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Analyse sociale et politique
   Accueil            11.01.2012 - Le diable est aux vaches

Le diable est aux vaches

Ça commence à être un bordel.  Ils ont été élus sous une bannière et ils décident que le gazon est plus vert ailleurs.  François Rebello et Lise St-Denis, les derniers en lice, se moquent de leurs électeurs. 

Le style transfuge n’est pas nouveau, d’autres avant eux l’ont fait et nous pouvons présumer que d’autres le feront. Cet arrivisme, pour se garder une petite gêne, démontre un manque éthique certain et laisse planer un doute sur la conception morale qui guide l’engagement de ces individus. 

C’est un peu comme si vous commandiez de la pizza à votre restaurant du coin et qu’il vous livrait du poulet ; c’est mangeable, mais ce n’est pas ce que vous avez  choisi et demandé.

Tous les Rebello et St-Denis de ce monde trompent les personnes qui s’identifiaient à eux et à leur idéologie.  Ils discréditent l’engagement et l’action politiques.  Avions-nous vraiment besoin de cette nouvelle entourloupette qui ajoute encore plus à la désillusion des citoyens envers la classe politique.

Qu’un individu ne se sente plus à l’aise dans un parti, ça peut arriver.  Qu’il démissionne et qu’il se représente sous sa nouvelle bannière, les électeurs jugeront : c’est la solution idéale.  Comme pis aller, qu’il démissionne et qu’il aille siéger comme député indépendant et à la prochaine élection qu'il rallie son nouveau parti.  Mais ça demande une certaine abnégation que peu d’individus ont démontrée au fil des années.

Pour contrecarrer ce fléau et pour apporter une plus grande rigueur dans le processus électoral, il faudrait prévoir une procédure  qui permettrait aux citoyens de lancer une pétition visant la révocation d’un député.  Et le changement d’allégeance en cours d’un mandat serait une cause pour demander une telle destitution.

Le Canada et le Québec s’inspirent du régime parlementaire britannique où cette procédure existe depuis le 14e siècle.  Nos voisins du Sud ont dans leur Constitution ce qu’ils appellent “l’impeachment“. Richard Nixon et Bill Clinton en ont fait les frais.  Nixon a démissionné de son poste avant l’aboutissement de la procédure et Bill Clinton fut exonéré. 

Dans notre régime parlementaire, tant à Ottawa qu’à Québec, des projets ont été présentés, mais les résultats sont nuls.  Faut-il en déduire que nos représentants protègent leur  arrière-train?

La population d’un comté a voté pour un candidat du P.Q. ou du N.P.D. parce qu’elle croyait qu’il représentait la meilleure réponse à leurs besoins et à leurs attentes.  Le député ainsi élu est devenu leur mandataire.  La règle est simple : s’il est incapable de  remplir ce mandat, il démissionne.  Ses états d’âme, ses accointances, ses amitiés ne relèvent pas du processus électoral. 

Cette valse-hésitation qui prolifère dans nos Parlements montre aussi la sempiternelle rigidité de ce que l’on appelle la ligne de parti qui détermine la conduite  à suivre et l’obligation de voter comme le chef le décide.  Là aussi, il faudra revoir cet idiotisme. Le député est mandataire de ses électeurs, pas de son chef : il y a des nuances à faire entre l’idéologie d’un parti  et la quincaillerie de tous les jours.  Une déclaration de guerre, un rapatriement d’une constitution n’ont pas la même valeur que la construction d’un amphithéâtre. 

Il y a quelques années, Claude Béland anciennement du Mouvement Desjardins, avait soumis un rapport pour revoir le processus électoral. Il faudrait repenser de fond en comble tout notre système électoral et parlementaire.

René Lévesque n’a-t-il pas déjà dit “Que la tâche des vraies démocraties est de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit, renseigné  sur ses propres intérêts“. Nous n’en sommes pas à une commission d’enquête près.  (B.F. - Le 11 janvier 2012/La Voix de l'Est - Le 13 janvier 2012)

 

 

 

 

 

 

 

 

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