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Analyse sociale et politique
   Accueil            08.02.2013 - La folie n'a pas de limites

La folie n’a pas de limites

ENCORE une fois, les médias nous le répètent. Ils ne le disent pas dans ces mots, mais la conclusion est la même : la folie et la bêtise humaines n’ont pas de limites.  Les Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi, en février 2014, coûteront 50 milliards de dollars.  La Russie qui ne peut se vanter d’offrir un niveau de vie décent et exemplaire à sa population gaspillera cette somme pour permettre à plus ou moins 5000 athlètes et à quelques bonzes et notables du mouvement olympique mondial de se faire voir durant quinze jours.  Si nous ajoutons le coût des Jeux Olympiques de Londres à l’été 2012, les démesures olympiques auront coûté plus ou moins 65,5 milliards de dollars.  Qui dit mieux?  C’est sans compter ce que chacun des pays paient pour participer à ce spectacle.

Cette somme de 65,5 milliards de dollars dépensée, pour un mois de festivités au total,  égale à peine le produit national brut (PNB) ou le produit intérieur brut (PIB) ; prenez celui que vous voudrez, des onze pays les plus pauvres de la planète pour UN AN.  Qui dit mieux?  C’est sans oublier le gouffre financier de la Grèce qui n’avait nullement les moyens de présenter les J.O. d’été de 2004 et qui vit présentement aux crochets des autres. Et que dire des J.O. de Montréal de 1976 : des jeux modestes souhaitait le maire de l’époque . 37 ans plus tard,  nous sommes encore aux prises avec son éléphant blanc.  À Vancouver en 2010, la population s’est faite dire que le J.O. coûteraient 1,7 milliards de dollars, la facture finale fut de 7,3 milliards de dollars. Pouvons-nous nous imaginer combien coûteront les prochains Jeux Olympiques à Rio de Janeiro en 2016 et à Pyeongchang en 2018?  “Plus fort, plus haut, plus vite“ disait ce bon vieux Pierre de Frédy de Coubertin.  Nous pourrions sans hésiter compléter sa citation : “PLUS CHER“.

À titre de comparaison, le budget du Québec pour l’année 2013-2014 tourne autour de 70 milliards de dollars. À peine 5 milliards de plus que les deux shows olympiques.

À cette valse des milliards, aux promesses d’une visibilité pour la ville hôtesse, à la participation de la jeunesse, à la promotion de la paix, à la fraternité internationale , aux possibles retombées économiques tant vantés par les promoteurs patentés, pouvons-nous tout simplement poser les questions suivantes. Est-ce que toutes ces dépenses somptuaires en valent vraiment la peine?  Notre planète est-elle en meilleur état après ces orgies milliardaires?  Les populations de Montréal, de Londres, d’Athènes, de Vancouver et toutes les autres sont-elles plus riches aujourd’hui?  Les chinois de Pékin sont-ils plus libres?  Combien de guerre ont été évitées par tous ces rassemblements?  Alors...

En février 2010, Sophie Cousineau et Vincent Brousseau-Pouliot de La Presse posaient les mêmes questions à des experts. 

Leurs réponses sont sans appel. “Les Jeux olympiques  n’ont pas les effets escomptés -  les Jeux ont un impact négligeable sur l’emploi - les Jeux n’ont pas augmenté de façon significative le PIB - les Jeux ne sont pas une bonne affaire pour l'économie du pays hôte“.  Alors…

Pour en revenir au pays de Vladimir, soulignons que le salaire hebdomadaire  moyen se situe à plus ou moins 300$ et qu’un retraité russe doit survivre avec 125$ par mois.  C’est à se demander à quoi a servi de faire la Révolution en 1917 et de chasser le tsar pour le remplacer par ce bon vieux Vladimir? 

Dans cet autre saga olympique, la Russie a perdu sa boussole avec la complicité des responsables du mouvement olympique international qui trônent pompeusement à Lausanne.  On ne peut que se réjouir que la ville de Québec n’ait pas obtenu les J.O. d’hiver de 2002.  (B.F. – Le 8 février 2013/La Voix de l'Est - Le 12 février 2013: sous le titre “The show must go on“)