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Analyse sociale et politique
   Accueil            04.06.2014 - Les mots, la puissance des idées

Les mots, la puissance des idées

Tous les commentateurs politiques le diront, un gouvernement sortant se fait battre lors d’une élection en étant le principal artisan de sa propre défaite.  La défaite du gouvernement Marois lors de l’élection d’avril dernier n’a pas fait exception.  Des législations malhabiles, des analyses surfaites et une stratégie improvisée ont donné une défaite retentissante.  Cette défaite prend sa source dans les bureaux du Parti Québécois.  Ce parti a maintenant quelques années pour s’expliquer une telle déroute.

Sans amoindrir la responsabilité des stratèges du Parti Québécois,  il faut aussi constater que les autres partis se font faits plaisirs en jouant des cartes frisant la calomnie ou la médisance.  Tout au long de la campagne électorale, ils se sont acharnés à laisser planer le doute sur la volonté d’un prochain gouvernement péquiste à vouloir tenir un référendum. Éventualité non prévue au programme du Parti Québécois.   Comme le dit l’expression: “parlez, parlez, il en restera toujours quelque chose“,  qui à la longue s’est transformée en: "médisez, médisez, il en restera toujours quelque chose".  Le doute s’est installé dans le subconscient des électeurs.  Cette allusion malveillante ne s’appuyait sur aucune preuve crédible.  Mais à force de la répéter et la maladresse de la défense ont fait que les électeurs furent convaincus de la véracité de ces  propos savamment planifiés.

Que le Parti Québécois soit un parti politique prônant un Québec indépendant ne fait pas l’ombre d’un doute.  Mais affirmer qu’un éventuel référendum etait la priorité de ce parti advenant un retour au pouvoir, ça frisait la diffamation ; les dommages étaient causés : “parlez, parlez, il en restera toujours quelque chose“.

Que les citoyens du Québec ne veuillent pas se dire NON une troisième fois, c’était écrit dans le ciel.  Les citoyens du Québec ne veulent pas d’un autre référendum perdant ; ils s’accomodent malheureusement trop bien de leurs vieilles pantoufles canadiennes.  Même s’ils ne les ont jamais vu, les Québécois les aiment bien leurs Montagnes Rocheuses.  Ils appliquent à la lettre la citation de Sénèque :  “Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles“.

Durant la campagne électorale, les partis fédéralistes ont agité le référendum pour faire peur à la population : un scénario déjà utilisé.  Force est de reconnaître que la formule est gagnante,  les Québécois ont fait un choix :  Vox populi, vox Dei.  Comme l’a  dit René Lévesque une soir de mai 1980 : si je vous ai bien compris, ça sera pour une prochaine fois.  Le Québécois ont recyclé leurs vielles pantoufles pour quatre ans.

Adieu veau, vache cochon, couvée :  l’avenir, ce n’est pas ce qui va nous arriver, mais ce que nous allons faire.
 Comme Perrette avec son pot au lait ;  les illusions, les rêves et les espoirs se sont évanouis. Le Québec,  pays en devenir sera la responsabilité d’une prochaine génération.  Mais encore faut-il transmettre cette passion du pays.

Cette vision et cette passion du pays doivent être synonymes d’une amélioration de la qualité de vie.  L’environnement, le développement des connaissances, l’innovation, l’altermondialisme, entre autres, sont la responsabilité de toutes le générations et la jeune génération doivent les retrouver dans l’environnement social du Québec. L’idée d’un pays, ce n’est pas seulement un étiquette, c’est avant tout un contenu.  L’héritage ne doit pas comporter seulement des squelettes et une ardoise déficitaire.

Les mots sont le moteur d’une idée, d’une pensée, d’une vision ; ils doivent conduire à l’action et au changement.  Il ne reste plus qu’à transmettre le flambeau du pays en devenir et  que la jeune génération terminera le cheminement amorçée par Honoré Mercier à la fin du 19e siecle : un pays francophone en terre d’Amérique. Des mots qui deviendront une réalité dans…  (B.F. – Le 4 juin 2014)