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Analyse sociale et politique
   Accueil            14.05.2011 - La gauche pour les nuls

14.05.2011 - La gauche pour les nuls

À la demande générale ou plus simplement à la demande de ma belle-sœur qui s’intéresse à tout ce qui bouge autour d’elle, je tenterai bien humblement d’expliquer ce qu’est la gauche.  Ce sujet est d’actualité depuis que le NPD a fait des vagues au Québec et que les Québécois sont  fiers d’avoir faits un pied de nez ou un doigt d’honneur aux “canadians“. 

Y a-t-il réellement une gauche au Québec ?  Le mieux que nous puissions dire, c’est qu’il y a des groupuscules de gauche au Québec et au Canada, mais aucun parti politique identifié à gauche. 

Au Québec nous pouvons affirmer que depuis 1960, nous avons été gouverné par des partis politiques qui s’identifiaient de centre-gauche ou social-démocrate.  Cela a  été vrai pour le Parti Libéral de Jean Lesage, le Parti Libéral de Robert Bourassa, le Parti Québécois de René Lévesque et de ses successeurs. Pour ce qui est du Parti Libéral actuel, celui de John-James Charest, nous pourrions dire  que le chef est carrément à droite et, avec moults réserves, que le parti est à droite  du centre.  Ça ne ressemble en rien au Parti Libéral de Jean Lesage ou de Robert Bourassa. L’ADQ se veut un parti populiste de droite.  C’est peut-être Québec solidaire qui serait le plus à gauche, mais pour certains, ça ressemble plus à une gauche caviar ou à ce que les Français appellent la gauche bo-bo : bourgeois-bohème.  Au Québec, on la retrouve principalement sur le Plateau Mont-Royal ou à Sainte-Foy.

Au Canada, le Parti Conservateur est à droite de la droite, le Parti Libéral se voudrait au centre-gauche, mais il est ailleurs au milieu de nulle part, le Nouveau Parti démocratique serait de centre-gauche tout au plus.  Le Bloc Québécois s’inscrit dans la mouvance québécoise social-démocrate.

L’idéologie défendue par les tenants de la gauche s’articule autour de  la justice sociale, l’égalité, la solidarité, l’humanisme, la laïcité, la redistribution plus égalitaire des richesses, le développement d’un État interventionniste ou d’un État providence qui conduit au développement de programmes sociaux, au maintien des services publics et la mise sur pied d’entreprises publiques.  Ils valorisent l’instruction gratuite et publique, l’encadrement des entreprises privées.  Ils portent une plus grande attention à la défense des droits collectifs  plutôt qu’aux droits individuels. 

En tenant compte de ces quelques éléments, pouvons-nous affirmer que le Québécois moyen, les “Monsieur et Madame Tout l’monde“,  soit de gauche ?  C’est ici que ça se complique.  Oui, il a voté pour le NPD, mais il n’y a pas si longtemps, il voyait l’ADQ dans sa soupe.  Il ressemble au “Frosted Flakes“ de Kellogg’s : progressiste et conservateur, fédéraliste et souverainiste : individualiste et socialiste, pour plus d’État et contre l’État interventionniste, il veut plus de services et payer moins de taxes.  Le Québécois moyen est contradictoire.  Il a fait une Révolution tranquille et s’il devait en faire une autre, ça serait entre la première et la deuxième période de hockey d’un prochain match du Canadien de Montréal, à la condition qu’il ne soit pas en avance dans la partie.

En politique, le Québécois ressemble à un caméléon.  Il  change de couleur au gré des modes et des sondages.  Et il a une tendance à mélanger gauche avec socialiste, communiste, Russie, Cuba, anti-capitaliste,  cette confusion étant entretenue par les médias, des notables et une certaine élite de droite qui aiment bien jouer au “Bonhomme Sept-Heures“ et ainsi s’assurer d’une docilité résistant à tous changements et remises en question d’un système qui les sert très bien. 

Le Québécois n’est pas de gauche, même orangée, ce n’est qu’une forte fièvre passagère. (B.F. – Le 14 mai 2011/La Voix de l’Est – Le 30 mai 2011)