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Analyse sociale et politique
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1.05.2009 - Connaissez-vous Rafael Correa ?

Probablement pas.  Ce n’est pas un ancien joueur “latino“ des Expos de Montréal, ni un prochain concurrent pour Loft Story ou Star Académie.  Il est tout simplement le président de son pays depuis  janvier 2007 : l’Équateur. Il a été réélu le 25 avril dernier pour un mandat de quatre ans.  Il n’a pas la dimension médiatique d’un  Barack Obama, l’Équateur n’est pas les USA.  Après l’élection d’Obama en novembre 2008, la réélection de Rafael Correa représente une addition rafraîchissante dans la gouvernance des états démocratiques.  Il apporte un renouvellement à une classe politique trop souvent imbue d’elle-même, affichant un “me, myself and I“ au service des mieux nantis.

Rafael Correa, contrairement à la très grande majorité de nos dirigeants politiques a un préjugé qui guide son engagement politique : il a un préjugé favorable pour les pauvres et les démunis.  En deux ans, il a amélioré  le mieux-être des Équatoriens d’une façon significative, ce que tous les Harper, Sarkozy et Berlusconi de ce monde n’ont pas réussi à faire pour les populations de leur pays respectif. Ce jeune président  a ainsi relevé le salaire minimum et les retraites, réhabilité les écoles et les hôpitaux, financé la gratuité des repas dans les cantines scolaires, promu des programmes de logement social. Il prône pour l'Équateur une révolution citoyenne pacifique dans un cadre démocratique.

Ce jeune président formé à  l’Université catholique de Louvain en Belgique et détenteur d’un doctorat en économie de l’Université de l’Illinois aux USA  se définit comme  un  humaniste, chrétien, de gauche. Humaniste, parce que pour lui, la politique et l’économie sont au service de l’homme. chrétien parce qu’il se nourrit de la doctrine sociale de l’église. de gauche, parce qu’il croit en l’équité, la justice et la suprématie du travail sur le capital : sa formule, faire de l'être humain le but suprême du système économique.  C’est à mille lieues du prêchi-prêcha redondant  des chantres du néo-libéralisme qui hantent nos médias.

La constitution de l’Équateur est d’inspiration socialiste, ce qui fait en sorte que nos tartuffes  du modèle capitaliste ont rapidement dénoncé d’éventuelles accointances avec Hugo Chavez du Venezuela pour miner la crédibilité du nouveau président.  Ce sont ces mêmes tartuffes qui en sourdine accusent Barack Obama de mener une politique socialisante aux USA ; en dehors de l’étroit corridor du capitalisme, point de salut. Mais le malheur pour ces porte-à-faux, c’est que ce jeune président à travers sa formation et sa carrière de professeur n’a jamais été hostile à l’économie de marché et que son idéologie se rapproche beaucoup plus de celle du président Lula du Brésil que d’une doctrine populiste et revancharde. 

Il est évident que la réussite de l’approche Correa ébranle les colonnes du temple capitaliste et nous pouvons être assurés que les ténors du néo-libéralisme ne se gêneront pas pour semer un nombre incalculable d’embûches sur la démarche valorisée par le président de l’Équateur.  N’a-t-on pas assassiné Salvador Allende au Chili qui avait entamé un cheminement similaire au début des années 1970 ?

Dans un élan de grande naïveté, ne serait-il pas possible de rêver à une réflexion planétaire qui aboutirait à une plus grande justice sociale, une meilleure redistribution des richesses, une meilleure utilisation des ressources naturelles et la protection des souverainetés nationales ? 

Mais pour y arriver, il faudrait une dose de volonté politique, inexistante dans les actions des Harper, Sarkozy, Berlusconi de ce monde.   Il ne nous reste plus qu’à espérer que les Obama, Correa  et d’autres à venir puissent renverser la vapeur.  C’est le souhait que nous nous faisons.  (B.F. – Le 1er mai 2009/La Voix de l’Est – Le 7 mai 2009)