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Analyse sociale et politique
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1.08.2010 - Le politicien, le “politicailleur“, l’engagement politique : des éléments à ne pas confondre

Le désintéressement  grandissant des citoyens à la chose politique prend son origine dans ce que sont devenus beaucoup trop de nos politiciens actuels.  Ils figurent parmi les principaux fossoyeurs du désengagement politique des populations.

Beaucoup de promesses, beaucoup de comités d’étude, beaucoup de commissions d’enquête, beaucoup de lois, beaucoup de décrets qui ne sont pas suivis d’engagements réels pour le développement du mieux-être des populations. 

Pour plusieurs, que nous ne nommerons pas, ils restent prisonniers d’une conception du pouvoir aux services de leurs intérêts personnels ou ils deviennent les valets d’une puissance financière ou idéologique occulte.  C’est le pouvoir pour le pouvoir, le pouvoir pour leur gloire personnelle, le pouvoir pour la promotion de “p’tits z’amis“.  Ce qui fait en sorte que le citoyen ne se sent plus concerné par la chose politique.  Ces “politicailleurs“ de carrière ont oublié ou ne veulent plus se souvenir que le pouvoir qui leur est confié par la population n’a de sens et de raison d’être qu’en fonction de servir le bien commun et les intérêts collectifs et non pas de servir leurs propres intérêts personnels.  Ils ont oublié le mandat, que nous leur avons donné, d’établir une gestion ordonnée de la société.

Par contre, l’engagement ou l’action politique est d’agir avec patience et d’une façon continue pour améliorer le mieux-être d’une population.  C’est établir une vision dynamique de l’avenir dont les effets seront bénéfiques à TOUTE la collectivité.  C’est regarder ce qui s’est fait hier, de mettre en branle aujourd’hui des actions qui feront  que demain soit plus harmonieux.  Aujourd’hui, nous sommes plus à l’étape de détruire ce qui a été fait hier en promettant, encore une fois, des mirages qui créeront à la longue un désengagement plus grand des citoyens. 

Ce désengagement des citoyens fait en sorte de laisser la place à de multiples groupuscules, lobbies ou groupes de pression dont les actions sont basées sur  la satisfaction de leurs besoins personnels et immédiats qui sont aux antipodes du bien commun et des collectivités, quoique disent les ténors auto-proclamés  de ces regroupements disparates.

Le désengagement politique du citoyen crée un vide rapidement comblé par ces “politicailleurs“ et ces groupuscules hétéroclites qui profitent de l’inaction du citoyen pour servir leurs propres intérêts.  C’est le phénomène de la saucisse, vous vous souvenez ?  Le désengagement crée le vide, le vide crée le désengagement…

Le politicien n’a plus la cote.  Le taux de participation aux divers rendez-vous électoraux en est la démonstration évidente, c’est vrai ici et ailleurs.  Il ne faut pas attendre de solutions du politicien, il acceptera très difficilement que nous délimitions son terrain de jeu.  Vous, moi et le citoyen  ordinaire que nous sommes, nous devrons lui imposer une nouvelle façon de faire.  Nous devons l’interpeller et l’obliger à nous rendre des comptes dans la transparence et la proximité. 

Il est vrai que la société de consommation dans laquelle nous vivons nous éloigne de l’effort de débattre et de réfléchir et que nous préférons notre confort. C’est par un réengagement politique que nous pouvons  modifier le cours des événements :  c’est la participation des citoyens, à tous les niveaux, qui assurera le développement des collectivités.  

Rappelons-nous simplement que sur deux cents pays reconnus, à peine 33% d’entre eux vivent dans un régime où la liberté d’expression est encore tolérée.  (B.F. – Le 1er août 2010/La Voix de l’Est – Le 2 août 2010)