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Analyse sociale et politique
   Accueil            14.06.2010 - Des premiers ministres de pacotille

14.06.2010 - Des premiers ministres de pacotille

Pour ceux et celles qui ont un certain âge, ces personnes ont pu connaître une brochette de premiers ministres qui  projetaient une vision dynamique de l’avenir.  Que nous ayons été d’accord ou pas avec eux,  les Pearson et Trudeau à Ottawa; les Lesage, Johnson père, Lévesque et même Bourassa à Québec ont démontré un sens de l’État qui est disparu des radars politiques d’aujourd’hui. 

Lors de son récent passage à l’émission Tout le monde en parle, le journaliste Michel C. Auger qui a débuté dans ce métier  à l’époque  des Trudeau, Lévesque et Drapeau affirmait qu’il y avait sûrement eu un relâchement dans les contrôles de la qualité pour que nous en soyons arrivés aujourd’hui avec des Harper, Charest et Tremblay.  Cette analyse tout à fait réaliste lui a valu un blâme de l’ombudsman de Radio-Canada, Madame Julie Miville-Deschênes.  Elle trouve ces propos irrespectueux.  Pourtant, pourtant cette constatation décrit très bien nos environnements socio-politiques.  Rappelons que Monsieur Michel C. Auger est le principal analyste politique de la société radio-canadienne.  Dans ce sens, il a très bien fait son analyse et son affirmation reflète  ce que le commun des mortels que nous sommes fait des mêmes environnements.

Les derniers mois, les dernières années nous ont permis de constater le vide quasi absolu qui règne à tous les niveaux politiques canadiens et québécois : rappeler tous les événements n’est pas vraiment nécessaire.

Nous avons à Ottawa un premier ministre qui est la réincarnation de George W.  À Québec, nous avons un premier ministre qui navigue à vue et qui s’embourbe dans une pléthore de scandales. À Montréal, les pauvres montréalais sont dirigés par un maire qui ne voit rien et qui n’entend rien.  Et après cela, tout ce beau monde se demande le pourquoi et le comment du désillusionnement de la population face à la classe politique.

Est-il nécessaire de se rappeler que la politique est l’art et la manière de gouverner, c’est la mise en œuvre d’actions devant amener  l’amélioration du mieux-être d’une population.  Qu’il y ait à l’occasion des ratés, de mauvais choix ou des erreurs de planification, la population pourra comprendre et s’en accommoder en autant que les explications soient crédibles.  Mais que l’addition de ratés, d’erreurs et de mauvais choix prennent  la forme d’une habile entreprise de maquignonnage, il est assuré que la population se sentira agressée par ceux-là même qui devaient l’emmener vers le mieux-être.  C’est vrai en politique comme dans la vie de tous les jours. Il y a un proverbe qui dit “Tu peux tromper ton père tout le temps, tu peux tromper du monde longtemps, mais tu ne peux tromper tout le monde tout le temps“.  Le spectacle  dure un temps seulement et au Québec, à tout le moins, nous en sommes rendus-là.  Il est temps de réécrire un nouveau scénario avec un nouveau metteur en scène. 

Tous les chroniqueurs qui suivent la “chose“ politique et qui ont encore une certaine dose de crédibilité  s’entendent sur l’état de détérioration de notre merveilleux monde politique.  Nous avons devant nous des premiers ministres de pacotille, de qualité inférieure et même s’ils prétendent avoir les deux mains sur le volant, ils n’ont pas de GPS et surtout pas de GBS.  Celui d’Ottawa s’engage dans toutes les avenues de la droite religieuse réactionnaire et celui de Québec s’est engagé dans un carrefour giratoire sans issu, il “tourniquete“.

La nature ayant horreur du vide, nous ne pouvons que souhaiter qu’une nouvelle génération réussira à combler ce vide qui se creuse dangereusement.  Rappelons-nous seulement ce qu’a déjà écrit l’écrivain anglais James Freeman Clarke “Un politicien pense à la prochaine élection, l’homme d’État pense à la prochaine génération“.

Et au niveau de la population, il faudrait peut-être porter une plus grande attention au contenu et ne pas se fier seulement au contenant.  Un bel emballage n’est pas la garantie d’un produit de qualité: c’est vrai dans la vie de tous les jours et aussi en politique.  Le message et le messager sont deux choses très différentes.  Les preuves sont faites.  (B.F. – Le 14 juin 2010/La Voix de l’Est – Le 19 juillet 2010)