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Analyse sociale et politique
   Accueil            11.12.2010 -Nous sommes de joyeux naufragés !

11.12.2010 - Nous sommes de joyeux naufragés !

Lors de son récent passage à l’émission Tout le monde en parle, le premier ministre du Québec, monsieur Jean Charest, faisait une nouvelle tentative pour rehausser son image.  Par contre, comme l’ont souligné plusieurs commentateurs de la scène politique, il y a une différence importante entre l’image et la réputation.  L’image est une représentation mentale que l’on se fait de quelqu’un tandis que la réputation est l’évaluation que l’on a d’une personne.  Aussi bon orateur que puisse être ce premier ministre, il traîne un passé où nous retrouvons plusieurs squelettes. 

N’a-t-il pas été “démissionné“ par Brian Mulroney parce que comme ministre il était intervenu auprès d’un juge dans un procès ?  N’a-t-il pas été responsable d’un comité qui a accouché de l’entente de Charlottetown qui a été finalement un fiasco pan-canadien ?  N’a-t-il pas été une des figures de proue du grand “love-in québécois“ à la veille du référendum en 1995 ? N’a-t-il pas été membre d’un parti politique fédéral qui pouvait tenir son caucus des députés dans une cabine téléphonique ?  N’a-t-il pas été couronné au PLQ, en 1998, comme étant le sauveur  attendu ? N’a-t-il pas été celui qui se vantait d’être prêt à assumer les guides du pouvoir en 2003 ? N’a-t-il pas été celui qui avait promis de rafraîchir le modèle québécois ? N’a-t-il pas été, jusqu’à dernièrement, un premier ministre qui recevait une prime de son parti en supplément de son salaire ?  Ces quelques dérives font en sorte que sa réputation confirme le dicton “Après moi le déluge“.  Il a raison et nous avons tort.

Tout bon orateur qu’il soit, ses manières d’errer et l’écart entre ce qu’il dit et ce qu’il fait rapproche le Québec d’un échouement  sans pareil.  Il navigue à vue et l’opinion publique, depuis plusieurs mois, confirme que sous son gouvernail nous nous dirigeons dans le mur.  Mais il maintient le cap, SON cap. 

Plus souvent qu’autrement, l'électeur carbure à la déclaration choc, à l'image édifiante et à la promesse spectaculaire d’un politicien en sachant très bien que demain ou après-demain,  ce même politicien trouvera toutes les raisons pour ne pas y donner suite.  Et nous allons de désenchantement en désillusion, les taux de participation faisant foi de cette réalité.

Avons-nous vu un soupçon de son projet de société pour améliorer la justice sociale ?  Malheureusement, ces éléments ne font pas partie de son  contenu. C'est ennuyant diront  les faiseurs d'images, mais il cause bien. 

Encore une fois,  le contenant a gain de cause sur le contenu.   L'apparence est plus importante que la substance. Le paraître  éclipse l'être, mais c’est un bon orateur. Fondamentalement, c’est un conservateur déguisé en libéral ; nous sommes loin des Lesage, Ryan, Bourassa. 

Comment se fait-il que nous exigeons de notre médecin, si nous en avons un, une pratique exemplaire ?  Comment se fait-il que nous nous attendons de notre plombier et  de notre électricien qu’ils règlent notre problème ?  Comment se fait-il que nous exigeons de notre épicier, de notre boulanger ou de notre fromager des produits de qualité ?  Comment se fait-il que nous comptons sur la transparence de notre notaire ou de notre comptable ?  Et que de notre premier ministre nous nous contentions de si peu, il est pourtant à notre service, nous lui avons délégué nos pouvoirs.   Il représente nos aspirations. Avons-nous si peu d'ambition pour en être arrivé là ?  Vivement un changement de la garde au PLQ. (B.F. – Le 11 décembre 2010/La Voix de l’Est – Le 14 décembre 2010)