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Analyse sociale et politique
   Accueil            10.09.2008 - La montée des intégrismes

10.09.2008 - La montée des intégrismes

Nous pensions en être à l'abri : et bien non.  La décision de Raymond Gravel de mettre un terme à sa carrière politique sous la menace d'être "défroqué" par les instances religieuses romaines n'est qu'un autre  simple exemple de la montée d'un intégrisme religieux catholique revanchard, dépassé et déconnecté de la réalité. En dehors de l'Église point de salut : demandez à vos parents, grands-parents ou relisez  votre histoire qui est jalonnée de  fameux "diktats" cathos  pas trop glorieux.

Nous pensions que l'intégrisme religieux ne se retrouvait que  sous les traits de l'ayatollah Khomeney ou de Ben Laden : et bien non.  Nous  les retrouvons aussi sous les costumes-cravates déambulant sur la rue Principale à Granby ou sur la rue Sparks à Ottawa. 

Nous pensions que la liberté d'expression était accordée à tous les citoyens : et bien non.  Il y a encore des personnes dont cette liberté d'expression est muselée ou à tout le moins filtrée surtout si elle n'est pas conforme aux "diktats" de LA secte ou d'UNE église.

Nous pensons que la montée de l'intégrisme ne touche que des pays éloignés et d'une autre culture : et bien non.  En Occident, aussi, nous subissons des ayatollahs aussi dangereux que ceux des pays éloignés car ici ils camouflent leurs visées sous les thèmes de la sécurité, de la loi et l'ordre, de la moralité, de la bien-pensance. Nous les voyons régulièrement à la télévision s'agiter pour combattre leurs axes du Mal et nous imposer leur Bien.

Nous pensons que la montée de l'intégrisme se limite à des groupuscules sans importance : et bien non.  Ces groupuscules ont des moyens insoupçonnés.  George Orwell dans son roman "1984" publié en 1949 nous avait prévenu.  Mais c'était de la fiction que nous nous disions.

Nous avons tort de ne pas nous inquiéter.  Depuis plus de trois décennies, l'intégrisme,  cet attitude et cette disposition d'esprit de certains croyants, au nom d'un respect intransigeant de la tradition,  refusent  toute évolution. Et nous les retrouvons dans toutes les croyances : nous parlons ainsi d'intégrisme catholique, musulman, juif, etc...

Corollaire à cet intégrisme religieux, l'État social est remis en cause par les politiques néolibérales. L'État ne doit pas, par son intervention, gêner le libre jeu de la concurrence et de la libre entreprise. Le développement de la pauvreté, l'incertitude des lendemains, le chômage, ont des effets dévastateurs qui touchent massivement toutes les populations.  Il est de bon ton de dénigrer   le mouvement syndical qui a  de plus en plus de difficultés à jouer le rôle fondamental qui a été le sien.

Intégrisme religieux et libéralisme économique "sauvage"  sont devenus les assises de plusieurs gouvernements, toutes catégories confondues : démocraties, dictatures, royautés.  Nous les retrouvons sur les cinq continents.  Et le Canada fait partie de cette mouvance idéologique.  Il a été tout à fait à-propos d'indiquer la sortie à un gouvernement corrompu, mais ce n'est pas une obligation de nous jeter dans les bras d'un croisé réactionnaire et doctrinaire. À partir du dévouement envers le pays, l'engagement religieux et un climat de confrontation perpétuel nous retrouvons la trinité sur laquelle repose le credo conservateur. 

Depuis huit ans, les canadiens  et les québécois, en particulier, ont décrié les politiques du gouvernement de George W. Bush aux USA qui nous ont amené sur le bord du précipice.  Plus spécialement depuis trente-deux mois, le Canada, et le Québec par extension, est devenu pour ainsi dire le 51e état de notre voisin.  Nous devenons d'une façon de moins en moins subliminale un "copier-coller" de l'empire américain en déclin.  Ferons-nous un pas de plus ?

Alors que chez nos voisins, un vent de changement semble souffler,  nous contenterons-nous de nous enliser encore plus dans un régime qui a fait perdre toute crédibilité au Canada sur la scène internationale  en amenant une partie de plus en plus importante de notre population à se battre pour sa survie ?  Nous avons quelques jours pour y penser. (B.F. – Le 10 septembre 2008/La Voix de l'Est - Le 10 septembre 2008)