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Analyse sociale et politique
   Accueil            05.06.2014 - La “job“ n'est pas finie

La  “job“ n’est pas finie

Les CHSLD sont encore au coeur d’une controverse. Selon certaines personnes, l’installation d’une caméra dans la chambre de la personne âgée hébergée serait une façon de limiter les mauvais traitements envers une clientèle démunie.  

Et pourquoi pas une caméra dans tous les domiciles où vit une personne âgée ?  En plus de faire la joie des vendeurs d’un système de surveillance,  la population pourrait avoir à l’oeil tous les abuseurs des personnes démunies: personnes âgées, personnes handicapées et toutes les personnes qui présentent une limitation physique ou intellectuelle.

Pour avoir travaillé plus de trente cinq ans dans l’univers des démunis: enfants, adultes, personnes âgées;  il est tristement réel que des abus existent et le plus tristement encore est de  constater que la société dans laquelle nous vivons s’en fout éperdument à l’exception de quelques passionnés de ces causes. 

Pour ce qui est des peronnes âgées qui ont été mon champ d’intervention dans les vingt dernières années de ma vie professionnelle, force est de consater que les CHSLD représentent l’ultime recours pour des familles ou des conjoint(e)s épuisé(e)s.  Mais malheureusement, nous avons l’impression que le CHSLD devient aussi le mouroir, un espèce de décharge où des familles demandent qu’un personnel dédié prenne en charge des personnes usées par le temps.  L’objectif de ce personnel étant d’accompagner ces personnes: enfants, adultes ou vieillissantes dans un environnement serein, calme, tranquille et épanouissant. On ne cesse pas d’apprendre à 60, 70, 80 ou même 90 ans. Il n’y a pas d’âge pour l’épanouissement et le développement de la vie.

Malgré toutes les précautions, les directives et les suivis, il est aussi vrai que le monde des CHSLD recèle quelques abuseurs et brebis galeuses.  Il revient aux gestionnaires, aux syndicats de les faire disparaître.  Par expérience, c’est possible.  Mais encore faut-il avoir la volonté de corriger les situations déplorables.

Travailler auprès de personnes démunies demande un sens des responsabilités et un intérêt qui dépasse la simple satisfaction de recevoir un salaire.  Travailler auprès des personnes démunies, ce n’est pas une mission ou une vocation non plus.  C’est  permettre à une personne démunie de s’épanouir, de se développer et d’avoir un plaisir à vivre même avec des facultés moindre ou limitées.  On ne peut pas être tous des Einstein ou des athlètes olympiques.

Dernièrement, j’assistais à une soirée pour souligner le départ à la retraite d’une employée qui a consacré plus de trente-cinq ans de sa vie au mieux-être des personnes vieillissantes.  Soirée entre amis, nouveaux et anciens collègues de travail.  Rien de bien spectaculaire, c’était de souligner le travail inlassable et quotidien de cette personne à l’amélioration du mieux-être de personnes hébergées dans un CHSLD.  C’était une parmi les centaines de personnes de cette organisation qui au fil des années se sont dévouées.

Le réseau des CHSLD souvent décrié dans les médias a aussi ses réalisations et ses personnels qui méritent notre reconnaissance.  On ne peut tous les nommer, mais je me permets d’apprécier la contribution de personnes qui ont fait du Centre Villa Bonheur et du CHSLD Horace-Boivin qui comprenait, à l’époque, l’Hôpital Notre-Dame et le Centre hospitalier de Waterloo et qui regroupe maintenant de multiples résidences sur notre territoire d’avoir consacré temps, énergie et passion au mieux-être des personnes âgées. 

Les Blanchard, Darcy, Clowery, Rochette, Talbot, Rouillard, Belley, Hamel et tous les autres, vous étiez des membres d’une grande équipe qui avez accompli un travail exceptionnel.  Il appartient à la relève de porter le flambeau encore plus haut: le travail n’est pas terminé.  (B.F. – Le 5 juin 2014/La Voix de l'Est - Le 13 juin 2014)