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Analyse sociale et politique
   Accueil            1.11.2012 - J'ai mal aux “p'tits vieux“

J’ai mal aux “p’tits vieux“

À peine Madame Marois avait-elle terminé son discours inaugural que  les partis de l’Opposition criaient haut et fort leur indignation.  Pourquoi ?  Dieu le sait et le Diable s’en doute.  Toujours est-il qu’ils menacent de voter contre ce discours. C’est la façon de faire. Ils n’ont rien compris ou ne veulent rien comprendre.  Les deux options s’additionnent.

Face à un tel dilemme, la seule voix est de retourner en élections.  Je sais… ça coûte cher, la population n’en veut pas. 

Mais cette même population a permis  cette situation par son indécision le 4 septembre dernier.  Cette même population veut du changement, mais en autant que rien ne change. Cette même population crie son indignation face une corruption établie en système mais semble s‘en accommoder.  Cette même population souhaite une meilleure redistribution de la richesse mais en autant que l’on ne touche pas à leurs poches. Cette même population veut un Québec plus vert et écologiquement responsable mais est une des plus grandes dévoreuses d’énergie de la planète.  Cette même population veut tous les systèmes à la mode du jour, sans payer plus.  Cette même population veut des acteurs politiques au-dessus de tous soupçons, mais applaudit les magouilleurs de notre système.  Rien de nouveau sous le soleil. 

Cette même population, comme le dit le dicton, veut le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière. Nous sommes rendus au point de rupture. Il y a deux alternatives :  nous nous enfonçons dans une  spirale  à la Harper valorisant une économie qui nous rattrapera dans quelques années ou nous planifions notre développement à long terme.  C’est le “here and now“ si cher à notre droite bien pensante ou comment vivrons-nous dans dix, vingt ans dans leur monde en plein délire. 

À écouter certains ténors de notre chère droite bien pensante, notre survie repose sur un développement sans borne.  Le Grand Nord, les gaz de schiste, le pétrole de l’Île d’Anticosti, les grands travaux, le nucléaire, entre autres,  semblent être pour eux  les clés de l’avenir. 

Le Québec depuis plus de cinquante ans a rattrapé un retard planifié religieusement par cette même droite,  héritage des Taschereau et Duplessis que nos parents et grands-parents ont bien connu.   Le Québec depuis cinquante ans s’est inscrit grâce aux Lesage et Lévesque dans les sociétés modernes.  À écouter une certaine frange nostalgique de cette même population, un retour de la Grande Noirceur ne leur déplairait pas.

Au printemps dernier, une partie importante de la population a fait savoir son ras le bol.  Des casseroles ont retenti, et ça dépassait la simple classe étudiante.  Le 4 septembre dernier, le système a fait en sorte de maquiller toutes ces exaspérations : une réponse très peu satisfaisante pour trop de québécois.  La réponse n’est pas de savoir si c’est Madame Marois, Monsieur Legault, ou Monsieur “X“ du Parti Libéral qui aura le privilège de NOUS gouverner.  Mai, c’est bien plus de savoir dans quelle société voulons-nous continuer de respirer.   Dans ce sens, une nouvelle classe politique  doit émerger pour construire le Québec de demain.

Dans les années 1960, la Révolution Tranquille a vu naître un tel renouveau.  Se pourrait-il que demain ou après-demain un tel renouveau voit le jour pour nous amener vers une Évolution Tranquille. 

Beaucoup de “p’tits vieux“ ont décrié la jeunesse qui a manifesté au printemps dernier.  Mais ces mêmes “p’tits vieux“ oublient que ce sont eux qui les ont mis au monde. Cette jeunesse contestataire est notre classe dirigeante de demain : ainsi va l’horloge humaine. N’oublions pas qu’Aristote jugeait la jeunesse de son temps comme irresponsable, gâtée et irréfléchie, comme les “p’tits vieux“ d’aujourd’hui pouvaient l’être dans les années 1960.  (B.F. – Le 1er novembre 2012/LaVoix de l'Est - Le 2 novembre 2012)

 

 

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