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Analyse sociale et politique
   Accueil            13.08.2012 - Aristote, Confucius et les autres

Aristote, Confucius et les autres

À ces deux maîtres de la pensée, nous pourrions ajouter le Christ, Machiavel, et une multitude d’autres grands esprits.  Mais…

Mais tous ces grands esprits ont-ils dit ou écrit ce que nous avons retracé de leurs réflexions passées ?  Les anthropologues et les archéologues ont-ils découvert les réelles richesses que nous leur attribuons aujourd’hui ?  La tradition orale a-t-elle  déformées leurs pensées pour leur faire dire ce qui est plaisant pour nous d’entendre aujourd’hui  pour  appuyer nos actions et nos croyances ?  Nous devons faire confiance à la science.

Nous parlons depuis le déclenchement de notre élection estivale : de démocratie, de système démocratique, d’éthique, de moralité politique.  Pour une grande partie de la population, la démocratie est le système idéal qui s’appuie sur la liberté et sur le pouvoir d’une population à contrôler son développement.  La démocratie, c’est la recherche du bien et de la justice. La démocratie tente de résoudre les conflits et les tensions sociales, d’écarter l’usage de la violence,  de la séduction,  de la tromperie.  La démocratie, c’est l’acceptation de la manifestation et du désaccord. Elle les laisse s’exprimer pour tenter ensuite de trouver des accords satisfaisants. 

Dans la Grèce Antique, on parlait de la souveraineté de l’ensemble des citoyens, de la liberté individuelle et de l’égalité des citoyens, mais seulement 10% de la population était considérée comme des citoyens. Les femmes, les enfants, les étrangers et les esclaves étaient exclus d’office.  Dans la Chine de Confucius, on souhaitait l’harmonie des relations humaines, l’éthique sociale fondée sur la famille où le concept du devoir était essentiel.  On ne soufflait pas un mot de la notion de droit.  Pour Machiavel, un système politique devait instaurer de bonnes lois pour le bien du peuple et dans l’intérêt commun.  La notion de liberté était centrale, en autant que cette liberté ne dérange pas le Prince, le pouvoir en place.  Ajoutons que certains penseurs affirmaient que le pouvoir du peuple n’était pas toujours  bon. Une collectivité n’est pas infaillible, elle peut commettre des erreurs, des injustices et même des crimes tout autant qu’un seul individu  ou une minorité.

Cette synthèse définit rapidement, et sans aucune prétention, les fondements de notre démocratie.  À toutes ces belles notions qui auraient été définies par nos lointains ancêtres,  nous devons ajouter le pouvoir de l’argent, l’influence des médias, l’omniprésence du marketing, l’apparition d’Internet qui dénaturent l’essence même du système démocratique.  Nos cousins français ont fait une Révolution pour se débarrasser d’une monarchie.  Nous voyons des dictatures fleurir à gauche et à droite se maintenant au pouvoir à l’aide des armes. 

Dans nos sociétés dites démocratiques, l’armée a été remplacée par le pouvoir financier qui contrôle plutôt bien le système : ce pouvoir financier réussit bien ses affaires lorsque l’État fait mal les siennes disait Talleyrand à une autre époque.

La présente campagne estivale nous  démontre une fois de plus le “trafficotage“ démocratique remplit de lendemains qui chantent : des promesses de mieux-être sont lancées pour nous impressionner. Les personnes sensées sont pleins de doutes, mais ça n’empêche pas nos “politicailleurs“ de vouloir acheter quelques votes quitte à se dédire le surlendemain :  100$ par enfant, ça ressemble au frigo et au bout d’asphalte  de Duplessis. Mais que cela ne tienne, ça frappe l’imaginaire d’une population crédule.

La démocratie est le moins pire des systèmes disait Churchill à une autre époque : nos politiciens professionnels appuyés par les pouvoirs de l’argent nous le démontrent régulièrement. 

Que cela ne tienne, le 4 septembre, nous sommes confrontés à élire les moins pires. Plus ça change, plus c’est pareil. (B.F. – Le 13 août 2012/La Voix de l'Est - Le 22 août 2012))