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Analyse sociale et politique
   Accueil            12.03.2014 - Insatisfaisant, disons-nous !!!

Insatisfaisant, disons-nous !!!

“Une majorité de Québécois sont insatisfaits du système de santé, selon le sondage CROP Radio-Canada. Le taux de satisfaction à l'égard du système de santé est de 35 %, tandis que le taux d'insatisfaction est de 62 %. Quelque 26 % des gens se disent même très insatisfaits“. (note 1)

Encore une fois, cette triste et réelle constatation plane au-dessus de la présente campagne électorale. C’est à se demander si un jour la population sera satisfaite ?  Et le bon Dr Couillard nous promet d’améliorer le système, lui qui est responsable du dernier déraillement du même système.  Sous son règne, n’a-t-il pas eu l’idée géniale de fusionner tous azimuts dans une seule entité CH - CLSC – CHSLD ?  S’imaginer qu’il saura redresser la situation, c’est comme faire appel à un pyromane pour éteindre un feu.

Le même bon Dr Couillard nous promet 2000 super-infirmières pour alléger le travail des médecins  Ne voulant pas être en reste avec son chef,  le tonitruant Dr Barrette et nouvelle vedette du Parti libéral du Québec promet la mise en place de 50 super cliniques :  “Lui y connaît ça“ nous disait Olivier Guimond dans sa célèbre publicité.  Toujours dans ce merveilleux monde de la santé, le Dr Kadir, de Québec Solidaire, propose que les CLSC demeurent ouverts 24 heures sur 24 pour soulager les urgences des hôpitaux. N’était-ce pas le mandat à l’origine des CLSC ? Désengorger les urgences en offrant des services de santé.   

Promesses et engagements qui finiront le lendemain de l’élection  dans le couloir des bonnes intentions, dans la salle des pas perdus et sur un rayon d’une bibliothèque.  Cette poudre aux yeux est lancée à toutes les élections, c’est la rengaine habituelle.

C’est une évidence que la santé demeure un point important dans les préoccupations des personnes.  Un accident, une maladie sont toujours imprévisibles. Dans ces moments, les services de santé doivent intervenir rapidement et d’une façon appropriée.  Malheureusement, beaucoup trop souvent, les personnes doivent vivre une attente interminable pour avoir un début de réponse.  Est-ce la faute du système ou est-ce une mauvaise organisation ?

Les budgets sont là, les médecins sont là quoique mal répartis sur le territoire québécois, les personnels, toutes catégories confondues, sont là et dévoués ; quoique démotivés par les restucturations successives.  Claude Castonguay et la commission qu’il a présidée ont jeté les bases de ce que devait être le sytème de santé québécois, il y a plus de quarante ans.  À juste titre, Claude Castonguay demeure le père de notre système de santé et des services sociaux.  Mais depuis, tous les ministres qui se sont succédés à la tête du Ministère de la Santé et des Services sociaux ont pris un malin plaisir à charcuter le modèle proposé.  Certains diront que ces ministres voulaient passer à l’histoire. Ils sont surtout  passés à l’histoire en jouant plus souvent qu’autrement sur les structures que sur les services.

Le bon Dr Couillard a asséné le dernier coup à un réseau qui avait plus un besoin d’oxygène que d’une inutile fusion de missions très différentes : périnatalité, dialyse et milieux de vie pour les personnes âgées, entre autres,  sont des programmes disparates qui s’accomodent très mal d’être regroupés sous le chapeau d’un hôpital. 

Le Dr Réjean Hébert qui a été ministre de la Santé et des Services sociaux jusqu’au déclenchement de l’élection et qui sera probablement nommé à ce Ministère après le 7 avril 2014 pourra-t-il insuffler l’oxygène tant souhaité et attendu à ce réseau ?  Lui qui est un propagandiste d’une approche BIO-PSYCHO-SOCIALE au niveau de l’intervention, pourra-t-il tout simplement revenir aux recommandations de la Commission Castonguay et aux propositions avancées par René Lévesque, lorsque ce dernier était ministre de la Famille et du Bien-être social en 1964.

Et pour faire en sorte que la santé ne soit plus une préoccupation majeure de la population, il s’agit de faire toute simplement une recension des écrits.  Il n’est pas nécessaire de créer une nouvelle commission d’enquête.  À titre de suggestion, il pourrait faire appel à Marc-Yvan Côté, ancien ministre libéral de Robert Bourrassa qui fut ministre de la Santé et des Services sociaux. Marc-Yvan Côté voulait décentraliser les prises de décision vers les régions et les établissements de santé, puis il voulait considérer le patient comme l'élément central du système de santé, et enfin il voulait augmenter la visibilité du secteur des services sociaux.  Il n’a pas eu de temps de faire SA réforme. Son premier ministre l’a démissionné à l’été 1991 parce qu’il tenait tête au Collège des médecins et qu’il rencontra une forte oppposition de la part des médecins.

Tout souverainiste que je sois, Marc-Yvan Côté demeure un ministre de la Santé et des Services sociaux qui parlait des “vraies affaires“ : le client, le patient, le résidant, le bénéficiaire, la personne. 

Marc-Yvan Côté a fait appel à Jean Rochon, un péquiste avoué, pour présider une commission d’enquête sur la santé et les services sociaux.  Le Dr Rochon deviendra plus tard ministre de la santé et des services sociaux, avec un mandat de réaliser les recommandations de sa commission d’enquête.  La mise en application de ses recommandations se termineront en queue de poisson, car son premier ministre du temps fera du “Déficit Zéro“ sa priorité “prioritaire“.   Adieu veau, vache, cochon, couvée : il faut faire une croix sur ce qu'on espérait réaliser.

Ce qui fait, encore aujourd’hui ;une majorité de Québécois sont insatisfaits du système de santé.  Et si jamais les bons docteurs Couillard et Barrette se retrouvent au gouvernail de l’État québécois, il faudra attacher nos tuques avec de la broche.  Si le passé est garant de l’avenir, nous ne sommes pas sortis de l’auberge.  (B.F. – Le 12 mars 2014/La Voix de l'Est - Le 19 mars 2014)

Note 1 : http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-quebec-2014/2014/03/11/001-sondage-elections-systeme-sante.shtml