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Analyse sociale et politique
   Accueil            14.12.2012 - Nous méritons mieux...

Nous méritons mieux…

Il y a un dicton qui dit “Lorsque je me regarde, je me désole, mais lorsque je me compare, je me console“. Jamais ce dicton ne dit autant la vérité quand nous lisons l’actualité internationale.

Au Canada, nous sommes portés à nous plaindre et à caricaturer la gouvernance de notre Premier ministre.  La France présente depuis quelques semaines un vaudeville dépassant les meilleures comédies de Louis de Funès : mais les acteurs principaux de ce burlesque ne sont pas aux rennes de l’État, une chance. Mais ils l’ont déjà été. C’est sans parler des horreurs que certains pays arabes se font un plaisir à mettre en scène. 

Par contre, la palme de l’humour noir doit être décernée à nos amis Italiens qui s’apprêtent à ramener Silvio Berlusconi comme premier ministre de leur république : faut le faire. C’est à croire que sur 60 millions d’habitants, il n’y a pas une seule autre personne qui puisse occuper ce poste.  Cette légendaire république qui frise la faillite semble vouloir confier sa gouvernance à celui qui l’a amené sur le bord du précipice : faut le faire. C’est Jules qui doit être dans tous ses états.

Messieurs Harper, Copé, Fillon, tout compte fait, sont de bien pâles zigotos. Silvio Berlusconi dit : “Il Cavaliere“, “papi“, “le caïman“, “Sua Emittenza“, “Cainano“, “Al Tappone“ “tappo“,“testa d’asfalto“ (note 1) les dépasse tous .  En plus d’être loufoque dans ses actions politiciennes, ce monsieur fait face à de nombreuses poursuites en justice qui font la joie de tous les journalistes italiens.  Qui plus est, par certaines législations douteuses, il se met à l’abri pour se protéger  d’éventuelles poursuites ou condamnations.  Toutes les péripéties de ce monsieur s’inscrivent dans le prolongement de la  commedia dell'arte, genre de théâtre populaire né en 1528 : les Italiens  raffolent des pantalonnades.

Ceci étant dit, lorsque nous sommes, jour après jour, les témoins de tous ces spectacles offerts par les clowns qui nous dirigent ou qui veulent nous diriger, comment peut-on être surpris  de la désillusion grandissante de la population envers cette classe politique qui nous prend pour des abrutis. 

Périclès, le père de la démocratie, dans la Grèce antique  et les pères de la démocratie parlementaire étaient bien conscients des limites du système. C’est à se demander, aujourd’hui, si Winston Churchill avait raison lorsqu’il déclara que “la démocratie était le moins pire des systèmes“.  Les clowns de tantôt s’affairent à nous démontrer le contraire. 

Ce système est à la dérive, il nous appartient individuellement à le remettre sur les rails et d’indiquer la sortie à tous ces apprentis sorciers et charlatans qui se moquent de la bonne foi de la population.  La tâche est colossale mais par encore impossible, c’est une évidence ; nous  n’avons plus le choix.

Mobutu, Baby Doc, Kabila, entre autres, ont déjà prétendu être les pères de la démocratie dans leur pays.  Saddam Hussein, Kadhafi,  Bachard el-Assad, son père Hafez el-Assad, parmi d’autres, ont été élus avec des scores frôlant les 100% du vote populaire et pourtant très peu démocratique.  Et à ces quelques énergumènes, il ne faut pas oublier d’ajouter ceux qui sont élus soi-disant démocratiquement par 30% ou 40% d’électeurs : ce n’est pas plus représentatif du peuple, pour le peuple, par le peuple. La démocratie, c’est pas ça, mais c’est un peu ça. La démocratie, c’est un paradis et un enfer en même temps.

Comme l’a déjà décrit un jour le dissident tunisien Taoufik Ben Brik : la démocratie c’est “un sentiment, un parfum, un air de musique, un rêve, un combat, le meilleur de tous. C’est comme le goût, tu l’as ou tu ne l’as pas. On peut disserter sur la liberté, l’égalité, la fraternité, l’amitié. mais on ne peut jamais les cerner, les coincer. La Démocratie est volatile, elle ne se laisse pas prendre“. (note 2)

Tâche colossale, mais pas encore impossible, disais-je.  Ce ne sont pas les Douze travaux d’Astérix ; mais notre obligation pour survivre. Ce n’est pas vrai que tous les Berlusconi de cette terre  nous chaparderons une certaine sérénité.  Et à nos amis Italiens, ne l’exhibez pas trop si vous le ramenez. (B.F. – Le 14 décembre 2012)

Note 1 : http://www.slate.fr/story/38995/ltalie-sobriquets-surnoms-politique-Berlusconi

Note 2 : http://tempsreel.nouvelobs.com/opinions/20100726.OBS7638/tribune-la-democratie-racontee-a-mes-enfants.html

Quelques liens sur le thème de la démocratie

http://www.fnb.to/FNB/Article/Bastion_44/Democratie.htm

http://www.aquadesign.be/actu/article-7856.php

http://www.millenaire3.com/fileadmin/user_upload/syntheses/democratie_Polere.pdf