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Analyse sociale et politique
   Accueil            1.07.2012 - En panne d'essence

En panne d’essence

Leurs réservoirs sont vides.  Ils ne savent plus comment restaurer leur crédibilité  avec une population qui les a déserté au fil des années et qui ne se retrouve plus à écouter leurs incantations.  Le premier se fait producteur de cinéma en mettant des casseroles à l’affiche.  L’autre consulte un ancien metteur en scène dont la carrière a sombré dans un lac du Parc de la Gatineau et l’actuel producteur des casseroles.  C’est vous dire à quel point il est en panne sèche.

Tous les deux tentent de nous “émotionner“.  Notre producteur de casseroles se met en vedette dans une publicité maison  où il vante  ses capacités à construire le Québec de demain.  L’autre  s’imagine retrouver notre sympathie en s’invitant, lui et sa troupe,  dans un village pour souligner la Fête Nationale du Québec. 

Ces mises en scène occupent les professionnels de l’information, c’est leur métier de couvrir l’actualité.  Mais pour le commun des mortels, ces mises en scène peuvent-elles l’amadouer ?  Pour celui qui festoie le 24 juin au Québec, il est évident que nous devrons endurer encore ses “amourettes passagères“ pour au moins trois ans.  Ainsi en ont voulu les électeurs du reste du Canada. 

Pour notre producteur de vidéos maisons, la population devrait statuer sur son sort dans les prochains mois, voire les prochaines semaines.  Il a déjà commencé son démarchage et son racolage pour obtenir un quatrième mandat pour la poursuite de son œuvre.  Et la population québécoise pourrait succomber  à ses entourloupettes, c’est  un scénario possible, mais non souhaitable pour l’avenir du Québec.

À travers certains slogans qui ont marqué la vie politique du Québec, nous pouvons retrouver une vision dynamique.  “C’est le temps que ça change“ de 1960, Maîtres chez nous“ de 1962, “On a besoin d’un vrai gouvernement“ et “À partir d’aujourd’hui, demain nous appartient“ de 1976 ont été des mots clés dans le développement du Québec.  Ces slogans ont pavé la voie à l’édification du Québec moderne. Ces slogans reposaient sur des programmes qui proposaient  des chantiers ambitieux pour notre avenir. 

Pouvons-nous en dire autant des derniers slogans que nous a concocté notre producteur de casseroles ?  Les “Nous sommes prêts“ et “Les deux mains sur le volant“ nous ont amené ailleurs au milieu de nulle part.  Nous pourrions conclure comme le fait Xavier Dolan, dans sa lettre parue le 28 juin dernier dans Le Devoir : Et le drame réel de ce brûlot (la publicité du Parti Libéral montrant Pauline Marois) n’est pas que l’équipe de Jean Charest manipule le peuple avec une constance éhontée; mais plutôt qu’une partie encore trop importante de ce peuple puisse y souscrire avec une aveugle assiduité.“

Une majorité de Québécois  n’ont pas de souvenirs de La Grande Noirceur qui a marqué le développement du Québec après la Seconde Guerre. L’époque où les forces conservatrices décrétaient les voies à suivre : “un État doit d'abord et avant tout maintenir l'ordre; l'État doit favoriser les grandes entreprises qui vont fournir du travail aux Québécois; il faut réprimer les mouvements syndicaux ; les deux autorités civile et religieuse doivent être également respectées parce qu'elles viennent de Dieu... Il ne peut y avoir d'ordre nouveau. L'ordre nouveau est un leurre. Les vérités éternelles ne changent pas. Ne vous laissez pas atteindre par la tuberculose et le cancer de la pensée... la province a besoin de stabilité économique, sociale et nationale“. 

Réentendrons-nous ces paroles de Maurice Duplessis qui datent  du 14 avril 1949 ?  Serions-nous à l’aube d’un  recul de l’Histoire ?  Le Québec et le Canada ne sont-ils pas dirigés actuellement par des conservateurs pure laine ?  (B.F. – Le 1er juillet 2012/La Voix de l'Est - Le 3 juillet 2012)