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Analyse sociale et politique
   Accueil            06.05.2014 “Do not forget, we're French Canadian

“Do not forget, we're French-Canadians“

Il n’est pas dans mon habitude d’émettre des commentaires sur les écrits ou sur un éditorial publié dans La Voix de l’Est.  Mais comme le dit l’expression: l’exception confirme la règle.

Messieurs Forcier (note 1)et Beauregard (note 2), dans La voix des lecteurs du 5 mai 2014, dépeignent très bien NOTRE portrait de famille.  Nous pourrions résumer la situation en trois  mots: vide, austérité et pauvreté.

Ils reprennent, en d’autres mots,  l’analyse faite par Lord Durham dans son rapport de 1839 qui déclarait que les Canadiens-Français du temps étaient un peuple sans histoire et sans littérature ou par Wilfrid Laurier qui affirmait que les Canadiens-Français de son temps n’ont pas d’opinions, ils n’ont que des émotions.

Toujours est-il que les French Canadians du Québec ont fait un choix démocratique le 7 avril dernier.  Par contre, tout comme Ésaü, ils se sont vendus pour un plat de lentilles: ils se sont donnés l’illusion d’un avenir meilleur: apparence trompeuse et en dehors de la réalité.

Comme l’écrit André Forcier: ils sont redevenus des “French Canadians“ qu'on cherche à culpabiliser, comme des colonisés. N’avons-nous pas été conquis par les armes en 1760 ? À cette réalité de conquis s’ajoute, comme le souligne André Beauregard : les deux mêmes refrains lâches et mensongers: créer la richesse et réduire les dépenses.  Crédo connu universellement.

En se donnant un tandem Couillard-Harper, les French Canadians du Québec vivront pour les prochaines années les paroles du Minuit chrétiens : Peuple, à genoux, attends ta délivrance…..voici NOS rédempteurs.   Rédempteurs qui se font un malin plaisir à faire porter la responsabilité des naufrages économiques. financiers et budgétaires sur le dos des plus démunis: ça aussi c’est universel.  Les riches seront plus riches, les pauvres seront plus pauvres : c’est la façon de faire de notre système. Il faut créer la richesse qu’ils s’évertuent à nous dire.  Sauf que la redistribution de la richesse créée n’est jamais à l’ordre du jour, la délivrance sera pour le jugement dernier.  D’ici-là, porteurs d’eau, scieurs de bois d’Anthony Trollope et, né pour un petit pain de Louis Hémon seront la réalité des French Canadians du Québec.  Les Québécois sont à des années lumière du Maître chez nous de Jean Lesage ou du Demain nous appartient de René Lévesque.  Démocratiquement les Québécois ont choisi une autre voie : Vox populi, vox Dei.  Ils ont choisi la stabilité dans le changement. 

Une “job steady“ et un bon “boss“, c’est le rêve des French Canadians.  Et si le Canadien de Montréal gagne la Coupe Stanley, ça sera la jouissance totale dans les chaumières et les brasseries du Québec.  Se peut-il que le roman  de Louise Hémon écrit il y a cent ans  redevienne notre réalité ?

La stabilité dans le changement fait en sorte que l’Assemblée nationale du Québec s’appelle maintenant l’Assemblée néolibérale du Québec.  Le capital est venu à bout de fausser le jeu du suffrage universel et d’implanter, une autre fois,  ses pantins.   Les médias nous disant le comment et le pourquoi des bienfaits du statu quo : statu quo ante, de préférence.

Dans ce sens et pour s’assurer de sa réussite,  notre Canadian Prime minister sabre allègrement dans le budget de Radio-Canada qui serait selon lui un repère de séparatistes et de dangereux activistes.  Ce qui n’empêche pas le même individu de condamner les assauts contre la démocratie ailleurs sur la planète.   

Le tandem Couillard-Harper fera vivre à la population le changement dans la continuité. Que nous sommes choyés de vivre une telle époque où le mouvement immobile est la pierre angulaire de leur programme politique ; avec le vide, l’austérité et la pauvreté comme toile de fond.  Et la population, majoritairement, a voté pour ça.

Le Vox populi, vox Dei de tantôt prend plutôt la forme de Vox populi, populus stupidus.  Comme le soulignait Machiavel : autant une population peut vouloir souhaiter le bien, autant elle peut donner naissance à bien des  maux.

En conclusion, nous pourrions parodier Einstein qui disait : Le monde (NDR : politique) est dangereux…..  Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.  Et que dire de ceux qui l’on choisit. French canadians one day,  French Canadians forever.

Aussi, le Christ n’a-t-il pas dit dans un discours où il conseille de ne pas se soucier du lendemain et de faire confiance à la providence divine. 

Meilleure chance la prochaine fois, pourrions-nous dire. (B.F. – Le 6 mai 2014/La Voix de l'Est - Le 12 mai 2014)

Note 1: 

http://www.lapresse.ca/la-voix-de-lest/opinions/courrier-des-lecteurs/201405/04/01-4763539-le-vide-national.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B2_opinions_329_section_POS3

Note 2: 

http://www.lapresse.ca/la-voix-de-lest/opinions/courrier-des-lecteurs/201405/04/01-4763543-regime-dausterite-et-spirale-dappauvrissement.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B2_opinions_329_section_POS2