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Analyse sociale et politique
   Accueil            14.06.2014: Intégration - adaptation: des réalités à connaître et à vivre

Intégration – adaptation : des réalités à connaître et à vivre

Le Québec, îlot francophone entouré par une mer anglophone dérange quelques fois ses voisins.  Ses différences, dans bien des dossiers, l’opposent à la pensée dominante  qui prévaut au Canada.  Le Québec est une société distincte quoiqu’en disent certains mercenaires fédéralistes.  Sans le Québec, le Canada serait un gros Texas ou de multiples petits Tennessee.

Le Québec est de souche française et de culture catholique.  C’est l’héritage de notre ancienne mère patrie. Qui plus est, héritage qui a été reconnu par la couronne britannique lors de sa conquête.  C’est écrit dans nos livres d’histoire.  Tous les gouvernements depuis Louis-Joseph Papineau et la Rébellion des Patriotes, au 19e siècle, ont tenté de protéger cet héritage.  Honoré Mercier, Maurice Duplessis, Jean Lesage, René Lévesque et même Robert Bourassa ont réussi tant bien que mal de sauvegarder l’identité québécoise.  Pour paraphraser Robert Bourassa, rappelons-nous ses paroles prononcées en  juin  1990 (note 1) : Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. C’est à espérer que les Québécois se réveillent très bientôt.

Sa culture se distingue de la culture dominante du Canada anglais.  La culture québécoise a ses manières d’être, de penser, d’agir et de communiquer. Le Québec a des valeurs qui sont différentes des valeurs canadiennes.  En ajoutant la langue française, c’est le “branding“ du Québec, comme pourrait le dire nos cousins Français.  S’en plaindre et s’en offusquer, c’est faire preuve d’une connaissance historique limitée ou d’une mauvaise foi.  Ou des deux à la fois.

Depuis longtemps, le Québec est le théâtre d’interminables débats sur l’intégration des nouveaux arrivants.  Les accommodements raisonnables ou déraisonnables n’ont plus de secrets pour les Québécois. Rappelons-nous et rappelons-leur que l’intégration est le processus qui permet de devenir membre d’un groupe par l’adoption de ses valeurs et de ses manières de faire et d’être.  C’est une volonté et une démarche individuelles de s’insérer et de s’adapter à une nouvelle réalité choisie librement. Le dicton ne dit-il pas : “Quand on est à Rome, il faut faire comme les Romains“.

Le Québec et les Québécois, si tolérant, soient-il doivent mettre fin aux interminables débats qui mettent en cause la langue de ses fondateurs et la culture  de ses ancêtres.  Le multiculturalisme à la Trudeau et le “melting pot“ à l’américaine n’assureront jamais la survie d’un Québec francophone en terre d’Amérique.

L’addition de nouvelles cultures peut modifier la pensée et les comportements.  Tout comme les traditions québécoises séculaires modifieront le vécu des nouveaux arrivants. Faire autrement, c’est renier notre Histoire et ce que nous sommes devenus.  En choisissant de vivre ailleurs, la bienséance élémentaire demande de s’adapter à son nouvel environnement. 

Le Canada est monarchique, unilingue anglophone et de culture chrétienne.  Le Québec est francophone et de culture catholique.  Que l’on soit d’accord ou pas, ce sont les réalités canadienne et québécoise.  Le maire de Saguenay peut continuer à dire sa prière.  Le gouvernement de Madame Marois doit défendre l’usage du Français et Monsieur Harper peut continuer à croire que le Canada est un pays bilingue A mare usque ad mare. 

N’oublions pas que Hugh MacLennan, écrivain né à Glace Bay en Nouvelle-Écosse et ayant vécu à Montréal, a écrit en 1945 “Two solitudes“, roman qui décrivait les tensions entre les anglophones et les francophones.

Ce n’est pas le grand amour, mais depuis plus de 250 ans les “English Canadian“ et les Québécois s’endurent et se tolèrent.  En n’oubliant pas que ni un ni l’autre sont les peuples fondateurs de ce grand pays.  Les Premières Nations ont habité et développé ces terres bien avant nous.  Et ce n’est pas Jacques Cartier qui serait le premier européen à fouler cette terre. Semble-t-il que les Vikings pêchaient bien avant lui sur la Côte Atlantique. 

Selon René Goscinny et Albert Uderzo,  même Astérix et Obélix  y auraient pêché du poisson frais pour Panoramix, c'était un ingrédient indispensable pour sa potion magique. C’est vous dire que le Québec, village d’irréductibles gaulois en terre d’Amérique ne date pas d’hier.   Sachons respecter tous nos ancêtres et bienvenue au Québec.  (B.F. – Le 14 juin 2013)

Note 1 : http://www.claude.dupras.com/new_page_195.htm