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1.06.2010 - Tabou comme Israël 

Vous vous souvenez il n’y a pas si longtemps, notre ineffable George W. se plaisait à identifier des états voyous.  Pour lui, l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord ne respectaient nullement les lois internationales, ne se conformaient pas aux résolutions de l’O.N.U., étaient à l’origine d’attentats et bafouaient les droits de la personne.  Toujours selon W., ces pays représentaient l’axe du Mal.

Mais en même temps, il ne se gênait pas à faire des yeux doux à l’Arabie Saoudite, au Pakistan, à la Libye, au Myanmar, au Zimbabwe, au Soudan ou à la Biélorussie, entre autres, qui ne sont pas à proprement parlé des pays de l’amour fraternel.

George W. Bush est disparu des radars de la politique internationale depuis plus de 18 mois. Mais au Canada, comme le diraient nos amis français, nous sommes “scotchés“ à son “clone“ : nous avons Stephen Harper qui perpétue l’évangile édicté par son maître à penser qu’est George W. 

Les derniers événements opposant une flotille se dirigeant vers la Bande de Gaza à un commando israélien ainsi que la récente visite du premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahou, au Canada illustrent l’obstination de notre premier ministre “canadian“  à défendre l’indéfendable.  Encore une fois la nuance ne fait pas partie de son idéologie : “Il n’est pas désolé que l’État d’Israël ait tué ou blessé quelques douzaines de personnes sans aucune justification,... il est désolé que cela porte ombrage à la visite de leur premier ministre“.  À  peu près tout ce qui respire comme chefs d’état, présidents démocratiquement élus, ou représentants d’organismes internationaux ont déploré et condamné cette attaque israélienne,  mais notre bon monsieur Harper se peinture dans le coin d’Israël.

Depuis le 29 novembre 1947, au moins 100 résolutions de l’O.N.U. ont été adoptées à l’encontre de l’état hébreu et la très grande majorité ont été ignorées par les gouvernements d’Israël. À titre de rappel historique, soulignons l’une des premières résolutions qui se lisait comme suit : “la Palestine est divisée en deux États indépendants, l’un arabe, l’autre juif, et Jérusalem est placée sous administration des Nations unies“. 

63 ans plus tard,  nous sommes encore très loin de la coupe aux lèvres. Depuis nous sommes régulièrement interpellés par le conflit israélo-palestinien. Il dure à n'en plus finir.  D'une façon générale, c'est aussi un sujet TABOU.  Il est toujours malvenu de critiquer la position d'Israël.  Dès que vous élevez la voix contre leur riposte, leur guerre, leur envahissement, leur bouclage ou leur attaque en mer, vous serez fort probablement  accusé d'anti-sémitisme et de promouvoir la violence et le terrorisme.  C'est leur discours dominant.

Le peuple juif a vécu des traumatismes tout comme les peuples du Cambodge, du Rwanda, du Timor, du Darfour.  D’autres pays ont vécu des événements pas plus glorieux, que l’on pense à l’apartheid en Afrique du Sud, à la ségrégation raciale aux États-Unis, aux famines dans de nombreux pays africains et à toutes les guerres civiles qui meublent l’Histoire de l’humanité, la plupart ont trouvé un dénouement. 

Mais appuyer ses revendications sur  les écrits bibliques et à savoir qui de Mahomet, Yahvé ou du Christ aura préséance, c’est se confronter à la quadrature du cercle ; en plus, si on ajoute la notion de peuple élu de dieu, ça fait qu’on est pas sorti de l’auberge. 

Une preuve de plus que la religion et la politique ne font pas bon ménage.  Doit-on revoir la liste des états voyous ?  (B.F. – Le 1er juin 2010/La Voix de l’Est – Le 4 juin 2010)