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Analyse sociale et politique
   Accueil            12.03.2009 - Les Éminences déraillent

12.03.2009 - Les Éminences déraillent

Une manchette qui est passé inaperçue chez nous, mais qui a soulevé l’ire de la classe politique, de la population, toute chrétienne soit-elle, au Brésil et de la plupart des commentateurs dans de nombreux pays européens. 

Il y a quelques jours, une équipe médicale de Recife, au Brésil, a procédé à un avortement sur une fillette de neuf ans qui avait été abusée par son beau-père et qui était enceinte de jumeaux.

Pour la très grande majorité des personnes normalement constituées et dotées d’un minimum de gros bon sens, la solution retenue par l’équipe médicale était tout à fait appropriée.  Rappelons que l’interruption volontaire de grossesse est toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.

Mais c’était compter sans l’esprit obtus et moralisateur  de l’archevêque de Recife qui en un tour de main a décrété l’excommunication de la mère de la fillette et, en prime, de toute l’équipe médicale qui a pratiqué l’avortement.  Et pour montrer un esprit de corps sans faille et frisant  l’infaillibilité, son Éminence le cardinal  Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques et président de la Commission pontificale pour l’Amérique Latine dans le Royaume de Benoît XVI, a confirmé et maintenu cette excommunication.  Preuve étant  faite, encore une fois, que le jugement et le GBS ne sont pas également distribués, indépendamment des fonctions que l’on occupe.

Cette démonstration de l’ultra-conservatisme catho s’ajoute à tous les autres intégrismes et fanatismes de toutes les religions et de toutes les croyances dites modernes qui foisonnent autour de nous et qui entravent, plus souvent qu’autrement, le développement de l’humanité. 

Nous nous plaisons à décrier les intégristes musulmans, les ultra-orthodoxes juifs et tous les fanatiques ou ayatollahs d’un dieu quelconque, mais nous cautionnons béatement par notre silence les errements de porte-parole religieux sensés promouvoir la bonne nouvelle du bon Pasteur.  Que de brebis sacrifiées au nom d’une loi que l’on veut nous convaincre divine.  Que ne peut-on faire en son Nom ?

Faut-il se rappeler que les guerres et les conflits religieux, toutes catégories confondues à travers les temps, ont fait plus de victimes que toutes les guerres civiles réunies.  Trop souvent les logiques religieuses mêlées à une logique politique engendrent des conflits interminables et sans issus, les exemples sont multiples.  Combien encore de millions de victimes au nom d’un dieu ?

Le Québec lui, s’enlise dans le débat sur le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse. Ne serait-il pas plus utile de prendre le taureau par les cornes et de définir une fois pour tout une réelle séparation de l’Église et de l’État dans les institutions publiques ?

Mais à la mesure de nos moyens, nous en sommes encore à l’étape d’essayer de définir et de connaître le sexe des anges.  (B.F. – Le 12 mars 2009/La Voix de l’Est – Le 17 mars 2009)