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Analyse sociale et politique
   Accueil            07.06.2013: D'un Pinocchio à l'autre

D’un Pinocchio à l’autre

Lise Payette dans sa chronique du 7 juin 2013 (note 1) dans le quotidien Le Devoir nous laisse voir sa grande déception face aux multiples magouilles provenant de notre monde politique qui a comme responsabilité première de voir au développement de notre société. Que nous soyons à Montréal, Laval, Ottawa, Toronto, Mascouche ou ailleurs, ce merveilleux monde nous démontre tout leur savoir-faire et leur imagination pour abuser du simple citoyen et lui mentir, par la suite, en pleine face.   Madame Payette souhaite  le réveil de la population qui en bout de ligne paie pour toutes ces inepties.

C’est comme si Jean de La Fontaine en écrivant sa fable “Les animaux malades de la peste“  agissait comme analyste politique en 2013 : “Un mal qui répand la terreur…  Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés…“.  La Fontaine décrivait la réalité de son époque, au 17e siècle ; une preuve que l’Histoire a tendance à se répéter.  Rien de nouveau sous le soleil.

En 1997, André Pratte, aujourd’hui éditorialiste en chef au quotidien La Presse a écrit un bouquin s’intitulant “Le syndrome de Pinocchio“ : il décrivait comment les élus maquillent, transforment, camouflent la vérité. Les élus mentent pour plaire au peuple pour se maintenir au pouvoir.  Machiavel n’aurait pu dire mieux.

Semble-t-il, et nous serions portés à le croire ; le premier commandement du politicien en herbe se lit comme suit : “Aux électeurs tu mentiras, sinon tu ne survivras“.  Le politicien développe rapidement sa capacité à travestir la vérité et  passe maître dans la facilité à dire ce que l’électeur souhaite entendre.  Ainsi le citoyen-électeur devient complice de cette mise en scène. Un beau parleur est souvent le meilleur menteur. Conséquence de sa complicité, le citoyen a élu une illusion qui rapidement se transforme en une désillusion.

Valse hésitation à Québec, escroqueries au Sénat à Ottawa, camouflage édifié en système au bureau du Canadian Prime Minister, turpitudes dans de grandes et petites villes; “Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés“ disait La Fontaine. 

Dans l’antichambre du pouvoir, des apprentis  promettent de laver plus blanc que blanc.  Il faut que le simple citoyen ait la foi du charbonnier pour croire encore et toujours dans un tel monde à moins qu’il ne soit devenu “con comme un panier“ disait Brassens.

Nous pensions avoir tout vu durant les époques Taschereau et Duplessis.  Force est de reconnaître qu’ils furent plutôt des maîtres à penser et à agir pour les générations qui les ont suivies.  Pour un René Lévesque qui tente d’assainir les mœurs politiques, nous avons en prime quelques mécréants, plusieurs vire-capot et d’innombrables charlatans.  Si le passé est garant de l’avenir, faudra-t-il soumettre tous les futurs apprentis politiciens à une quelconque psychochirurgie pour nous prémunir contre d’éventuelles magouilles.

Pour Madame Payette, “il faut réparer une société blessée…. Il faut éviter un naufrage total… il faut colmater les brèches…. Il faut garder courage et espoir… il faut réapprendre la confiance… il faudra apprendre à nos enfants que tout n’est pas à vendre et que, surtout, tous les humains ne s’achètent pas“.

Ce ne sont pas Les Douze Travaux d’Astérix, c’est tout simplement ce à quoi le citoyen électeur doit s’attaquer pour qu’il puisse vivre dans un environnement politique plus sain et respectueux.  Il faut remettre le compteur à zéro et indiquer la porte à la rapace politicienne.  Nous pourrions paraphraser le légendaire Diogène qui cherchait “l’homme“ ou la femme qui saura gouverner sans abuser du simple citoyen. 

Espoir, confiance en la race humaine ? il nous est permis de rêver ou à tout le moins d’espérer.  (B.F. – Le 7 juin 2013)

Note 1 : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/380159/maudit-argent-quelle-plaie