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Analyse sociale et politique
   Accueil            11.09.2014 - C'est une méthode universelle

C'est une méthode universelle

Chantal Hébert, dans son bouquin Confessions post-référendaires, décrit très bien les dédales du Référendum québécois de 1995 portant sur l'indépendance du Québec.  Une victoire morale pour les uns, un résultat cruel pour les autres.  Des manigances plus ou moins connues jusqu'au Love-in de Montréal.  Les Québécois se disaient non pour une deuxième fois.

Mais il y a une constance: la PEUR. En parcourant le cheminement que la population a subi, nous pouvons faire une parallèle avec ce qui se passe actuellement en Écosse.  Les tenants du OUI promettent des lendemains qui chantent et les tenants du NON utilisent la menace et la peur: scénario qui a donné un bon résultat pour les tenants du NON au Québec, quoique la victoire fut très courte.  Vingt ans plus tard, le débat reste ouvert, complet, jusqu'au prochain référendum.

Il faut avoir en mémoire que Terre-Neuve a tenu quelques référendums avant de se joindre à la Confédération canadienne le 31 mars 1949, dont deux dans l'année 1948.  Finalement 52% des Terre-Neuviens votèrent pour l'annexion au Canada.  Ce que les Québécois n'ont pas eu l'occasion de faire en 1867.  La Confédération a été imposée, point à la ligne.  Après avoir subi une conquête par les armes en 1760, le Bas Canada, le Québec d'aujourd'hui, se voyait imposer de nouvelles règles du jeu.

Il a pris près de cent ans avant que la Norvège se sépare de la Suède.  Par contre, la République Tchèque et la Slovaquie n'auront mis que trois ans à devenir deux états indépendants sans susciter ni passion, ni crise, ni conflit, après soixante-quatorze ans de vie commune.  Cette séparation sans heurts, fut appelée “Partition de Velours“ ou “Divorce de Velours“.

Mais il est évident que notre bande de négationnistes aura toujours l'exemple facile d'un quelconque pays lointain et sans ressource pour apeurer la population: c'est une méthode universelle.

Le Québec en 1980 et 1995, l'Écosse en 2014, la Catalogne un jour ou l'autre et de nouveau le Québec auront vécu ou vivront cette méthode: la recette a fait ses preuves, pourquoi se gêner.  À soir, on fait peur au monde !  C'est l'adaptation politique du documentaire produit en 1969.

La “Royal Bank 0f Scotland“ n'invente rien en menaçant de déplacer son siège social en Angleterre si les Écossais choisissaient l'indépendance.  La “Lloyd's“ a déjà utilisé une menace semblable dans les derniers jours.  Ces deux entreprises ont vu le jour en 1688 et 1727.  Ils refont le coup de la “Brinks“ que les Québécois ont connu en 1980. Les acteurs changent, mais le scénario est le même.

C'est la preuve que les puissants de ce monde et d'ici, en faisant de l'économie une obsession, ont atteint leur objectif de faire vivre la population dans la peur et de la faire tenir tranquille.

Au Québec, un milliardaire fédéraliste vante SON Canada, c'est dans la norme.  Un milliardaire souverainiste lève le bras pour affirmer sa ferveur souverainiste de SON Québec, comme a pu le faire Jean Lesage en 1960 après sa victoire, c'est une crise chez les fédéralistes et haro sur PKP, le méchant souverainiste.

Jean Lesage  créa l'État du Québec. Jean Lesage a fait naître les Québécois.  Jean Lesage a déclaré que le Québec devait être maître chez lui.  Il a aussi affirmé que ça devait changer.  Tout libéral et fédéraliste qu'il était, il rejoignait la pensée d'Honoré Mercier, lui aussi un libéral, qui affirma dans les années 1890 que la Confédération canadienne n'était qu'un pacte entre les provinces et que celles-ci retiennent leur pleine souveraineté...  je mourrai avec cette conviction, que l'union du Haut et du Bas Canada ainsi que la Confédération nous ont été imposées dans un but hostile à l'élément français et avec l'espérance de la faire disparaître dans un avenir plus ou moins éloigné.

Alors comme l'a déjà dit René Lévesque en 1980: À une prochaine fois...   (B.F. - Le 11 septembre 2014/La Voix de l'Est - Le 18 septembre 2014)