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Analyse sociale et politique
   Accueil            11.09.2013 - Plus ça change, plus c'est pareil

Plus ça change, plus c’est pareil…

Il est dénigré par la bien-pensance de la droite.  Il est accusé de bien des torts.  Aux dires de plusieurs, il a donné naissance à un système d’exploitation qui aurait fait bien des victimes.  Trop de personnes sont incapables de faire la différence entre la théorie et la pratique : c’est dans la nature humaine, il faut trouver un responsable.  Si ce n’est pas nous, ce sont les autres.

Toujours est-il que Karl Marx, le père de la lutte des classes, n’est pas l’initiateur de cette idéologie.  Qu‘il s’en soit inspiré, l’histoire le confirme.  Il n’a fait que reprendre la pensée et les écrits d’un autre écrivain et penseur de son époque qui avait énoncé ce que devait être le catholicisme chrétien, le catholicisme social et la démocratie chrétienne.  Celui qui a énoncé ces grandes orientations était un philosophe chrétien né à Saint-Malo dans la petite noblesse, il était prêtre.  Son frère a été le fondateur des Frères de l’instruction Chrétienne, congrégation religieuse implantée au Québec depuis 1886. 

Toujours est-il que Karl Marx s’est inspiré de Hugues-Félicité Robert de Lamennais.  Parmi ses écrits, en 1837, Lamennais publia Le Livre du peuple, véritable livre de combat.  Il se lia d’amitié avec Louis-Joseph Papineau lors du voyage de ce dernier en France. En 1841, il fut condamné à la prison et en 1848, il fut élu député à l’Assemblée constituante. Il fréquenta de grands noms de son époque : Lacordaire, Auguste Comte, George Sand, Liszt.  Il s’opposa au pape Grégoire XVI, qu’il accusait  de vouloir défendre davantage les princes que le peuple.  Toute sa vie, Lamennais prit parti pour le peuple : il développa les tendances socialistes et démocratiques du message évangélique.  Pour lui, une priorité était le développement d’une véritable doctrine sociale de l’Église.  Il devenait un empêcheur de tourner en rond.  Il faisait obstacle à une pensée dominante qui a résisté au temps, devons-nous admettre.

En soi Karl Marx popularisa la pensée de Lamennais en publiant en 1867 Le Capital.   Pour Marx, entre autres, la religion n’est qu’un bonheur illusoire et le travail dans la pensée capitaliste n’est qu’une simple marchandise qui tue l’homme en le transformant en bête de somme.  C’est une machine à produire la richesse pour les autres. Pour l’Église et les ténors de la bien-pensance de droite, Marx devenait l’adversaire à abattre.

Il faut l’admettre, dans la pratique, l’application de l’idéologie marxiste n’a pas donné toujours de bons résultats.  Sous de nobles intentions, elle a permis à certains individus de se fabriquer une quelconque gloriole : les lendemains qui chantent n’ont pas été au rendez-vous.  Mais l’autre idéologie à la mode n’a pas été plus enchanteresse dans ses résultats.  C’est ce qui nous fait dire que le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme et que le communisme est le contraire : en bout de ligne, c’est toujours le citoyen qui est dupe.

Y-a-t-il un modèle idéal ? Ou plus simplement, est-ce qu’il y aurait un meilleur modèle pour satisfaire les populations ?  Nous pouvons l’espérer.  L’Homme a les connaissances, l’expérience des siècles passés pour ne pas répéter les mêmes erreurs.  Il ne lui reste qu’à trouver la volonté de remédier à toutes ses dérives.  Le veut-il ?  Ça,  c’est une autre question.  À regarder agir les populations et leurs dirigeants, nous pouvons en douter.  L’Homme, depuis la nuit des temps, semble avoir un malin plaisir à vouloir impressionner son voisin, à démontrer qu’il est plus fort que son voisin et à lui imposer une façon de faire et de penser. 

En conclusion, et en regard de l’actualité,  nous ne pouvons que nous répéter ce qu’a écrit William Shakespeare au 16e ou au 17e siècle, bien avant les écrits de Lamennais ou de Marx :  Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles.  (B.F. – Le 11 septembre 2013 … triste jour anniversaire !!!)