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Analyse sociale et politique
   Accueil            04.04.2014 - Le festival de l'insignifiance 2014

Le festival de l’insignifiance 2014

Ma première campagne électorale dont j’ai un souvenir date de 1960, j’avais quinze ans.   Jean Lesage tentait de mettre fin au règne de l’Union nationale.  Le slogan des libéraux  était “C’est le temps que ça change“. Nous retrouvions en plus de Jean Lesage, des René Lévesque, Georges-Émile Lapalme, Paul Guérin-Lajoie.  Une équipe du tonnerre, les 3L, disait-on à l’époque.  En face de cette équipe, l’Union nationale faisait peine à voir. Antonio Barrette, le “cheuf“ ne faisait pas le poids face à Jean Lesage.  C’était aussi l’époque de John F. Kennedy aux États-Unis.  Le début des années 1960 annoncait une période remplie de promesses et d’espoir.

La victoire libérale du 22 juin 1960 fut assez courte, mais après seize ans de pouvoir unioniste, c’était un triomphe.  C’était le début de la Révolution tranquille: le Québec prenait un tournant historique.  Une telle victoire n’a eu son comparable que le 15 novembre 1976 qui a porté de Parti québécois de René Lévesque au pouvoir.  Étant plus vieux,  cette victoire avait une  plus grande signification et suscitait aussi beaucoup d’espoir.

Mis à part ces deux élections plus  celle de 1962, dont le thème portait sur  la nationalisation de l’électricité resteront mémorables.  Sortir de la grande noirceur,  espérer bâtir un pays demeurent des événements marquants dans le cheminement d’une nation et d’une personne.

Depuis, c’est la grisaille, la routine quoi. Les périodes  électorales nous apportent les promesses que nous savons qu’elles ne seront pas tenues, des engagements farfelus pour appâter des citoyens crédules et une façon de faire  qui  crée une plus grande désillusion chez les citoyens.  C’est à croire que les apprentis politiciens prennent les électeurs pour des crétins.

Ajouter aux scénarios débilisants de tous les partis: amélioration du système de santé, un centre d’accueil dans le village voisin,  retour à la rigueur financière, équilibre budgétaire,  etc… , tous les partis veulent laver plus blanc que blanc au niveau de l’intégrité.  Ajouter à ces inepties traditionnelles, il nous est impossible de retrouver un quelconque chef qui fait vibrer les passions des électeurs.  C’est bonnet blanc, blanc bonnet. Ils ont tous le charisme d’une plancher à laver. À l’exception du dossier constitutionnel, tous les partis offrent sensiblement la même programme: là aussi c’est blanc bonnet, bonnet blanc. La présente élection au Québec s’inscrit dans un tel scénario.  L’image, le scoop, le candidat-vedette, entre autres,  sont les éléments qui déclenchent une certaine passion. Nous sommes à l’ère de la pensée magique.  La vision sera, peut-être, pour plus tard lorsque tous les partis en auront découverte une.  D’ici-là, la population doit faire confiance tout en sachant qu’une nouvelle déception est le prochain rendez-vous populaire.   La désillusion citoyenne augmente et le taux de participation diminue: c’est un scénario universel.

C’est à se demander si Jojo Savard, Youppi ou Badaboum feraient pire.  Dans l’attente d’un prochain René Lévesque ou Jean Lesage, souhaitons-nous que les deux nouveaux saints annoncés par le Pape sauront protéger le Québec. 

Sainte-Marie mère de l’Incarnation et Saint-François Montmorency de Laval  ont jetté les fondations de la Nouvelle-France et du  Québec, il y quelques trois cents ans, mais ils n’ont pas fini leur travail.

Le Québec, état laïc ???  Mais les saints québécois doivent nous protéger des prochains désastres.  Et, il y en a un qui s’annonce pour le 7 avril prochain, surtout avec l’hiver qui n’en finit plus de finir.   Ils ont encore quelques heures pour intervenir. En renfort, ils pourront toujours faire appel au Saint Frère André,  à Sainte Kateri Tekakwitha, à la bonne Sainte-Anne, patronne du Québec et à Saint-Jean Baptiste,  patron du Québec.   

Ils peuvent éviter un autre grand malheur à la population du Québec ou à tout le moins, un autre période de grande noirceur qui nos parents et nos grands-parents ont déjà connue.  Il n’est pas nécessaire de nous confirmer une autre fois que nous avons les hommes et les femmes politiques que nous méritons.

Il ne faut pas oublier que nous subissosns déjà Stephen Harper à Ottawa.  Un tandem Harper-Couillard met en danger notre langue, notre culture et l’espoir de tout un peuple, notre survie quoi.

Ce n’est pas parce que Montréal a son Festival Juste pour Rire, que la ville de Québec a son Festival du Grand Rire que le Québec, en entier, doit se payer jusqu’au 7 avril, le Festival de l’insignifiance.  Festival qui n’est même pas drôle: les acteurs sont tristes à voir et à entendre. (B.F. – Le 4 avril 2014)

Informations complémentaires

Jojo Savard: http://fr.wikipedia.org/wiki/JoJo_Savard

Youppi: http://fr.wikipedia.org/wiki/Youppi!

Badaboum: http://www.google.ca/search?q=badaboum+nordiques&sa=N&tbm=isch&tbo=u&source=univ&ei=nuA-U-_oG4nu2QW1voHwDg&ved=0CDMQsAQ&biw=1703&bih=886