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Analyse sociale et politique
   Accueil            04.11.2013 - Un système à revoir?

Un système à revoir ?

Au Canada, au Québec, à Montréal, à Granby et dans plusieurs villes et villages vous pouvez devenir Premier ministre, député, maire, conseiller lorsque plus ou moins 30%  des électeurs inscrits votent pour vous.  Ajoutons un taux de participation, en étant optimiste, à 50% et vous pouvez devenir Premier ministre, député, maire, conseiller lorsque à peine 15% de toute la population a voté pour vous.  C’est ce que nous appelons la démocratie.  Les Harper, Marois, Coderre, Bonin et compagnie se targuent de nous représenter et de nous défendre lorsque leur vision n’est pas celle de la très grande majorité de la population.

Nous nous faisons un plaisir à déblatérer contre nos cousins Français qui se prennent pour le centre de l’univers.  Notre Canadian Prime minister ne peut blairer le 50% + 1 d’éventuels référendums québécois. Lui et son gouvernement en place ont l’appui d’à peine 33% des électeurs inscrits: que cela ne tienne.

Les dernières élections municipales au Québec  démontrent une fois de plus, que notre système doit être revu.  Aucun élu  ne peut se vanter d’avoir obtenu l’appui d’une majorité de leur population : 50% +1. Les villes de Québec et de Longueuil, pour ne nommer que celles-là, sont des exceptions.

Le système électoral en France oblige un deuxième tour pour les candidats n’ayant pas recueillie 50%+ 1 au premier tour.  Deux  aspirants, les deux premiers normalement doivent  poursuivre leur campagne lors d’un second tour.  Ce qui fait que le gagnant recueille au moins 50% des votes  des électeurs qui se sont donné la peine d’exercer leur droit.  Ça ne règle pas les bas taux de participation et la capacité  de se plaindre le lendemain.  Encore une fois, nos cousins Français en sont l’exemple.

D’autres pays rendent la votation obligatoire sous peine d’une sanction ou d’une amende à un électeur refusant de voter.  Il ne faut pas oublier les nombreux pays où les populations font la révolution pour obtenir le droit d’élire leurs représentants.  Nous, au Canada, au Québec, à Montréal, à Granby et dans plusieurs villes ou villages nous jouons la démocratie à rabais.

Il y a plus ou moins 10 ans, Claude Béland, l’ancien président du Mouvement Desjardins avait été mandaté, par le Gouvernement de l’époque, à présider un comité de travail sur la réforme des institutions démocratiques au Québec.  Rien de bien  surprenant  que le rapport de ce comité se soit retrouvé rapidement sur une tablette.  Pourtant des avenues intéressantes étaient proposées pour enrichir le système électoral québécois.  Il faut plutôt conclure que le système actuel “arrange“ très bien notre merveilleux monde politique qui peut prétendre représenter une population lorsque que plus de 60% de celle-ci n’achète pas leur salade.

Représentation proportionnelle, limitation du nombre de mandats, élection à deux tours sont quelques-uns des éléments qui enrichiraient notre système électoral en étant conscient qu’un taux de participation réside avant tout sur l’engagement des citoyens dans les débats publics.  L’engagement politique étant une attitude citoyenne à intervenir dans la vie de notre société et ça ce n’est pas assuré que c’est le souhait de ceux et celles qui prétendent le faire à notre place. 

D’ici-là, continuons à donner des leçons de démocratie en Afrique, en Asie et ailleurs au milieu de nulle part. En corruption, c’est 2% ; en politique, au Canada, au Québec, à Montréal, à Granby c’est 30% et vous êtes Premier ministre ou député ou maire ou conseiller ou grand vizir.  Oléééé olé, olé olé olé, olé olé olé oléoléolé olé, olé olé. Tout compte fait,  notre Canadian Prime minister a raison : 50% +1 ça n’a pas raison d’être, c’est anti-démocratique.  (B.F. – Le 4 novembre 2013/La Voix de l'Est - Le 14 novembre 2013)