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Analyse sociale et politique
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10.11.2010 - Réseau Liberté-Québec et le “Tea Party“, le même délire.

Les québécois aiment bien se décrire comme des américains-européeens,  c’est notre petit côté exotique dans l’immense centre d’achats nord-américain.  Majoritairement descendants des souches anglo-saxonne ou française de la vieille Europe,  et en même temps subissant les influences de nos puissants voisins du Sud, nous avons deux chapeaux.  À l’exception des destinations Soleil, les pays que nous visitons le plus sont les États-Unis et nos deux mères-patries : l’Angleterre et la France. 

De l’Angleterre nous avons hérité de son système parlementaire, de sa Reine, de ses pubs.  De la France, nous avons hérité de son code Napoléon, de sa langue, de sa culture et surtout de sa propension  à faire des révolutions. Des États-Unis nous pigeons allègrement ce qui fait notre affaire, selon le goût du jour.   Ce mélange des genres fait du Québec une société distincte qu’on le veuille ou non.

Nous avons chahuté la Reine en 1964. Nous avons acclamé De Gaulle en 1967. Nous avons adoré Kennedy, Clinton à la présidence des USA. Nous avons détesté  Bush dans le même poste.  Nous avons applaudi l’arrivée d’Obama en 2008.  Nous sommes européens en pensée et américains en pratique. 

Par contre, malicieusement nous avons un penchant, à l’occasion, à vivre des ambiguïtés.  Nous avons déblatéré contre George W. et ses idées de droite.    Et nous applaudissons, c’est la mode du jour, la résurgence de ces idées que nous avons tant décrié. 

Le Réseau Liberté-Québec naissant, c’est un peu le “Tea Party“ à la mode québécoise.  Mouvements  qui souhaitent, entre autres,  moins d’État, moins d’impôts, moins de contrôles sur tout, mais plus de contrôles sur l’immigration,  plus de libertés individuelles, une plus grande place pour l’entreprise privée, un système santé à deux vitesses au moins, un système d’éducation où le privé et le public ne ferait qu’un, un système de sécurité sociale  qui décrèterait qui sont les bons et les mauvais pauvres.

Ce n’est pas de fuir ou d’empêcher les débats et d’éviter des remises en questions, mais  se faire dire tout bonnement et candidement que la droite pourra faire beaucoup mieux que les “pelleteux de nuages“ de la gauche, c’est mentir, ou à tout le moins, c’est de maquiller la réalité. 

Le système dans lequel nous vivons depuis des lunes et des siècles prend son origine dans les gouvernements de droite qui plus souvent qu’autrement ont contrôlé le pouvoir.  Ce sont des entreprises à caractère capitaliste qui nous font vivre régulièrement les crises financières et économiques, tout en nous promettant que demain ça ira mieux.  C’est la pensée unique néo-libérale, les droites religieuses, toutes catégories confondues, qui provoquent les affrontements à la grandeur de la planète.  Ce sont les Bush, Sarkozy, Harper, Berlusconi de ce monde, dignes représentants de la droite il me semble, qui nous entraînent vers le précipice, c’est prendre le enfants du bon dieu pour des canards de bois.

Le Réseau Liberté-Québec, ici, ou le  “Tea Party“ aux USA déclarant sur toutes les tribunes que des gouvernements de droite pourront faire mieux dans la gouvernance d’un État c’est usurper un droit de parole, c’est un grand délire existentiel, c’est tromper des populations crédules. 

Loin d’enrichir un débat qui doit se faire, loin de promouvoir une reconstruction indispensable de notre système politico-économico-social, ils ne font qu’entretenir des clichés, des mythes et des faussetés qui en bout de ligne font leurs affaires.  (B.F. – Le 10 novembre 2010/La Voix de l’Est – Le 12 novembre 2010)