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Analyse sociale et politique
   Accueil            07.03.2014 - Le Canada ne reconnaîtra pas le référendum en Crimée

Le Canada ne reconnaîtra pas le référendum en Crimée

C’est l’une des manchettes du site Huffington Post Québec du 7 mars 2014.  Mais il serait plus juste de lire : Stephen Harper et son gouvernement ne reconnaîtront pas le référendum en Crimée.  De toutes façons, Stephen Harper et démocratie sont deux éléments incompatibles. 

Il est  vrai que la foire politique se déroulant présentement en Ukraine est loin de reposer sur un processus démocratique selon les règles les plus élémentaires, mais pour ces pays de l’ancienne Union Soviétique, c’est une façon de faire.  Mais comme le soulignait le Washington Post du 6 mars 2014, “Les États-Unis sont mal placés pour donner des leçons. Les États-Unis condamnent Moscou pour sa scandaleuse agression, nous nous réservons le droit de tirer des missiles sur le Pakistan, le Yémen, la Somalie et Dieu sait où encore“. Pouvait-on lire.

La Guerre froide est terminée depuis plusieurs années, mais ça n’empêche pas les deux grandes puissances de se partager encore le monde. Ajoutons à ce duo impérialiste l’émergence de la Chine et la planète est partagée entre trois puissances.  C’est l’actuel portrait géo-politique qui nous pend au bout du nez.  Le Canada est dans la zone d’influence des USA et l’Ukraine est historiquement  sous la botte de la Russie.  Vladimir 1er, le nouveau tsar du Kremlin, rêve la renaissance de SON Union Soviétique d’antan. 

Que notre Canadian Prime minister ne reconnaisse pas le référendum en Crimée, ça ne changera en rien les ambitions de la Russie d’assujetir l’Ukraine.  La partie de poker se poursuit : tu me laisses ceci, je te laisses cela, ainsi le partage continue.  L’Ukraine n’est que la nouvelle Yougoslavie de ce début du siècle.  N’oublions pas  l’Afghanistan : l’Union soviétique s’est cassée les dents au tournant de 1980 et les USA sont présentement pris avec cette patate chaude, héritage légué par George W.

À cette foire géo-politique, il faut ajouter  la réalité économique : la Russie assure le chauffage de nombreux pays européens.  Sans la Russie de Poutine, l’Allemagne de Merkel, la France de Hollande, entre autres,  grelottent. Donc les déclarations tonitruantes des Harper, Merkel, Hollande et compagnie sont pour la galerie : pour les benêts que nous sommes.  C’est la traditionnelle situation enfantine qui se joue : “Mon père est plus fort que le tien“.

Si les USA n’ont pas de leçons à donner, nous pouvons aussi dire que notre Canadian Prime minister n’a pas à juger un semblant de démocratie en Ukraine.  Lui qui ne se gêne pas, entre autres,  pour mettre NOTRE parlement en lock-out, lui qui renie assez régulièrement la signature et les engagements des gouvernements précédents, lui qui n’hésite pas à intervenir dans des compétences provinciales qui ne sont pas les siennes, lui qui cautionne les visées envahissantes d’Israël, lui qui vend des armes à l’Ukraine et à d’autres pays plus ou moins respectueux des règles internationales.  Joe Clark, ancien premier ministre conservateur et ancien ministre des Affaires étrangères du Canada,  a laissé sous-entendre que l’approche combative dans la gestion d'enjeux internationaux nuit  au Canada : le Canada n’est plus que le haut-parleur de Washington : le Canada joue le rôle d’animal de compagnie.

Doucereusement, nos démocraties se transforment en démocratures, disais-je dans ma chronique du 3 mars 2014 et notre Canadian Prime minister y tient un certain rôle, du moins jusqu’au 15 octobre 2015.  Il est très mal placé pour donner des leçons aux autres : “Faites ce que je dis et non ce que je fais“.  (B.F. – Le 7 mars 2014)