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10.07.2002 - Une planète responsable et solidaire

Dans les derniers jours de juin  les chefs d'État des huit pays, soi-disant,  les plus développés se rencontraient dans l'Ouest canadien.  Ils veulent annuellement régler le sort de l'univers.  Cette année, c'est l'Afrique qui est au menu.  Il faut sauver l'Afrique, qu'ils disent,  nobles intentions.  Sans prétention, au gré de mes lectures,  je vous livre certaines réflexions.  À nous d'en faire ce que l'on veut.

Si nos sociétés continuent à vivre et à se développer de la façon dont nous le faisons depuis trop longtemps, l'humanité s'autodétruira et le Québec avec.  Pour éviter cette destruction nous nous devons de transformer profondément notre manière de penser et de vivre.  Cette transformation engage chacun de nous.  Mais chacun est impuissant si son action et ses volontés ne convergent pas avec celles de millions et de milliards d'autres.

La stratégie à inventer pour assurer notre survie et notre épanouissement doit respecter nos caractères uniques qui nous lient et nos diversités qui nous enrichissent.  Les priorités varient d'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre.  Et ces différences n'interdisent pas un accord sur l'essentiel.

Dans notre monde coexistent d'un côté des besoins fondamentaux non satisfaits, des ressources gaspillées et détruites et, de l'autre, des capacités de travail et de créativité insoupçonnées.

Nous souffrons de trois déséquilibres:  entre le Nord et le Sud de la planète;  entre les riches et les pauvres au sein de chaque société;  entre les hommes et la nature.  Nous n'avons pas su canaliser au profit de tous les hommes nos formidables capacités à comprendre, à entreprendre et à créer.  L'humanité est capable du pire et du meilleur.

Que faire pour assurer la survie de notre planète et ainsi atteindre un développement harmonieux entre les hommes et entre les sociétés ?  Je vous propose six avenues différentes et convergentes, il peut y avoir d'autres, j'en suis assuré.

1) La terre que nous ont léguée nos ancêtres n'est pas à nous seuls; nous la devons aux générations futures.  Nous devons sauvegarder les biens essentiels: l'eau, l'air, les sols, les océans, les êtres vivants et les grands équilibres nécessaires à cette vie.

2) Chaque être humain doit avoir la possibilité de disposer de l'essentiel et d'avoir une vie digne, le respect, l'équité et la solidarité entre les hommes et entre les société, le respect de la nature.

3) Les individus, les entreprises, les États, les organismes internationaux ont à assumer leurs responsabilités dans la construction d'une harmonie des sociétés et des hommes entre eux et avec leur milieu; ils doivent le faire à la mesure de leur richesse et de leur pouvoir.  Les peuples sont co-responsable du destin de l'humanité.

4) Nous devons apprendre à refréner notre cupidité.  Les plus riches, ceux qui sont pris dans le tourbillon du gaspillage, ont à réformer leur mode de vie, modérer leur consommation, apprendre la simplicité.

5)  La diversité des cultures, comme celles des êtres vivants, est un bien commun qu'il est du devoir de tous les hommes de préserver.  La diversité des civilisations est la meilleure garantie de la capacité de l'humanité à inventer des réponses adaptées à l'infinie diversités des situations, des défis et des milieux.  Les ressources de la planète doivent être protégées, dans le respect des communautés.

6)  Nous devons apprendre à nous considérer et à considérer tous les êtres humains comme des membres à part entière de l'immense communauté humaine.

Ces quelques avenues peuvent être bien limités et dispersés par rapport aux défis majeures qui entraînent la planète aujourd'hui.  Ce qui prédomine actuellement, c'est un profond sentiment d'impuissance.  Chaque société, prise isolément, semble paralysée devant l'ampleur des transformations à entreprendre.  Chacun, individu, entreprise ou État sait qu'il faut agir, mais se résigne à ne rien faire, attendant que les autres commencent ou que les décisions soient prises... ailleurs.

Des priorités particulières se font jour dans chaque région du monde.  Les pays les plus riches sont principalement confrontés à de nouvelles formes d'exclusion et à la nécessité de revoir en profondeur leur mode de vie. 

Les nouveaux pays industrialisés se signalent par une exploitation forcenée des hommes et des milieux.

Les pays les plus pauvres,  ils sont de plus en plus nombreux,  ont des difficultés à maîtriser la croissance de la population, à endiguer l'extrême pauvreté, à sauvegarder les eaux et les sols, à développer des moyens scientifiques et technologiques réellement enracinés dans leur culture et adaptés à leurs situations.

Nous ne devons pas être timides.  Nous avons un devoir d'audace.  Il nous faut, parmi les différents futurs possibles, tracer sur la base de nos valeurs communes, l'esquisse d'un futur souhaitable; puis concevoir un ensemble cohérent d'actions qui répondent aux urgences d'aujourd'hui et soient à l'échelle des défis de demain.

Au niveau des individus, des citoyens et des consommateurs, commençons par nous, l'éducation, l'information, la prise de conscience doivent contribuer à faire évoluer les systèmes de valeurs et les comportements, avec des effets aussi bien au plan local, qu'aux plans régional et mondial.

Alors nos petits-petits-enfants à l'horizon de 22e siècle pourront espérer un nouvel équilibre entre les hommes et la planète tant au niveau des modes de vie que des marchés de production.    Souhaitons le nous.  (B.F. - Correctement incorrect - La Nouvelle Revue - Le 10 juillet 2002)