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   Accueil            10.02.2015 - Canada, pays bilingue: toujours une fiction

Canada, pays bilingue : toujours une fiction

Un Canada pays bilingue est la  légende la mieux entretenue dans “le plusss meilleur pays du monde“.  Canada pays bilingue mais où son ministre des Affaires Étrangères est un pur unilingue anglophone et où son homologue américain, John Kerry s’exprime dans un excellent français : cherchez l’erreur ?  Canada pays bilingue, pour la publicité internationale et les livres d’Histoire.

Canada pays unilingue anglophone, telle est plutôt la réalité de ce pays découvert par Jacques Cartier en 1534. Qu’il y ait encore aujourd’hui près de huit millions de francophones dans ce pays unilingue anglophone relève de la volonté politique du Québec province francophone, de ce pays unilingue anglophone, conquise par les armes en 1760.

Canada pays bilingue à l’ouest de la Rivière des Outaouais est une grande supercherie entretenue pas les anglophones de Moose Jaw en  Saskatchewan, de Red Deer en Alberta, et même de Beaconsfield au Québec. 

Canada pays bilingue  où la plupart de ses ministres baragouinent la langue de Molière.  Canada pays bilingue où la plupart des premiers ministres des provinces se torturent les mâchoires  pour se faire accroire qu’ils sont bilingues.  Canada pays bilingue où les “Redneck Canadian“ ont fait une crise d’apoplexie parce que Pauline Marois, première ministre du Québec et Louise Harel, candidate à la mairie de Montréal éprouvaient des difficultés à s’exprimer en anglais.  Canada pays bilingue où les grands médias anglophones s’adonnent allègrement au “Quebec Bashing“. Canada pays bilingue où une ancienne Ministre responsable de la Francophonie avait nommé un anglophone unilingue comme responsable du dossier. Canada pays bilingue où le caricatural Don Cherry continue à sévir à tous les samedis au Hockey Night de la CBC :  on ne compte plus ses inepties : il est  considéré comme un emblème canadien par les canadians du pays.  Il se fait plaisir à tenir des propos racistes envers d'autres nationalités, notamment les Russes et les Européens en général.  En 1998, lors des Jeux olympiques de Nagano, il a déploré le fait qu'un Québécois soit le porte-drapeau canadien.

Hugh MacLennan  écrivain, professeur et journaliste québécois de langue anglaise, né à Glace Bay, Nouvelle-Écosse, le 20 mars 1907  et décédé le 7 novembre 1990  a bien décrit la réalité. Après des études aux universités Dalhousie, Oxford et Princeton, il s'installe à Montréal où il enseigne la littérature anglaise au Lower Canada College et à l'Université McGill.

Hugh MacLennan a vu nombre de ses romans traduits en quatorze langues, dont le français. Son roman intitulé Two Solitudes a de plus été porté à l'écran. Le titre décrit les relations conflictuelles entre anglophones et francophones du Québec, est passé dans la langue courante au Canada anglais pour décrire les tensions qui subsistent toujours aujourd'hui entre les deux principales communautés linguistiques qui composent le Canada et qui selon la loi en fait un pays bilingue, en autant que vous habitez le  Québec, l’Acadie ou quelques villages, ailleurs au milieu de nulle part.

Pour simplifier la réalité, le Canada propose deux histoires.  Deux visions de notre passé, deux interprétations des éléments historiques.   Cette ambivalence crée ce que MacLennan définit comme deux solitudes.  Les héros de l’un, ne sont pas les héros de l’autre.  Les vedettes au Québec, ne sont pas les vedettes du Canada.

Pour les Québécois, la France demeure une référence.  Pour les Canadians, l’Angleterre est la mère patrie et la souveraine très britannique Élisabeth II est la cheffe d’État d’un Canada indépendant : cherchez l’erreur.

Le général De Gaulle a déjà affirmé en parlant de la France : Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ?

Il a aussi dit le 24 juillet 1967 Vive le Québec Libre ; déclenchant une grave crise politique entre le Canada et la France.

Une statue de Charles de Gaulle a été inaugurée à Québec en juillet 1997 à l’occasion du trentième anniversaire de son voyage au Québec. On peut lire sur son socle :  Charles de Gaulle (1890-1970) Président de la République française de 1958 à 1969.  
On assiste ici à l’avènement d’un peuple qui dans tous les domaines veut disposer de lui-même et prendre en main ses destinées.  

Après avoir été découvert par la France, conquis par les armes par l’Angleterre, le Canada prend maintenant ses ordres à Washington.  Nous pouvons nous consoler en nous disant que le Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères des USA est parfaitement bilingue contrairement au nouveau ministre des Affaires étrangères du Canada, Rob Nicholson, un parfait unilingue anglophone.   

God save the Queen.  Mais au moins, Sa Majesté parle très bien le français. (B. F. - Le 10 février 2015)

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