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Analyse sociale et politique
   Accueil            08.04.2014 - Le moins bon scénario

Le moins bon scénario

Vox populi, Vox Dei, disais-je dans une précédente chronique.  Les électeurs du Québec ont fait un choix: c’est le Parti libéral du Québec et Philippe Couillard qui dirigeront le gouvernement de la colonie pour les quatre prochaines années.  Il faudra s’y faire et respecter le jeu de la démocratie.  Mais nous pouvons aussi nous rappeler l’expression du moine anglais Alcuin: Vox populi, populus stupidus.  Nous avons déjà vécu un pire scénario livré par les urnes, mais celui d’hier est le moins bon scénario pour le devenir du Québec.

Les commentateurs et les journalistes politiques auront  un plaisir fou à nous présenter les actions de ce gouvernement qui est la suite des gouvernements de John James.  C’est sans compter que la Commission Charbonneau nous divulguera des révélations assassines concernant les précédents gouvernements libéraux. 

L’opposition sort affaibli par les résultats de cette élection, il nous faudra s’en remettre au quatrième pouvoir pour nous protéger d’éventuels cafouillages.  La presse et les médias seront le contre-pouvoir de ce gouvernement.  La rue, aussi, pourrait devenir un autre acteur important pour signifier la désapprobation populaire.  Le Parti libéral et Philippe Couillard sont majoritaires, ce sont les résultats mathématiques, mais près de 60% des électeurs ont rejeté ce parti. 

Comme il est souligné par beaucoup d’experts, il serait appropié de revoir le mode de scrutin et d’y introduire une notion de représentation proportionnelle.  Un parti ne peut prétendre représenter le choix populaire avec une minorité de votes.  Les Québécois devront éventuellement s’habituer à des gouvernements de coalition tout comme les Canadiens.

Mais aujourd’hui, nous nous retrouvons avec Stephen Harper à Ottawa et Philippe Couillard à Québec.  Ce tandem risque de nous conduire dans des sentiers nébuleux qui nous fera avancer en arrière, comme le criait les chauffeurs d’autobus d’une autre époque. 

La Coalition Avenir Québec de François Legault a sauvé sa mise.  Il en va tout autrement pour le Parti québécois qui entre dans une période de réflexion, de post-mortem face à ce naufrage, mais il a quatre ans pour se revigorer.  Les belles mères ont déjà commencé à s’agiter. 

Pour éviter des conflits, il serait tout simplement recommandé de revenir à l’acte de naissance de ce parti et de l’adapter à la réalité d’aujourd’hui tout en essayant de se donner un nouvelle personne qui portera le drapeau. 

La marche vers un Québec indépendant vit un autre temps d’arrêt, mais s’imaginer encore une fois qu’elle est moribonde, c’est s’imaginer  une fiction toute fédéraliste. Il faut toujours avoir en tête que la Norvège a mis soixante ans à se séparer de la Suède pour devenir un des pays les plus prospère de la planète.  Alors comme le disait les étudiants de la Sorbonne en 1968: Continuons le combat.

Le tandem Harper-Couillard et éventuellement un tandem Trudeau-Couillard nous fournirons d’autres raisons pour faire le pas définitif.  Il faut du temps pour accomplir un projet important. Nos ancêtres de l’époque médiévale disaient que Rome ne fut pas faite toute en un jour.

Un autre ancêtre lointain, Nicolas Boileau, ne disait-il pas au 17e siècle :Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. Polissez-le sans cesse, et le repolissez. Alors, les résultats d’hier, aussi déprimants soient-ils,  ne sont pas catastrophiques.  Nous vivons un autre intermède, sans plus.

On peut tout nous prendre; nos biens, nos plus belles années, l'ensemble de nos joies, et l'ensemble de nos mérites, jusqu'à notre dernière chemise  il nous restera toujours nos rêves pour réinventer le monde que l'on nous a confisqué.  Nous pouvons ajouter qu’un rêve est une réalité en devenir.

Comme le disait René Lévesque, le soir du 20 mai 1980, nous devons nous dire : Si je vous ai bien compris, à la prochaine fois. (B.F. – Le 8 avril 2014)