hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            13.04.2010 - Les suites du bla-bla-bla de Monsieur Harper

13.04.201 - Les suites du bla-bla-bla de Monsieur Harper

Vous vous souvenez, il n’y a pas si longtemps, c’était au mois de janvier 2010.  C’était suite au tremblement de terre en Haïti, il y a peine trois mois.  Le gouvernement du Canada était montré du doigt par sa population pour son inertie à accueillir des réfugiés haïtiens et à favoriser les réunifications familiales.  Le Québec montrait une volonté ferme d’ouvrir ses portes et de faciliter cet accueil.  Le bla-bla-bla de messieurs Harper, Cannon et Kenney se cantonnait à promettre un traitement prioritaire et accéléré mais tout en conservant dans les faits les exigences d’une demande normale d’immigration en provenance d’Haïti.  Ce qui avait fait écrire à Rima Elkouri dans le quotidien La Presse du 20 janvier 2010 un article dénonçant cet immobilisme sous le titre “Bienvenue chez nous, mais restez chez vous“.  Les pressions populaires et les demandes répétées du Québec  avaient par la suite infléchi quelque peu les positions du gouvernement canadien.  

Encore là, nous avons eu droit au bla-bla-bla de messieurs Harper, Cannon et Kenney  Notre bienveillant gouvernement canadien consentait alors à mettre sur pied un programme spécial de réunification des familles.   Victoire morale, tout au plus, pouvons-nous affirmer aujourd’hui.  Dans la réalité de tous les jours, rien n’a bougé.  Vincent Marissal, chroniqueur à La Presse et envoyé spécial à Port-au-Prince écrivait dans son journal du 12 avril 2010 : “Près de deux mois après l’annonce du programme spécial de réunification des familles, aucun réfugié haïtien n’est arrivé au Québec“.    N’oublions pas que le bla-bla-bla de ces messieurs d’Ottawa avait promis un processus accéléré.  Ce qui fait constater au chroniqueur qu’aucune demande d’après le 12 janvier 2010 n’a été réglée et aucun réfugié haïtien foulera le sol québécois avant des lunes.   Bravo et félicitations pour le processus accéléré à la mode outaouaise, difficile de faire pire.

La générosité de la population canadienne et québécoise a dépassé toutes les attentes.  Le gouvernement du Québec s’est engagé ouvertement dans l’accueil de réfugiés haïtiens.  De nombreuses entreprises, organisations et associations ont mis l’épaule à la roue pour soulager  les effets du tremblement de terre.  Jamais une situation catastrophique n’aura suscité un engagement humanitaire  aussi grand au Québec.  Peut-on en dire autant de notre gouvernement “canadian“ ?  Il a envoyé l’armée  et il a donné de l’argent : il a doublé plus ou moins ce que la population a donné et il promet d’aider à la reconstruction.  Mais sur le fond humanitaire c’est “business as usual“ :  contrôle de sécurité, examens médicaux obligatoires, papiers et visa en règle et peut-être, dans sept ou huit mois, quelques haïtiens auront le privilège d’être accueilli à l’aéroport par notre premier ministre canadien; de belles photos pour les journaux et un beau reportage aux nouvelles télévisées.

Changer la façon de faire impliquerait une transformation au niveau des valeurs et de la mentalité et ça dépasse les capacités de l’actuel gouvernement de notre beau grand pays.  On accueille une conférence internationale, on participe au comité de reconstruction, ça paraît bien pour la galerie,  et on donne de l’argent, mais comme le soulignait Rima Elkouri “Bienvenue chez nous, mais restez chez vous“.  Beaucoup de bla-bla-bla de Monsieur Harper  et compagnie pour en arriver là. 

La saison des pluies étant annoncée en Haïti, il faudrait peut-être penser à expédier des parapluies pour adoucir les journées pluvieuses et pourquoi pas un “Jos Louis“ avec ça.  Allez Monsieur Harper, un petit effort.  (B.F. – Le 13 avril 2010/La Voix de l’Est – Le 17 avril 2010)