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Analyse sociale et politique
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12.06.2009 - Souvenons-nous des gaulois… assimilés

Encore une fois la presse anglophone de Montréal s’époumone.  Il est extraordinaire de constater comment cette presse peut voir la poussière dans l’œil de son voisin, mais incapable de voir le deux par quatre qui obstrue le sien. 

Madame Louise Harel, candidate à la mairie de Montréal peine à s’exprimer en anglais, ce qui pour la bible francophobe The Gazette, l’a disqualifié de facto à postuler pour le poste de maire.  Ajoutons certains thuriféraires de la grosse presse francophone montréalaise, tout en dénonçant certaines comparaisons douteuses faites par The Gazette, claironnent l’inconvenance de la candidate à ne pouvoir communiquer adéquatement avec une partie de l’électorat.  C’est le signal de la chasse aux sorcières, scénario déjà connu, vécu et redondant.  Ce qui est un péché mortel pour Madame Harel, n’est qu’un péché véniel pour d’autres et encore.

Le Canada est un pays bilingue “coast to coast“ depuis 40 ans que l’on nous susurre régulièrement. Mais la réalité est tout autre dans les faits :  les québécois et les acadiens se doivent d’être bilingues et les autres, à quelques exceptions près, n’en n’ont que faire du bilinguisme.

La majorité des ministres du Cabinet fédéral sont unilingues anglais, quelques-uns baragouinent laborieusement la langue de Molière, les ministres francophones sont évidemment bilingues; The Gazette n’a jamais levé le petit doigt pour dénoncer cette situation.  Le maire de la ville d’Ottawa est unilingue anglais, il est pourtant le maire de la capitale d’un Canada bilingue théorique : The Gazette n’a jamais levé le petit doigt pour dénoncer cette situation. Dix provinces et trois territoires : sur treize premiers ministres combien sont bilingues ? Deux :  Jean Charest et Dalton McGuinty; un, peut-être deux, labourent la langue française dans un Canada soi-disant bilingue.  The Gazette n’a jamais levé le petit doigt pour dénoncer cette situation. Il n’y a pas si longtemps, le chef de cabinet d’un ministre de la Francophonie ne pouvait s’exprimer en français, là aussi The Gazette était bouche cousue.  Nous pourrions aligner les histoires d’horreur sur de nombreuses, de très nombreuses pages.

Le Canada bilingue est une fiction.  Le Canada bilingue, c’est pour la belle image du Canada sur le plan international, c’est une illusion qui ne résiste pas à l’analyse. Il s’agit de parcourir les recensements depuis 40 ans pour constater qu’il existe deux pays linguistique dans un : un Québec français de plus en plus bilingue et un “rest of Canada“ qui est depuis toujours et qui va demeurer pour toujours anglais. Le pays bilingue de Trudeau, après plus de 40 ans, est toujours une vue de l’esprit.

D’une façon générale, en regardant les chiffres de Statistiques Canada, nous ne pouvons que confirmer que l’unilinguisme anglais progresse au Canada, l’unilinguisme français régresse au Québec, le bilinguisme progresse au Québec et diminue de façon générale dans le “rest of Canada“.  Vivre en français hors Québec est utopique, et quoiqu’en disent les Jean Chrétien, Stephan Harper ou Michael Ignatieff de ce monde, l’assimilation des francophones est irréversible dans “le plus beau pays du monde“. 

En terminant, je ne peux que citer l’affirmation faite le 18 août 1965 par André Laurendeau, coprésident de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme: “L’expérience qui nous a été transmise jusqu’ici au Canada que paraissent confirmer les exemples belges et suisses,  établit que le bilinguisme ne saurait vivre que s’il s’appuie sur des unilinguismes, sans quoi le bilinguisme est une situation transitoire qui aboutit à l’unilinguisme du plus fort et du plus nombreux“.

Alors Madame Harel, bonne chance pour votre élection à la mairie de Montréal et ne comptez surtout pas sur l’appui de The Gazette et de la grosse presse montréalaise, ça vous le saviez sûrement. (B.F. – Le 12 juin 2009/La Voix de l’Est – Le 16 juin 2009)