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Analyse sociale et politique
   Accueil            07.01.2013 - Loufoque... ridicule...

Loufoque… ridicule…

Que dire de plus.  Nous connaissions la Syldavie et la Bordurie à travers les aventures de Tintin.  Il y a quelques années, nous avons découvert un pays imaginaire : la Molvanie, à travers un guide touristique humoristique.  Aujourd’hui, nos connaissances s’élargissent, nous apprenons l’existence de la Mordovie.  Moi qui se considérait bon en géorgraphie.  Depuis quelques heures, cette quelconque république de la Russie fait les manchettes et a un nouveau ministre de la culture : Gérard Depardieu.  Et après cette pantalonnade, la classe politique souhaite que nous la prenions toujours au sérieux. 

Ce comédien qui a quelques succès à son palmarès joue maintenant dans le burlesque, le grotesque pourrions-nous dire. Qu’il tente de nous convaincre du sérieux de sa démarche, c’est encore plus risible. Qu’il veuille quitter la France pour des raisons financières, c’est son problème existentiel. Après son magasinage, qu’il accepte l’invitation de Vladimir, un ami semble-t-il, de s’établir quelque part en Russie, nous pouvons sourire. Qu’il accepte un poste de ministre dans une république considérée comme le fourre-tout des prisonniers, ça dépasse tout entendement.  Ce n’est pas le plus grand rôle de sa carrière, loin de là. Il devient un apatride, sans plus.

Nous avons aimé lire le guide touristique sur la Molvanie.  Nous ne pouvions présumer qu’une célébrité française serait la vedette d’une telle facétie. Comme le soulignait, je ne me souviens pas trop qui, le génie a des limites, mais la connerie et la bêtise humaine sont sans limites : la démonstration en est faite.

Que ce comédien se donne en spectacle, c’est dans son ADN. Mais celui qui lui a proposé cette scène, Vladimir Poutine, s’inscrit lui aussi dans le ridicule.  En plus de manipuler et de trafiquer la constitution de son pays et de jouer à la chaise musicale présidentielle, il dénature le sens du mot nationalité.  Sa porte est maintenant grande ouverte à tous les ploucs de la planète. Remarquez bien, ça peut être un moyen pour les autres pays de se débarrasser de leurs indésirables, toutes catégories confondues.

Nous pouvons toujours ignorer les prestations comédiennes de ce saltimbanque, mais Vladimir Poutine, pour quelques  années demeure encore  le Tout-Puissant maître de la Russie et ça c’est moins drôle et plus dangereux. Il a un droit de regard sur le devenir des peuples. Son manque de jugement peut nous faire craindre le pire.  Il s’est déchaîné contre le trio des Pussy Riot et accueille un bouffon, allez comprendre quelque chose.  Il se fait un pied de nez.

Au Canada, nous nous plaignons que notre premier ministre caricature l’action politique, mais nous devons reconnaître aujourd’hui qu’il fait un peu enfant d’école en comparaison de son homologue russe.

Souvent nous disons à la blague que nous sommes dirigés comme nous le méritons, alors attachons nos tuques avec de la broche, nous ne sommes pas sortis de l’auberge.  Une chance que nos voisins du Sud n’ont pu réélire George W.

Après avoir connu ou subi  George W., Sarkozy, Berlusconi et à un moindre degré Stephen Harper ; s’il y avait un Festival international des cancres pour décorer nos dirigeants politiques, il est assuré que Vladimir raflerait la palme d’or pour l’année 2013, même si l’année n’est vieille que de quelques jours.

Mais gardons-nous une petite gêne, il y a sûrement un autre pays en manque d’un ou d’une ministre de la culture. Alors pour B.B., il y a de l’avenir.

Ceci étant dit, terminons par une citation de Stephen King :  “Si tu n'as pas assez d'argent pour aller au cinéma, alors va au zoo; si tu n'as pas assez d'argent pour aller au zoo, alors va voir un politicien“.  C’est ce que notre Obélix moderne a fait, mais lui, c’est pour conserver ses privilèges de vedette.  Il se fera voir sur les grands boulevards de Saransk. (B.F. – Le 7 janvier 2013)