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Analyse sociale et politique
   Accueil            13.03.2014 - Un électron libre

Un électron libre

On en retrouve malheureusement dans tous les partis politiques.  La présente campagne électorale au Québec nous permet d’en redécouvrir un.  Il s’était déjà fait connaître en s’amusant à lancer des souliers sur la photo de Georges W.  Cela avait fait sourire  la galerie.

Le député de Québec Solidaire dans Mercier, Amir Khadir, en faisant un lien entre la candidature de Pierre Karl Péladeau au Parti Québécois et l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeini en Iran, rien de moins,  se donne encore une fois en spectacle.  En faisant  cette déclaration gratuite et hautement farfelue, il annule la portée de toutes les déclarations qu’il a pu faire auparavant sur des sujets plus sérieux.  Sa crédibilité peut être remise en question.  Qui est le vrai Amir Kadir ? Celui qui défend les démunis ou celui qui fait un show de boucane ?  Allez savoir.

Comme le soulignaient Marie Grégoire (CAQ), Jean-Pierre Charbonneau (PQ) et Cristos Sirros (PLQ) à l’émission “Le club des ex“ du 12 mars 2014 ; comparer l’Iran de Khomeini au Québec est faire preuve d’un manque flagrant de génie et de jugement. C’est une preuve de plus : lorsque le Grand Manitou, le Seigneur ou Allah, à la Création, ont distribué le jugement, il y a des personnes qui ont fait l’école buissonnière ; le député de Mercier doit avoir loupé la distribution.

Sur le plan purement politique, il est clair que l’arrivée de Pierre Karl Péladeau au Parti Québécois change la dynamique de la campagne.  Un milliardaire qui endosse ouvertement le Parti Québécois laisse sous-entendre que l’option souverainiste n’effraie pas obligatoirement le monde des affaires.  Qui plus est, PKP ne s’est pas caché pour dire qu’il voulait faire du Québec, un pays.  Cette déclaration a été le signal du départ pour toutes les attaques de la part de tous les partis.  Il ne faut pas se surprendre de voir tous les épouvantails se dresser devant PKP et le PQ.  Ce candidat prestigieux ébranle les colonnes du temple fédéraliste : la crainte étant qu’il y en aie d’autres qui rallient la cause souverainiste.  S’il fallait….

Que les dérapages proviennent des tenants du fédéralisme auraient été dans la normalité des choses.  Par contre,  cette attaque origine d’un député qui milite dans un parti ouvertement souverainiste, ça laisse un arrière goût.  Que le député de Mercier et PKP ne soient sur la même longueur au niveau idéologique, c’est une évidence et ça depuis toujours. 

Pour avoir été membre du PQ à sa fondation, faut-il  rappeller qu’à sa naissance  on y retrouvait des libéraux, des unionistes, des créditistes, des tenants de la gauche, de la droite et du centre : une coalition arc-en-ciel disaient les commentateurs.  Une alliance disparate qui avait un objectif commun : faire du Québec, un PAYS.  Gilles Grégoire, créditiste et René Lévesque, ancien libéral n’avaient sûrement pas la même idéologie ; mais ils sont les cofondateurs du Parti Québécois.  Faut-il nous rappeller que  Pierre Bourgault, dans les années 1990, a été chroniqueur pour le Journal de Montréal de l’empire Péladeau.  René Lévesque y a eu aussi sa chronique.

Que Pierre Karl Péladeau aie posé des actions inapropriées, qu’il aie été un adepte des “lock-out“, qu’il soit étiqueté à droite sur le plan politique, qu’il aie des ambitions ; il n’en demeure pas moins qu’en ralliant les rangs du Parti Québécois, il s’inscrit globalement dans l’approche et dans le programme de ce parti.

Douze personnalités indépendantistes “saluent l'arrivée en politique de l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau et font valoir qu'il n'est pas nécessaire que celui-ci vende ses actions de Québecor pour siéger à l'Assemblée nationale.  Ils reconnaissent aussi que cette candidature peut soulever quelques inquiétudes“.

PKP a quitté toutes ses fonctions  et il s'est engagé à placer ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard et à respecter les lignes directrices du code d'éthique de l'Assemblée nationale.  Qui plus est, Brian Mulroney ancien Premier ministre conservateur du Canada, est sur le conseil d’administration de Québecor et il prend la relève dans certains dosssiers.

La position de PKP est-elle plus ou moins éthique que les démarches effectuées par Phillipe Couillard à l’époque où il était ministre de la Santé et des Services sociaux et qu’il s’était négocié une “job“ dans une entreprise privé oeuvrant dans le secteur de la santé ?  Est-elle plus ou moins éthique que l’allocation que recevait l’ancien chef du Parti libéral du Québec de son parti ?

En tenant compte que l’autre empire médiatique au Québec est sous le contrôle de fédéralistes  et que cet empire ne se gêne pas pour intervenir dans la vie politique canadienne, québécoise et même française, sans soulever de problèmes au niveau de l’éthique ; il est difficile de comprendre une telle levée de boucliers.  C’est l’application du dicton : Faites ce que je dit et non ce que je fais. 

Pour en revenir au député de Mercier, il marche tout simplement à côté de ses pompes et il devrait limiter son exposition au soleil. Une trop longue exposition a des conséquences sur l’organisme.  Cela peut conduire au délire,  cela peut provoquer des convulsions et dans les cas les plus graves, c’est le coma.

Faire le lien entre la candidature de Pierre Karl Péladeau au Parti Québécois et l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeini en Iran, le député de Mercier doit reconnaître que ce n’était pas sa trouvaille du siècle.  Il nous a habitué à mieux.

Tout comme l’avion de la Malaysia Airlines perdu ailleurs au milieu de nulle part, nous retrouvons au Québec un électron libre allant on ne sait où.  (B.F. – Le 13 mars 2014)