hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            13.09.2012 - 1995 et 2012

1995 et 2012

Deux années où les citoyens du Québec ont été appelés à exercer un droit de vote.  Deux dates qui marquent le développement du Québec. Deux appels aux urnes qui se sont soldés par des résultats serrés.  Nous pouvons affirmer que ce sont de courtes victoires.

Sans se lancer dans une surabondance de chiffres, retenons que le NON a gagné par 54,288 votes en 1995 avec un taux de participation de 93% et que le Parti Québécois a récolté 32,800 votes de plus que le Parti libéral du Québec, le 4 septembre dernier avec un taux de participation de 74%.  Ajoutons aux chiffres fournis par le Directeur général des élections du Québec qu’il y a eu 86,501 bulletins de vote  rejetés en 1995 et 53,704 bulletins de vote  rejetés le 4 septembre 2012 : des votes blancs ou… ?

Que certains ténors se gargarisent en affirmant que le gouvernement de Madame Marois ne peut pas et ne doit pas nous lancer dans une éventuelle campagne référendaire, je veux bien.  Mais qu’ils nous répètent ad nauseam que les Québécois ont clairement choisi le fédéralisme et le Canada en octobre 1995, c’est trafiquer la réalité et la signification des résultats.  Je ne reviendrai pas sur la tourmente qui s’est dégagée de possibles magouilles entourant le vote du 30 octobre 1995.

N’en déplaise à tous ces ténors, la question nationale est toujours d’actualité et n’est pas résolue.  Tout au plus, pouvons-nous conclure qu’il y a un intermède, un temps d’arrêt ; cette question réapparaîtra plus rapidement qu’ils ne l’appréhendent.  5,55 % en 1966 ; 40,44% en 1980 et 49,42% en 1995 c’est la marche du Québec vers sa souveraineté. 

C’est une évidence que les Québécois sont déchirés, divisés ; les résultats des élections de 2011 et de 2012 en sont les preuves éloquentes.  De son attachement au Bloc Québécois à la vague orange, les Québécois  ne se  reconnaissent plus dans un Canada qui les ignore et qui rejette systématiquement toutes les résolutions unanimes de l’Assemblée Nationale du Québec.

C’est aussi une évidence que les Québécois veulent du changement, lesquels, c’est moins évident.  Les résultats du 4 septembre démontrent toute l’ambivalence des citoyens.  Sans être un chaud partisan de Monsieur Lucien Bouchard, nous pouvons, comme lui, espérer une nouvelle génération de politiciens qui fera grandir le Québec et l’amener à réaliser ses plus grandes aspirations tout en ayant une vision pragmatique du chemin à parcourir.  C’est une démarche en devenir. Faut-il se rappeler qu’en 1966, un peu plus de 5% de la population s’est identifiée au Rassemblement pour l’indépendance nationale de Pierre Bourgault. 

À titre de cheminement, ayons en tête l’exemple de la Norvège qui a mis près de 60 ans pour devenir un pays indépendant et quitter la domination suédoise au début du 20e siècle devenant un des pays les mieux développés de la terre et parmi les plus enviés.  La Norvège compte aujourd’hui plus ou moins  cinq millions d’habitants. 

Plus récemment, l’ancienne Tchécoslovaquie s’est scindée en deux, sans grands heurts et sans grand tapage. Aux dernières nouvelles, ni la République tchèque avec ses 10 millions d’habitants, ni la Slovaquie, avec moins de 5 millions d’habitants,  regrettait la décision prise en 1992.

Évidemment des Bonhommes 7 heures, nous présenterons les exemples de pays sous-développés, c’est leur plan de match s’appuyant sur la peur, le chantage, leur grandeur d’âme.  Ils sont les nouveaux missionnaires qui veulent nous éviter de pénibles lendemains de veille.

Je ne sais trop quel philosophe disait que ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’il ne faut pas oser, c’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles. (B.F. – Le 13 septembre 2012  -  La Voix de l'Est - Le 21 septembre 2012)