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Analyse sociale et politique
   Accueil            07.09.2013 - Réflexion sur notre Histoire

Réflexion sur notre Histoire

Le gouvernement libéral de Jean Lesage, par la Révolution Tranquille (note 1),  a permis aux Québécois de briser les liens avec l’Église alors que celle-ci contrôlait la vie des Canadiens français du temps.  Cette mainmise de l’Église remontait au temps de la découverte de la Nouvelle-France.  L’histoire nous avait appris que la France était venue dans ces contrées lointaines pour évangéliser “les méchants sauvages“, rien de moins.  Nous passerons sous silence les méthodes employées par cette église pour mener à terme son évangélisation.  Ce ne sont pas les pages les plus glorieuses de notre histoire.

Faut-il nous souvenir que cette France cherchait avant tout une route vers la Chine.  En lieu et place des épices tant convoitées, elle a dû se contenter d’un lucratif marché des fourrures.  Historiquement, cette France ne s’est guère souciée de peupler sa colonie contrairement à l’Angleterre.  N’eut été de Jean Talon, le premier visionnaire de notre développement, et en tenant compte des contraintes que lui imposaient la mère patrie,  il a réussi à implanter une certaine prospérité et autonomie de subsistance pour ces colons canadiens. Il  a diversifié l'économie en établissant des manufactures de lainages, de textiles et d'objets domestiques. Il a fondé un chantier naval, une brasserie, une fabrique de chaussures, des scieries et une tannerie. Il a en outre mis sur pied un commerce de bois de charpente.

L’intendant Talon a contrôlé la justice, c’est-à-dire les lois et ceux qui les appliquent, l’ordre, soit les règlements de tout genre. Il a veillé aux finances générales du territoire :la perception des taxes et des impôts, la réglementation des prix, les approvisionnements de l’armée, la construction et l’entretien des routes et des canaux ainsi que l’exploitation des mines. C’est à sa demande que le Roi de France a envoyé plus ou moins 800 jeunes femmes célibataires qui voulaient immigrer en Nouvelle-France pour s'y marier, y fonder un foyer et établir une famille pour coloniser le territoire.  Nos ancêtres viennent probablement de ce premier “baby-boom“.  Durant son administration,  la population de la colonie est passée de 3,200 à 7,600 habitants. Jean Talon peut être considéré comme le Père de la Nouvelle-France. 

100 ans plus tard nous retrouvions 60,000 canadiens qui habitaient la Nouvelle-France, mais il y avait 1,4 millions d’habitants dans les colonies britanniques. Et par le Traité de Paris en 1763, la Nouvelle-France est devenue une colonie britannique.  Depuis 250 ans, les Canadiens Français, d’hier, et les Québécois, d’aujourd’hui, luttent pour leur survie, n’en déplaise aux “Canadians“ et la lutte est toute aussi inégale. 7 millions de parlants Français au Québec, noyés par plus de 330 millions de parlants Anglais.

Lord Durham en 1839  (note 2) avait planifié l’assimilation d’un peuple sans histoire et sans littérature.  Pour lui, la langue, les lois et le caractère du continent nord-américain sont anglais. Toutes autres races que la race anglaise  y apparaît dans un état d'infériorité. C'est pour les tirer de cette infériorité qu’il voulait donner aux Canadiens (les Québécois d’aujourd’hui) un caractère anglais.  Selon Lord Durham, la coexistence de Canadiens et d’Anglais entraînait un conflit de race. L’assimilation des Canadiens Français devenait la solution à tous les problèmes.Mais 175 ans plus tard, force est de reconnaître que la nation québécoise n’est pas encore assimilée. 

Celui qui a le mieux décrit le chemin à parcourir est sans doute Robert Bourassa, premier ministre libéral et fédéraliste, qui déclarait le 22 juin 1990 (note 3) à l’Assemblée Nationale du Québec : “… le  Canada anglais doit comprendre d’une façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement“.  Rappelons-nous les paroles de Winston Churchill : Le succès consiste à aller d’échecs en échecs sans jamais perdre son enthousiasme“. Nonobstant toutes les embûches, les crises et les crocs-en-jambe, le Québec se dirige lentement mais sûrement vers son indépendance.

Il a fallu deux référendums à Terre-Neuve pour se joindre à la Confédération canadienne en 1949.  Alors…        (B.F. – Le 7 septembre 2013)

Note 1 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Révolution_tranquille

Note 2 : http://www.axl.cefan.ulaval.ca/francophonie/Rbritannique_Durham.htm

Note 3 : http://www.saic.gouv.qc.ca/publications/Positions/Partie2/RobertBourassa1990-1.pdf