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Analyse sociale et politique
   Accueil            13.10.2012 - Justin et Maxime

Justin et Maxime

Il n’en est pas à ses premières élucubrations. Maxime Bernier, le député conservateur de Beauce, est aussi le ministre d’État à la Petite entreprise et Tourisme.  Alors  qu’il était ministre des Affaires Étrangères nous lui devons l’opération “Jos Louis“ auprès des soldats de l’armée canadienne en Afghanistan. Il oublia aussi des documents secrets chez son amie de cœur. Il est aussi celui qui ne croit pas au réchauffement climatique. Il semble se voir comme le prochain chef du parti conservateur du Canada.  Il est présentement  l’un des cinq perroquets québécois du notre premier ministre canadien.  Il fait la joie des caricaturistes.  Et bien, ce même Monsieur Bernier accuse Justin Trudeau d’utiliser des slogans creux pour séduire de potentiels électeurs. 

Très loin d’être un supporteur de Justin Trudeau, je peux admettre qu’il représente une bouffée d’air frais dans un environnement politique qui a un urgent besoin de renouveau.  Peut-il faire mieux ou pire que son illustre paternel ?  Une chose est assurée, il ne peut faire pire que l’actuel locataire du 24 Sussex Drive à Ottawa. Vous savez, celui qui met régulièrement le Parlement en lock-out.

Avant qu’il ne devienne le prochain premier ministre, le jeune fils a un long chemin à parcourir.  Advenant son couronnement, il a surtout un travail colossal de reconstruction. Depuis l’enquête Gomery, le Parti Libéral du Canada se compose au passé, il va de désillusion en désillusion et d’un naufrage à l’autre. Il n’inspire plus que quelques fédéralistes nostalgiques.

Oublions l’Alberta, son père y est considéré comme un pestiféré.  Peut-il s’y faire un prénom ?  Ailleurs à l’ouest de la rivière des Outaouais, il a sûrement un avenir, dans le Maritimes, aussi. 

Reste le Québec, sa province d’origine, là où la décomposition de son parti est le plus avancée. Par contre, les Québécois sont inspirés par les images : le messager semble plus important que le message. Ils ont délaissé le bleu bloquiste pour l’orange Halloween suite au passage du bon Jack  à Tout le monde en parle. Les députés orangés québécois ont pris le moyen de ne pas se faire oublier en mettant Thomas Mulcair à leur tête. 

En plus de cette décomposition et de la présence du chef du NPD, il ne faut pas sous-estimer l’héritage du paternel.  Pour beaucoup de Québécois, PET fut un homme d’État d’envergure qui rayonna sur le plan international, mais il n’est pas considéré comme un grand premier ministre.  Son NON qui voulait dire OUI.  Sa nuit des longs couteaux, son réquisitoire contre l’Accord du Lac Meech, sa sortie envers l’ancien premier ministre Bourassa le traitant de “mangeur de hot-dog“ et sa promesse solennelle d’un Canada bilingue “A mare usque ad mare“ ne sont pas effacés de la mémoire collective des Québécois.  Si nous ajoutons les résidus du scandale des commandites, le fils devra se concocter une potion que même le druide Panoramix n’a pas inventée. 

Pour mes amis fédéralistes, Justin Trudeau représente un espoir pour un Canada meilleur.  Affirmer comme le font certains éditorialistes qu’il est le sauveur du Canada, c’est écrire une légende.  Laissons le temps au temps, ne construisons pas un mythe.  Le père a été élu difficilement au 4e tour en 1967 ; le fils risque d’être couronné en 2013 comme chef du PLC. 

C’est 46 ans dans l’Histoire de l’humanité. C’est 46 ans dans l’Histoire du Canada.  C’est 46 ans dans l’Histoire du Québec.  Justin Trudeau affirmait dernièrement qu’il ne reconnaissait plus son Canada.  À lui de remettre les pendules à l’heure.

Pour ce qui est de Monsieur Maxime Bernier, il peut poursuivre son règne sur sa Beauce natale jusqu’à sa prochaine élucubration. Ça ne devrait pas tarder. (B.F. – Le 13 octobre 2012/La Voix de l'Est - Le 15 octobre 2012 sous le titre: Justin ne pourra faire pire que Harper)