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Analyse sociale et politique
   Accueil            09.04.2014 - Le Québec, encore une colonie ?

Le Québec, encore une colonie ?

La Nouvelle-France, le Québec d’aujourd’hui, territoire découvert en 1534, a été une colonie française durant 226 ans.  Cette colonie a été conquise par le armes en 1760 et durant 107 ans, The Province of Quebec a été une colonie britannique.  Et depuis 1867, le Québec est une colonie canadienne et toujours The Province of Quebec.

Au début des années 1960, Jean Lesage a converti les Canadiens-français du temps en Québécois et il a introduit la notion de l’État du Québec.  Depuis ses successeurs, essentiellement libéraux, ont tout fait pour rapetisser ces deux éléments.  Ce n’est pas Flip-Flop Couillard, maintenant qu’il est le Premier ministre de la colonie,  qui va renverser la tendance.  Il tient à ses Montagnes Rocheuses, à sa Reine et même à son Canada.

Qui plus est, la population du Québec se complaît bien dans ce statut de colonisé, entrenue par une  puissance étrangère qui s’implante d’une façon insidueuse tissant des liens politiques et économiques de plus en plus étroits.  Le Québec,  une province comme les autres est le souhait de notre conquérant et, tout compte fait, de beaucoup de Québécois.  Pourquoi vouloir changer les choses qui durent depuis  deux-cent-cinquante-quatre ans ?  L’élection du 7 avril dernier ne fait que confirmer la crainte de devenir un pays.  Albert Einstein a déjà dit: Que nous aurons le destin que nous aurons mérité.

Depuis sa création en 1945, l’Organisation des Nations Unies a accueilli parmi ses membres plus de 80 nouvelles nations qui se sont affranchies de la domination coloniale, qui sont devenues des États souverains et indépendants.

Depuis le début de l’an 2000, entre autres ; le Tuvalu, le Timor-Leste, le Monténégro, le Soudan du Sud sont devenus des membres de l’ONU.  À écouter et à entendre nos Bonhommes 7Heures fédéralistes, le Québec court à sa perte en voulant se déclarer un pays indépendant.

Rappelons qu’un Québec indépendant, selon les données de janvier 2012 de l’Institut de la statistique du Québec, serait: au 17e rang pour la superficie de son territoire (1,667,926 km carrés) ; au 94e rang au chapitre de la population (plus de 8 millions) ; en 49e place pour le produit intérieur brut total; en 27e position pour le produit intérieur brut par habitant; au 44e  rang comme exportateur de biens et services sur les marchés internationaux.  Ce court portrait est loin de la catastrophe effrayante évoquant la fin du monde d’un Québec indépendant colportée par les tenants du fédéralisme à la canadian.  Pour nos épouventails à moineaux, les Québécois sont et devraient toujours être des porteurs d’eau voués à un avenir peu reluisant et ils ont un intérêt à entretenir cette dépendance servile.  Ce qui fait que trop de Québécois adoptent une attitude de résignation,  acceptent leur condition modeste, se voient confronter à un destin sans horizon.  Louis Hémon, dans son roman Maria Chapdelaine rédigé en 1913, décrit assez bien comment il voyait les Canadiens-français du temps: un peuple né pour un petit pain.  Louis Hémon confirmait avant le temps la pensée d’Einstein.

Ce roman, écrit il y a plus de cent ans,  est encore gravé dans l’imaginaire populaire et nos politicailleurs fédéralistes n’hésitent jamais à nous le servir à la mode du jour.  C’est sans parler les épisodes de Québec bashing que l’on retrouve régulièrement dans les quotidiens torontois et de l’Ouest canadien. 

Lorsque l’on entend les félicitations qui fusent du reste du Canada suite à l’élection de Philippe Couillard et que les Harper et Trudeau se réjouissent du prétendu attachement des Québécois pour le Canada, nous pouvons commencer à craindre pour NOS prochains lendemains. Encore une fois, le Québec sera ramené au statut The Province of Quebec. 

La colonie québécoise, selon notre Canadian Prime minister, fêtera en 2017, le 150e anniversaire de son rattachement obligé et sans consultation populaire au Canada.

C’est à demander pourquoi en 2010, le Canada n’a pas souligné dignement le 250e anniversaire de la Conquête armée de 1760 ?  C’est une date pas mal plus importante dans notre histoire que la guerre de 1812 alors que nous étions encore une simple colonie britannique.  Il ne faudrait pas oublier en 2024, de remercier les révolutionnaires américains qui en 1774 obligèrent la Couronne anglaise à alléger sa domination sur The Province of Quebec pour obtenir l’appui des Canayens dans la guerre pour combattre l’Indépendance américaine.  (B.F. – Le 9 avril 2014)