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10.02.2010 - Deux mots devenus deux maux

Gouvernance et éthique, deux mots au fil des années qui sont devenus au Canada et au Québec deux maux. 

Au Canada nous avons un premier ministre qui s’est transformé en ayatollah  de la pensée voulant nous imposer SA définition du bien et du mal.  Pour lui, le concept de gouvernance se rapproche de plus en plus du mot autocratie.

Au Québec nous avons un premier ministre pour qui la définition du mot éthique se confond de plus en plus à celle du mot élastique.

Pour le premier, c’est la mise en lock-out du Parlement et des nominations on ne peut plus partisanes.  Pour le deuxième, c’est une dilution  homéopathique de la notion de moralité et de conflit d’intérêts qui entachent  le rôle de député et de ministre.

La grippe A H1N1, le séisme haïtien et la démission de Bob Gainey nous ont éloigné de notre routine habituelle.  Les médias retrouvent doucement leurs vieilles pantoufles et nous ramènent notre feuilleton quotidien des écarts de conduite de nos deux premiers ministres et de leurs gouvernements. 

Après le lock-out au Journal de Montréal  décrété par PKP qui dure depuis plus d’un an, le lock-out du Parlement canadien décidé par Stephen Harper s’inscrit aussi comme la démonstration d’un pouvoir absolu d’un individu.  

Notre premier ministre québécois est fort occupé à gérer et à dissiper les conflits d’intérêts apparents ou présumés sévissant dans son cabinet des ministres et dans son caucus des députés ainsi qu’à se dépêtrer avec le dossier noir de la construction, il s’est transformé dernièrement en vendeur de commerce en Inde faisant le promotion de l’amiante, tout en connaissant les effets néfastes occasionnés par ce produit.  Rappelons que ce produit est interdit de vente et d’installation au Québec parce que trop dangereux.  Que cela ne tienne, en Inde ce n’est pas encore interdit.  Ça ressemble à un certain Amherst qui distribua sciemment des couvertures contaminées aux amérindiens.

Ce qui fait en sorte globalement que nous avons un premier ministre canadien qui souhaite se voir sacré empereur  comme son ami Nicolas et un premier ministre québécois qui se voit en commis voyageur sillonnant le vaste monde.  Par contre nos deux premiers ministres ont un point un commun, ils ont une propension à fuir la réalité quotidienne et à ne pas faire ce qu’ils ont à faire, c’est-à-dire, exercer  l'autorité économique, politique et administrative en vue de gérer les affaires d'un pays ou d’une province et d’assurer la primauté du droit.  Cette responsabilité étant caractérisée par la participation, la transparence et la responsabilité, auxquelles se rajoutent l'efficacité et l'équité.  C’est la définition que nous pourrions faire de GOUVERNANCE.  Tout en définissant et appliquant un ensemble de principes de bonne conduite indiquant comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure.  C’est ce que nous appelons ÉTHIQUE. 

Serait-ce trop leur demander ?  Peuvent-ils assumer ces responsabilités ?  Effeuillons la marguerite !

Les Canada, le Québec ont des choix importants à faire dans les prochains mois.  Il sera important que nous ayons à la tête de ces deux ensembles des responsables qui peuvent clairement définir les voies de l’avenir, si difficiles soient-elles.  Mais leurs actions passées peuvent en laisser plus d’un songeur et inquiet. 

Et le Canadien de Montréal qui risque de ne pas se qualifier pour les séries éliminatoires.   Un sombre printemps à l’horizon.  (B.F. – Le 10 février 2010/La Voix de l’Est – Le 12 février 2010)