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Analyse sociale et politique
   Accueil            14.09.2013 - Panem et circenses

Panem et circenses*

La formule est toujours gagnante.   Depuis la Rome antique cette formule est exploitée pour détourner l’attention d’une population et l’amener à ne pas trop se soucier  d’enjeux importants la concernant. 

C’est reconnu les Québécois carburent à la politique et aux sports, le hockey plus particulièrement.  Plusieurs Québécois vivent au rythme de la Sainte-Flanelle (note 1): les victoires sèment l’euphorie, les défaites sont prises personnelles. Depuis vingt ans, nous devons reconnaître que les Canadiens de Montréal n’ont pas soulevé un enthousiasme délirant : les déceptions ont été plus nombreuses que les réjouissances.  Que cela ne tienne, la nouvelle saison est à nos portes et tous les espoirs sont permis : vers une 25e Coupe Stanley ?

Les membres du gouvernement Marois doivent souhaiter dans leur for intérieur un début de saison enlevant et que les victoires s’additionnent.  L’attention d’une partie de la population sera alors détournée du débat sur la laïcité et les signes religieux.  À la place des Marois, Legault, Couillard et compagnie, les médias en auront que pour les Price, Subban, Brière. 

Si Jacques Demers, à l’époque, faisait brûler des lampions et implorait la bonne Sainte-Anne pour gagner sa Coupe Stanley, Madame Marois en allant dans son comté de Charlevoix pourra faire un arrêt  à la Basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré et allumer quelques lampions, des gros de préférence.  Sait-on jamais ?

Du pain et des jeux, disions-nous, une formule gagnante.  Les nostalgiques des Expos  salivent parce qu’ils pourront revivre dans quelques mois des restants d’illusions : du baseball majeur à Montréal, de simples parties hors-concours, peut-être, mais du baseball majeur tout de même. Qui plus est, un  candidat à la mairie de Montréal souhaitent, sans le promettre, le retour d’une équipe dans la grande ligue.  À condition que soit construit un stade au centre-ville aux frais des contribuables, il va s’en dire.

Du pain et des jeux, l’exemple nous vient aussi de la ville de Québec où le flamboyant maire ne rêve qu’au jour où SES nouveaux Nordiques donneront une leçon aux Glorieux dans SON nouvel amphithéâtre construit aux frais des contribuables, c’est bien évident.  C’est la nouvelle formule des PPP : le Public Pour le Privé.

Du pain et des jeux, formule gagnante qui a résisté au temps et qui est utilisée pour divertir une population désillusionnée du monde politique et de sa corruption ambiante. Des pays, des villes se saignent à blanc pour maintenir en vie l’expression de Juvénal.  Montréal, Athènes, Barcelone, Vancouver ne sont que quelques exemples. La formule gagnante est devenue : Panem, circenses, debitum : Du Pain, des Jeux et des Dettes.

C’est que la formule coûte très cher et la facture est toujours refilée aux contribuables, qui la plupart du temps tout en grognant, l’absorbent comme des imbéciles heureux.  Ils vivent l’illusion du bonheur.

À ce chapitre et suivant une échelle utilisée par l’ONU (note 2), les Québécois se classent au 2e rang des nations les plus heureuses de la planète, juste derrière les Danois qui sont au premier rang.  Vivement le retour des Expos, des Nordiques et une 25e coupe Stanley et les Québécois seront au premier rang lors d’une prochaine évaluation.  Les Danois n’ont qu’à bien se tenir.

Comme le souligne un internaute, il est préférable d’être un imbécile heureux qu’un frustré malheureux.  “To be or not to be“, Shakespeare avait déjà posé la question au tournant du XVIIe siècle.

Par contre, la classe politique de tout pays l’a toujours bien compris. Du pain et des jeux pour entretenir des imbéciles heureux, c’est toujours une formule gagnante. (B.F. – Le 13 septembre 2013)

* Du pain et des jeux

Note 1 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Canadiens_de_Montréal

Note 2 : http://actualites.sympatico.ca/nouvelles/blogue/quebecois-imbeciles-heureux