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Analyse sociale et politique
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13.05.2010 - Vivement le mois de février

Pourquoi avoir hâte au mois de février, vous demandez-vous ?  Étant le mois le plus court de l’année, c’est durant ce mois qu’il se dit le moins de conneries en politique.

Depuis trop longtemps, au Québec pour nous en limiter à notre jardin, nous sommes assaillis par des allégations, des scandales en puissance, du tripatouillage ou par des entorses à une saine gouvernance. Trop de pans de murs de la gouvernance de notre société semblent se fissurer en même temps.  En lisant notre journal, en écoutant la radio ou en regardant les nouvelles télévisées, rien ne peut plus nous surprendre.  C’est à savoir quel politicien, quel dirigeant d’une organisation quelconque ou quel représentant d’une entreprise connue sera à son tour épinglé par une nouvelle révélation plus ou moins douteuse. Nous sommes désabusés, désillusionnés, désenchantés, déçus, blasés par le merveilleux monde “socio-économico-politico-financier“ au sens large.  Une chance que le Canadien de Montréal nous fournit l’occasion de nous réjouir.  Imaginez le printemps que nous aurions à vivre sans eux.

À l’exception de l’embellie imposée par le passage de René Lévesque en politique, le Québec a connu plus souvent qu’autrement ses périodes noires : que l’on pense à la période  Duplessis, à la période Taschereau.  Nous pouvons affirmer que sur les cent dernières années, le Québec a subi plus de cinquante années troubles où un certain magouillage était la norme : ça c’est peut-être inscrit dans notre code génétique.  Nous n’avons rien inventé, nous ne faisons que reproduire l’histoire, mais ce n’est pas une raison de se consoler. 

Faut-il confondre politique avec politicien ou “politicailleur“ ?  Faut-il confondre l’Homme à l’Hommerie ?  S’enliser dans cette déception imposée par certains de nos acteurs sociaux actuels ne permettra qu’à ces abuseurs de s’incruster et de ravager encore plus  notre paysage socio-politique. 

La politique concerne toutes les structures d’une société.  Elle porte sur les façons de faire, le développement et l’équilibre à établir pour satisfaire les besoins de la population de cette société.  Pour ce faire, le citoyen confie ses responsabilités  à des personnalités qui s’engagent à promouvoir une saine gestion.  Force est de reconnaître que le citoyen que nous sommes,  s’est “moppé“ dans ses dernières délégations de pouvoir. Il y a des acteurs actuels qui ne semblent pas comprendre le mandat qui leur est confié,  et qui s’acharnent à détruire la crédibilité de l’action politique augmentant simultanément la désaffection des citoyens envers la gouvernance de notre société : c’est le phénomène de la saucisse.

Nous avons fait de mauvais choix, nous nous sommes laissé séduire et convaincre par des promesses aux lendemains déchantant.   Il nous appartient individuellement et collectivement de revoir nos choix, nos priorités, nos attentes et d’identifier des personnes qui sauront s’inscrire dans une vision dynamique de l’avenir en respectant l’efficacité, l’équité, la transparence et l’intégrité tout en favorisant le développement des individus et de la collectivité.

L’objectif ultime, n’en déplaise à certains, ce n’est pas d’être les plus riches, d’avoir avoir la plus grosse bagnole, d’habiter la plus grande maison, mais de vivre en harmonie avec son environnement, son “soi-même“  et dans la durée; tout en étant conscient que des choix difficiles seront à faire en cours de route.  En soi, il s’agit de mettre fin au règne des bonimenteurs.  Le cynisme n’est pas une réponse; c’est d’être lucide et solidaire en même temps. (B.F. – Le 13 mai 2010/La Voix de l’Est – Le 14 mai 2010)