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Analyse sociale et politique
   Accueil            10.04.2013 - Tout dépend de la paire de lunettes que nous portons

Tout dépend de la paire de lunettes que nous portons.

Stephen Harper déplore le décès d’une géante en parlant de la mort de Margaret Thatcher, il ne faut pas se surprendre.  S’il n’était pas mort, Ronald Reagan aurait fait un semblable éloge, tout comme Georges W. a sûrement versé quelques larmes dans le fin fond de son Texas natal. 

Tous ces ténors morts ou vivants forment la grande confrérie des promoteurs d’un libéralisme intransigeant et sauvage.  C’est évident que toutes ces personnes mortes ou vivantes laissent un héritage un de ces jours.  Héritages que leurs successeurs mettront des années à réaligner pour répondre aux besoins des populations.

Ce joyeux quatuor a dirigé leurs pays en se mettant au service de la libre entreprise, en privatisant des services publics et en imposant le credo de la droite : faire plus avec moins, travailler plus pour gagner moins, le privé est plus efficace que le public.  Ce qui  fait en sorte que les écarts de la richesse entre les nantis et les pauvres n’ont cessé de s’agrandir. Les statistiques le démontrent.

Si nous regardons les dix pays les plus endettés de la planète, force est de constater que ces jolis fiascos ont été commis par une gouvernance conservatrice s’inspirant de l’idéologie prônée par les Thatcher, Reagan et compagnie.  Qui plus est, l’Angleterre et les USA ont sauvé du désastre quelques institutions financières et bancaires délinquantes en y investissant des milliards de dollars de notre argent.

L’Islande, l’Irlande, la Grèce qui sont en faillite ainsi que des pays comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la France qui sont dans l’antichambre d’une faillite quelconque le doive en très grande partie au modèle des Thatcher et Reagan.  Alors, affirmer que le décès de Margaret Thatcher, c’est la disparition d’une géante, comme le fait notre “Canadian Prime minister“, c’est prendre les enfants du bon dieu pour des canards de bois“.  Pour lui c’est sûrement triste, il ne faut pas en douter.  Il perd son alter ego, son inspiration.  En quelques jours, il a perdu ses repères : Raph Klein et Margaret trépassés,  il se sent orphelin.  Il devra trouver son inspiration ailleurs.

Même l’Institut économique de Montréal qu’on ne peut pas taxer d’être le repère des gauchistes affirme que la gauche n’est pas plus dépensière que la droite : un autre épouvantail qui ne tient plus la route.  Un autre cliché qui se dégonfle.  Rappelons-nous que la dette du Canada s’établissait à plus ou moins 481 milliards de dollars en 2006.  Sept ans de gouvernance conservatrice l’a propulsée à plus de 630 milliards de dollars.  Et qui va payer pour ces gâchis ?  Ne cherchez pas, c’est vous et moi.  C’est une réalité universelle.  C’est pour notre bien, répètent les grands idéologues de ces gâchis et nous les croyons. 

Ils combattent le marxisme, peut-être avec raison.  Ils s’amusent à dénigrer le socialisme.  Ils égratignent au passage la sociale démocratie.  Mais ils ne font que raboudiner un libéralisme tout en cultivant les écarts de la richesse, toujours pour notre bien.  Pour eux  Thatcher, Reagan, Bush sont des icônes. Stephen  Harper, et naguère Nicolas Sarkozy, sont leurs idoles de la bonne gouvernance.

Tout ce beau monde privilégie la libre circulation des capitaux ; le nivellement pas le bas des salaires et des droits ;  la suppression des services publics ;  la suprématie absolue de l’économie et des profits exorbitants au détriment de l’ensemble.  Et ça dure depuis la nuit des temps ; au Moyen-Âge nous appelions ça des serfs.  Les ethnologues nous le disent régulièrement, l’histoire se répète.   Margaret Thatcher, une géante ?   Ça dépend de la paire de lunettes que nous portons. (B.F. – Le 10 avril 2013/La Voix de l'Est - Le 11 avril 2013))