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Analyse sociale et politique
   Accueil            11.05.2012 - 393,35 fois le salaire minimum

393,35 fois le salaire minimum

C’est le salaire gagné par un PDG d’un des fleurons de l’économie québécoise par rapport à une personne qui aurait le privilège de travailler au salaire minimum en 2012 au Québec.  C’est sans compter les avantages auxquels a sûrement droit notre PDG.

Le quotidien La Presse rapportait dans son édition du 11 mai dernier que le PDG de cette entreprise reçoit, pour l’année 2012, le salaire de 8,1 millions de $.  Rappelons que notre travailleur au salaire minimum, pour la même année recevra la mirobolante somme de 20,592 $.  Ce qui fait que notre PDG gagne 1,8 fois en une journée ce qui mettra un an à notre travailleur, à la condition que nos deux individus travaillent 219 jours dans l’année.  Si nous faisons notre calcul sur 365 jours, notre PDG gagnera 22,192$ par jour, c’est 924,67$ de l’heure incluant les dodos, et notre salarié retirera 56,41$ par jour, c’est 2,35$ de l’heure  dodos inclus.

Qui plus est, La Presse rapportait que cette entreprise, dans la dernière année a été moins performante et que les profits ont baissé.  En tenant compte de cette baisse nous pouvons prévoir que cette entreprise fera des coupes sauvages dans ses employés, c’est la façon de faire dans  ce monde déconnecté de toutes réalités.

Et les ténors de la grosse presse économique tenteront de justifier ces orgies.  Et les ténors de la bien-pensance tenteront à démontrer le bien-fondé de ces écarts démentiels. Et le bon peuple crédule hochera du bonnet en s’offusquant de certaines demandes syndicales.  Et des gouvernements se dépêcheront à légiférer pour restreindre les dépenses à caractère social pour améliorer les performances des entreprises déjà milliardaires.  Et si les décrets et les lois ne donnent pas les résultats attendus, nous aurons droit à l’arsenal de la répression.  Ainsi fonctionne le système dans lequel nous nous retrouvons. Des pays soi-disant développés vivent  présentement ces situations.

Le Québec vit depuis plus ou moins quatre mois les manifestations étudiantes.  C’est une évidence que les présentes manifestations dépassent les strictes augmentations des droits de scolarité.  C’est une évidence que les manifestations englobent, en plus de l’augmentation des droits de scolarité, les démences quotidiennes de l’économie. 

Et les ténors de la grosse presse économique, et les ténors de la bien-pensance tentent de culpabiliser l’ensemble des manifestants pour les dérapages provoqués par une infime minorité de casseurs.  Ainsi fonctionne le système dans lequel nous nous retrouvons.

Mais les mêmes ténors de la grosse presse économique et les ténors de la bien-pensance ne voient rien d’offensant à ce qu’un PDG gagne 393,35 fois le salaire d’un travailleur.  C’est exemple est réel chez nous comme il l’est dans tous les pays soi-disant développés.

Comme le souligne Stéphane Hessel dans son texte “Indignez-vous“ paru en 2010 “Il est grand temps que le souci d’éthique, de justice, d’équilibre devienne prévalent. Car les risques les plus graves nous menacent.  Ils peuvent mettre un terme à l’aventure humaine sur une planète qu’elle peut rendre inhabitable pour l’homme“.   Et aux jeunes, il disait : “Regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation“.

Se pourrait-il que nous nous contentions du monde tel qu’il est et même que nous souhaitions le faire revenir en arrière ?  Force est de reconnaître que le Canada et le Québec sont bien engagés sur cette voie. 

Tout comme Stéphane Hessel nous pourrions conclure en disant : “Créer, c’est résister.  Résister, c’est créer“.  (B.F.- Le 11 mai 2012/La Voix de l'Est - Le 18 mai 2012)