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Analyse sociale et politique
   Accueil            10.12.2011 - Les couacs d'Ottawa

Les couacs d’Ottawa

“Chose promise, chose due“ dit un proverbe datant du 17e siècle.  Après avoir été tenu en laisse durant les quelques années où il régnait d’une façon minoritaire, notre  ineffable premier ministre canadian s’amuse maintenant comme un joyeux luron.  Il ne se gêne pas : il dirige SON gouvernement majoritaire. Il a paqueté le Sénat en nommant des individus rejetés par les électeurs et par quelques sous-fifres qui lui sont dévoués et qui évangélisent les damnés que nous sommes.   Et il applique un programme qui a été choisi par tout au plus 25% de l’ensemble de la population canadienne. Ainsi va la démocratie en “Harperland“. 

Le réchauffement climatique entrave le développement humain de la majorité des habitants de la planète, mais ça embête les développeurs des sables bitumineux qui produisent du pétrole sale. Il s’agit tout simplement de renier la signature d’un précédent gouvernement et de s’aligner sur les plus grands pays pollueurs de la planète pour la suite des choses. On l’a promis : promesse tenue et continuons à polluer la planète.

La criminalité diminue sur le territoire canadien, que cela ne tienne.  Faisons fi de toutes les statistiques, de toutes les études et de toutes les expériences en durcissant les peines, en construisant des prisons.  On l’a promis : promesse tenue.  Ce sont les provinces qui vont payer la note.

Le registre des armes à feu est vilipendé par la National Rifle Association des États-Unis et par les accros canadian de la carabine. C’est simple, on abolit le registre et on détruit toutes les données.  On l’a promis : promesse tenue.  On n’a que faire des récriminations unanimes du Québec.  De toutes façons ont est majoritaire sans l’appui des québécois.

Ce sont trois fausses notes parmi tant d’autres que nous servent quotidiennement ce gouvernement qui ne représente en rien les aspirations canadiennes.  Ne parlons même pas des aspirations québécoises : un juge unilingue anglophone, un vérificateur général unilingue anglophone, un prêt garanti à Terre-Neuve pour construire son réseau électrique alors que le Québec n’a jamais eu “une cenne“ pour le sien.  Il ne faut pas oublier le contrat de construction des navires fédéraux octroyé à la Nouvelle-Écosse et à la Colombie-Britannique.  Il y a aussi la nouvelle carte électorale qui écarte le poids historique du Québec, sans oublier les cafouillages à propos du pont Champlain.  Le bilinguisme n’en parlons même pas : le Québec devient de plus en plus bilingue et le reste du Canada devient de plus en plus unilingue anglais : fin de l’utopie de Pierre Elliot-Trudeau.

Est-ce nécessaire de rappeler les dérapages financiers du dernier G8 au Canada, la promenade en hélicoptère d’un ministre, la renaissance de la monarchie, la commémoration des batailles coloniales d’une autre époque.  Tout ça en quelques mois et nous devrons attendre en octobre 2015  pour refaire un choix. C’est plus ou moins 46 mois de recul. C’est plus ou moins 198 semaines à subir une idéologie rejetée par la grande majorité de la population.  Et pour comble de malchance, l’année 2012 est une année bissextile.  Et par-dessus toutes ces fausses notes, le Canadien de Montréal qui ne gagne plus.

C’est vous dire que nous devrons chanter bien fort les paroles du Minuit chrétien qui nous dit d’attendre notre rédempteur.  D’ici-là, nous sommes plus au premier couplet qui dit peuple à genoux. 

Il y a pire ailleurs, j’en conviens, mais ce n’est pas une raison pour se consoler. Rappelons-nous tout simplement ce que James Freeman Clarke, écrivain et théologien américain, écrivait au 19e siècle : “Un politicien pense à sa prochaine élection, un homme d’État, à la prochaine génération“.  (B.F. – Le 10 décembre 2011/La Voix de l'Est - Le 19 décembre 2011)