dr Couillard saura mener à bien un tel projet, lui  qui a foutu le bordel dans le réseau de la Santé et des Services Sociaux du Québec en décrétant SA réforme.

Laurence J. Peter et Raymond Hull l’ont clairement démontré en 1970.  Selon leur principe, “dans une hiérarchie, toute personne a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence“ avec le corollaire “qu'avec le temps, tout poste sera occupé par une personne incapable d'en assumer la responsabilité“. L'ouvrage de Peter et Hull a été rédigé sur un ton satirique mais le principe qu'ils ont exposé a fait l'objet d'études universitaires étudiant sa validité par la modélisation ou par la confrontation à des cas réels, certaines concluant à sa validité complète ou partielle. (note 1)

Le 8 avril 2014, il ne faudrait pas que le Québec devienne un laboratoire expérimental confirmant à nouveau ce principe.  Le chef du Parti libéral du Québec a déjà fait la  démonstration de ce principe dans son rôle de ministre.  Pour faire œuvre utile, il devrait retourner à son poste de neuro-chirurgien où il excellait.  Il n’est pas donné à tout le monde d’être un Jean Lesage, Robert Bourrassa ou René Lévesque.

Maintenant ou jamais ! Maîtres chez nous disait Jean Lesage. C’était le slogan du  Parti libéral du Québec en 1962.  C’est Jean Lesage, un fédéraliste bon teint,  qui a amené les Canadiens-français du temps à être des Québécois.  Pour ce chef et premier ministre qui inscrit le Québec dans la modernité :  “Un peuple comme le nôtre, doit se servir des instruments de libération économique dont il peut disposer. D'abord, nous devons nous affirmer dans des domaines comme ceux des finances, de l'industrie et du commerce (...) Le moment est venu de nous attaquer à fond, sans délai et sans hésitation, à l'oeuvre exaltante de la libération économique du Québec (...) Pour la première fois dans son histoire, le peuple du Québec peut devenir maître chez lui! L'époque du colonialisme économique est révolue. Nous marchons vers la libération!“ Demain nous appartient, disait le slogan du Parti Québécois en 1976.

Tant qu’à recycler des formules, l’actuel chef du Parti libéral devrait s’inspirer des plus grands.  Depuis 1962 et 1976, le Québec a réalisé une partie importante de sa marche vers son affirmation.  La démarche est lente, nous pouvons en convenir, mais elle est inéluctable.  En 1966, le Rassemblement pour l’indépendance nationale recueillait 5,55% des votes.  Au référendum de 1980, c’était 40,49%, au référendum de 1995, les Québécois étaient 49,42%  en faveur pour que le Québec devienne un PAYS.  N’oublions pas que la Norvège a mis plus de 50 ans pour se séparer de la Suède et devenir un pays indépendant et l’un des plus prospères de la planète. 

N’eut été de magouilles du gouvernement fédéral à l’époque : financement illégal et manipulations de la citoyenneté de certains électeurs, nous pouvons présumer que le Québec aujourd’hui serait  un PAYS.

Si notre Canadian Prime minister prévoie reconnaître “subito presto“ le résultat du référendum sur l’indépendance de la Crimée, il faudrait que lui et son nouveau Capitaine Canada entrevoient sérieusement que d’ici peu le Québec ira rejoindre le concert des nations indépendantes.    Inéluctable, inévitable, inexorable pourrions-nous dire.

C’est écrit dans le ciel, quoiqu’en pensent et en disent nos amis fédéralistes.  La question n’est plus de savoir comment et pourquoi mais putôt de savoir QUAND. Demain, après-demain tout dépendant des conditions gagnantes.

Un Québec indépendant, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, serait:  au 17e rang pour la superficie de son territoire ; au 94e rang au chapitre de la population ; en 49e place pour le produit intérieur brut total; en 27e position pour le produit intérieur brut par habitant;  au 44e  rang comme exportateur de biens et services sur les marchés internationaux.

Ces mêmes amis du staut quo devraient  méditer les paroles de Robert Bourassa, fédéraliste lui aussi: “Le Canada anglais doit comprendre d’une façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement“. Mais il n’a pas osé aller plus loin.  Affaibli par la maladie, il mourut quelques années plus tard à l’âge de  63 ans.  (B.F. – Le 15 mars 2014)

Note 1: http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Peter