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Analyse sociale et politique
   Accueil            05.08.2014 - La guerre des autres

La guerre des autres

A mare usque ad mare: c’est la devise du Canada, en latin.  En français,  ça se traduit par D’un océan à l’autre.  Cette devise est tirée du Livre des Psaumes, chapitre 72, verset 8.  (note 1)

Dans la réalité politique de 2014, nous devrions dire : D’une mère à l’autre.  Pour nos fidèles lectrices et lecteurs qui s’imaginent que le Canada est un pays indépendant, nous tenons à réitérer ; eh que non, le Canada, “le plusss meilleur pays du monde“ comme se plaît à le décrire monsieur Chrétien, notre ancien premier ministre canadien, le Canada n’est pas tout à fait indépendant.  La cheffe du gouvernement canadien réside au Palais de Buckingham à Londres en Angleterre. Après avoir été colonisé par la France, conquis par l’Angleterre ; le Canada prend maintenant ses ordres à Washington.  Alain Dubuc, éditorialsite au quotidien La Presse a déjà écrit : Si les Américains sont  frappés par une pneumonie, le Canada  attrape une grosse grippe“. Cette affirmation remplace le dicton : «Quand les États-Unis éternuent, le Canada attrape la grippe.» (Note 2)  Ce qui n’est pas faux.

Rappelons que le Canada est une monarchie constitutionnelle fédérale : nous avons la Gendarmerie Royale du Canada, l’Aviation Royale du Canada, le Monnaie Royale du Canada, ainsi de suite.  Monsieur Harper a décrété que tout était ROYAL(E) dans SON Canada. C’est un relent ou un restant, de la conquête de la Nouvelle-France par les armes en 1760 par les troupes anglaises de James Wolfe.

Le lieutenant-général Sir Jeffrey Amherst a gouverné “The province of Quebec“ durant les dernières années de la guerre de Sept Ans, le premier civil à occuper cette fonction fut James Murray, nommé en 1764 : c’est celui qui prôna l’assimilation des Canadiens-français. Aujourd’hui dans un Canada presqu’indépendant, c’est David Johnston qui est le gouverneur-général et qui représente sa Majesté britannique : Élisabeth II. Dans les provinces, nous avons un lieutenant-gouverneur.  C’est sans compter les millions que nous dépensons pour accueillir servilement la visite royale : d’Élisabeth II au Prince William, à la duchesse de Cambridge au Prince héritier. 

Rappelons-nous que c’est la reine Élisabeth II qui a présidé la cérénomie d’ouverture des Jeux Olympiques d’été de 1976 à Montréal en tant que Reine du Canada.  Que c’est la gouverneure générale du Canada, représentante de sa Majesté britannique qui présidait la cérémonie d’ouverture des Jeux de Calgary en 1988, tout comme pour les Jeux de Vancouver en 2010.  Les premiers ministres du temps ayant le rôle d’une plante verte décorative.  Et qui retrouve-t-on sur le billet de 20 dollars canadien ?  Sa Majesté britannique, Élisabeth II.  C’est sans oublier que les “Canadians“  célébrent chaque année le lundi précédant le 25 mai la fête de la reine : la bonne vieille reine Victoria qui était la souveraine lors de la naissance du Canada en 1867.

C’est Bernard Landry, premier ministre souverainiste du Québec en 2002, qui proposa de remplacer la fête de la Reine Victoria par la Journée des Patriotes  pour souligner l'importance de la lutte  de 1837-1838. Un congé férié pour tous  mais pour des raisons historiques différentes : c’est le Canada des deux solitudes et des deux histoires. 

Ce n’est pas la nouvelle du siècle,  mais nous apprenions dans les quotidiens du jour (note 3) que la Canada était entré en guerre en 1914 après avoir reçu un télégramme.  En effet,  un message télégraphique du secrétariat d’État britannique pour les colonies annonçait au gouverneur-général du temps, le duc de Connaught, que la guerre avait éclaté avec l’Allemagne.  Wilfrid Laurier, premier ministre canadien de 1896 à 1911 avait déclaré : “lorsque la Grande-Bretagne est en guerre, le Canada est en guerre“.  Sans une déclaration et une approbation du Parlement, le Canada s’est retrouvé spontanément en guerre : il fallait bien aller défendre la mère patrie.  Les Québécois se retrouvaient ainsi dans une autre guerre impériale contre la volonté populaire.  Par la suite, la crise déclenchée par la conscription n’a fait qu’amplifier l’opposition du Québec. Wilfrid Laurier avait déclaré à une autre occasion : "Les Canadiens Français n'ont pas d'opinions, ils n'ont que des émotions".

C’est à cause de cette crise que les femmes obtinrent le droit de vote au Canada dans le but de faire accepter lors d’un référendum la loi du service militaire (note 4). Henri Bourassa deviendra le chef de file de la résistance au devoir militaire au Québec.

Cette astuce concoctée par les premiers ministres conservateur Borden et Meighen fera en sorte que le Parti conservateur sera rayé de la carte au Québec pour les 50 années suivantes. 

Cent ans plus tard, un autre Canadian Prime minister conservateur joue d’astuces pour arriver à ses fins sans un plus grand succès au Québec. Que cela ne tienne, il peut être le Canadian Prime minister sans l’appui du Québec et nous imposer quand même ses volontés.  

Le chance que nous avons eu lors du déclenchement de l’invasion de l’Irak, décrétée par George W. aura été que le premier ministre du Canada s’appelait à l’époque Jean Chrétien, il refusa net de s’engager dans ce conflit. 

À écouter les résentes interventions de monsieur Harper, ce n’est pas l’envie qui lui manque. Un peu plus, il interviendrait militairement pour supporter son ami Benjamin Netanyahou et qui sait,  en Ukraine peut-être ?  (B.F. – Le 5 août 2014)

 

Note 1 : http://www.pch.gc.ca/fra/1363193195814

Note 2 : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/alain-dubuc/200901/11/01-816576-quand-les-etats-unis-eternuent.php

Note 3 :http://www.lapresse.ca/actualites/201408/03/01-4788929-premiere-guerre-mondiale-le-canada-avise-par-telegramme.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4789066_article_POS1

Note 4: http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_la_conscription_(1917) - La_Loi_du_service_militaire