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Analyse sociale et politique
   Accueil            10.11.2012 - Ils ne peuvent se faire oublier

Ils ne peuvent se faire oublier

Notre ineffable Premier ministre canadian et les membres de son gouvernement doivent absolument faire les manchettes de l’actualité.   Aujourd’hui ce sont les anciens combattants, hier c’étaient les réfugiés, les jeunes contrevenants, les immigrés, les organisations laïques de développement international. Globalement, tous ceux et celles qui ne s’inscrivent pas dans SA pensée sont poussés au bout du pont : hors de SON église, point de salut. Il nous reste encore trois ans à subir SON évangélisation.

Bienheureux nos voisins du Sud qui viennent de réélire Barack Obama jusqu’en 2016.  Ceux qui ont eu la chance d’écouter le discours qu’il a prononcé le 6 novembre dernier à Chicago ont pu constater les années lumières séparant les deux hommes. Barack Obama dégage l’espoir, la passion.  Il propose une vision dynamique de l’avenir.  Notre PM canadian nous offre la  dynamique d’une statue de plâtre. Il a la froidure de nos hivers d’antan.

Ce n’est pas une question d’âge, ils ont sensiblement le même.   Ce ne sont pas les exigences des taches qu’ils ont à affronter : les défis sont énormes pour le président des USA.  Ce n’est pas à cause de leur environnement politique : notre PM canadian se vautre dans SA majorité ; le président des USA devra cohabiter avec une Chambre des représentants contrôlée par les Républicains. 

Ils ne sont tout simplement pas de la même école. Le premier a commencé sa carrière comme travailleur social et organisateur communautaire dans les quartiers délabrés de Chicago.  Le second a grandi au Reform Party et à la Canadian Alliance, deux partis prônant entre autres, des idées très conservatrices, souhaitant la réduction du rôle de l’État, la réduction des dépenses dans les programmes sociaux, l’amplification du rôle du secteur privé ou tout simplement la privatisation.  On ne peut pas être plus différent, c’est le moins que nous puissions dire.

Un gouvernement transpire à l’idéologie de son dirigeant. Le Canada a connu une réalité de développement à l’époque des Pearson, Trudeau,  Mulroney.  Nos voisins du Sud ont connu des années moins glorieuses  aux époques de Reagan et de George W.

“Business as usual“ disent les commentateurs.  Le grand manitou dans toute sa bonté, nous évite le pire.  Le Canada jouant le rôle de caniche de Washington s’inscrira, espérons-le, dans les orientations d’ouverture définies par Barack Obama sur le plan international, c’est déjà ça.  Par contre, notre PM canadian continuera à sévir dans SON royaume. Il continuera SON inlassable travail d’évangélisation.  Pour lui l’important c’est d’aller dans SA bonne direction, même si c’est lentement.  Comme l’a déjà souligné Michel David du quotidien Le Devoir, notre PM canadian est un chanteur de pomme. Il peut dire la vérité et son contraire dans le même discours.  Il commence normalement ses discours en français, les Québécois en sont presque “émotionnés“, qui plus est, il le parle relativement bien.

Mais, car il y a un gros MAIS : nous devons nous souvenir qu’en 1996, il a nié la théorie des deux peuples fondateurs du Canada. Ce qui ne l’a pas empêché en 2008 de déclarer que Champlain était le père fondateur de SON Canada.  Nous devons nous souvenir qu’il soutenait, dans les années 1990, la cause des parents francophones du Québec qui voulaient pouvoir envoyer leurs enfants à l'école anglaise et qu’il était contre l’affichage en français.  Qu’il s’opposait au concept de société distincte, qu’il était pour la partition du Québec advenant l’indépendance du Québec.  Ce ne sont que quelques-unes des dérives de notre PM canadian.  Chanteur de pomme, disait Michel David.  Il peut bien commencer ses discours en français, même en Inde, c’est “émotionnant“…..  (B.F. – Le 10 novembre 2012)